Un jour, une idée “Une innovation ouverte à intensifier”Publié le 23 décembre 2017 par agriDées

« L’agriculture française dans sa diversité, doit viser un haut niveau de performances productives, économiques, environnementales, sociales et sanitaires. L’innovation, dans toutes ses dimensions, représente un levier majeur sous réserve qu’elle soit adaptée au contexte et aux enjeux particuliers des exploitations agricoles et des entreprises agro-alimentaires. L’innovation doit donc favoriser une diversité de pratiques et de systèmes plus durables, mieux adaptés aux conditions locales tant écologiques que socioéconomiques. Pour répondre à ce challenge, il est nécessaire d’adopter une démarche collective afin de dépasser l’organisation fragmentée du dispositif de recherche-développement-innovation (RDI) essentiellement fondée sur une approche incrémentale des innovations.

 

Face à des défis à relever de plus en plus complexes et systémiques, les réponses à construire passent par un décloisonnement, en termes de disciplines, de niveaux d’approche et d’implication des acteurs. Concrètement, pour répondre aux exigences des consommateurs et des marchés, la conception d’une innovation sera d’autant plus efficace qu’elle mobilisera, dans un processus collaboratif, l’ensemble des parties prenantes pertinentes. A l’échelle nationale et européenne plusieurs modalités partenariales associant divers acteurs de la RDI se sont développées depuis une quinzaine d’années. Cette évolution est prometteuse mais doit être étendue pour englober les acteurs économiques et concevoir des innovations au plus près des réalités du terrain. Cette philosophie de partage sera favorisée par les avancées du numérique qui amènent de nouvelles opportunités tant en termes d’accès et de partage des connaissances qu’en termes d’évolution des outils d’acquisition et de traitement de données. La résolution de certains défis sociétaux nécessite d’imposer des obligations de résultats plus que de moyens. La continuité et les échanges entre les différents acteurs apparaissent alors comme indispensables. Elle permet ainsi, d’aller du diagnostic jusqu’à sa résolution, en limitant les pertes de temps, de moyens et risques d’inadéquation aux attentes du terrain.

 

Enfin, ce décloisonnement des compétences permet d’optimiser les moyens disponibles et d’exploiter au mieux l’ensemble des résultats, bases de données et autres connaissances produites par le dispositif de RDI. Dans un cadre budgétaire contraint, cette mutualisation permettrait de rationaliser les dispositifs expérimentaux et d’observation tout en augmentant leur valorisation et leur impact. »

 

 

 

Philippe LECOUVEY, Directeur Général, ACTA

 

 

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Recherche et innovation”, page 169. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.

 

 

Penser l’innovation organisationnelle en agriculture“, Zam-Zam ABDIRAHMAN et Loïc SAUVEE, Enseignants-chercheurs, UniLaSalle

Promouvoir et aider spécifiquement la recherche associant des compétences publiques et privées”, Damien BONDUELLE, Chef d’entreprise de travaux agricoles, Président de saf agr’iDées

L’accès aux données pour la recherche et l’innovation en agriculture. Position des Instituts Techniques Agricoles“, François BRUN, Mehdi SINE, Sylvain GALLOT, Animateurs du Réseau Numérique et Agriculture de l’ACTA

Respectons et écoutons les experts“, Marie-Cécile DAMAVE, Responsable innovations et marchés, saf agr’iDées

Quelle recherche agronomique face à la demande croissante d’innovations ?“, François HOULLIER, Administrateur provisoire de Université Sorbonne-Paris-Cité, ancien Président-Directeur général de l’INRA

Investir dans la génétique de précision pour relever le choc climatique“, Gil KRESSMANN, Directeur de Syntonie Communication