“Un jour, une idée “L’agriculture, premier pilier de la bioéconomie”Publié le 19 août 2017 par agriDées

« L’Homme, dans la société comme dans l’économie, façonne pas à pas le monde de demain.

 

L’évolution du climat, la raréfaction des ressources naturelles forcent l’évolution des comportements. Les entrepreneurs recherchent des solutions nouvelles pour une activité plus durable.

 

L’agriculture prendra-t-elle sa pleine place dans le développement durable amorcé dans l’économie en pleine mutation, réconciliant performance économique et gestion agronomique durable ?

 

Les défis sont grands et en même temps peuvent permettre à l’agriculture de se repositionner comme l’une des locomotives de l’économie au même titre que le numérique, le train à grande vitesse ou encore l’aérospatial…

 

Nous voyons émerger une agriculture plurielle, tournée vers une nouvelle forme d’agronomie, s’essayant à l’approvisionnement de la bioéconomie émergente, se rapprochant des consommateurs.

 

L’agriculteur remet le sol au coeur de l’équation vitale entre rendement et préservation d’une capacité agronomique autonome : des pratiques s’inspirant et composant avec la nature, assistées des nouvelles technologies, permettent de réduire de façon significative l’utilisation de molécules de synthèse.

 

Les légumineuses et autres plantes à forte teneur en protéines font leur retour dans les champs. Ces protéines végétales entrent maintenant dans la composition de plats cuisinés en diversification des protéines animales pour répondre à une demande alimentaire mondiale en croissance exponentielle.

 

En 2050, plus de 75 % de la population habitera en ville. Des fermes urbaines et serres sur les toits des bureaux voient peu à peu le jour à travers le monde, offrant ainsi aux citadins des produits ultra-frais.

 

La biomasse s’inscrit comme une ressource alternative aux énergies fossiles et minerais. Depuis de nombreuses années, l’agriculteur produit du bioéthanol et le forestier du bois de chauffage. Aujourd’hui, la production de matériaux agrosourcés entre dans la fabrication de l’habitat : construction en bois, isolation au chanvre, peintures et revêtements de sol issus du végétal. Le lin entre dans la fabrication des tableaux de bord de voiture ou la fabrication d’éoliennes…

 

Bien loin de l’image d’Epinal, les agriculteurs pensent hors du cadre, osent transformer les idées novatrices en projets concrets. Ils entrent de plain-pied dans la troisième révolution agricole. Le temps est maintenant à l’accélération de cette transformation ! »

 

 

Philippe VASSEUR, Ancien ministre de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Bioéconomie”, page 57. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.