Un jour, une idée “Lâcher prise”Publié le 5 octobre 2017 par agriDées

« Innover en France dans la big data agricole est une aventure passionnante mais ardue. Car plus que dans tout autre secteur, la « data » interroge et inquiète le monde agricole. Elle est celle qui asservit les hommes au lieu de les libérer, qui capte la valeur au lieu de la partager, prenant tour à tour les figures hideuses de Uber, Matrix, Terminator, Google ou Monsanto.

 

La raison est simple : l’imaginaire de la « data » est en tout point contraire à celui de l’agriculture. La data n’a pas de frontière là où l’agriculture est ancrée dans un territoire. La data n’a pas de temporalité, là où l’agriculture est rythmée par les saisons. La data est abstraite, irréelle, là où l’agriculture fabrique la plus intime et la plus familière de toutes les matières premières : la nourriture.

 

Il n’est donc pas étonnant que ce mariage contre-nature soit perçu comme un risque plutôt que comme une opportunité : le risque de perdre son autonomie, de perdre la maîtrise de son métier, de son expertise, et cette crainte est le frein principal qui nous empêche d’avancer. Le résultat est là : alors que les Etats-Unis, pragmatiques, investissent 2 milliards de dollars par an dans l’AgTech, nous avançons timidement à reculons, dans une peur panique de l’avenir, et notre « filière » AgTech se réduit à peau de chagrin.

 

Pourtant, à l’heure où l’agriculture européenne s’ouvre sur le monde, la big data est l’une des technologies AgTech les plus prometteuses pour prendre le large, pour rendre nos filières plus collaboratives, plus sûres, plus rentables et plus résilientes. Nous avons les meilleurs ingénieurs du monde pour réaliser ces promesses, il ne nous reste plus qu’à les laisser innover et explorer.

 

Qu’attendons-nous pour lâcher prise ? »

 

Jérémie WAINSTAIN , Fondateur et Dirigeant de The Green Data

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Nouvelles technologies”, page101. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.