Un jour, une idée “L’avenir de notre agriculture sera français ou ne sera pas !”Publié le 25 octobre 2017 par agriDées

« La détresse de nos agriculteurs vient de très loin. Trois événements majeurs, depuis la Seconde guerre mondiale, ont entraîné l’agriculture française dans le désarroi qu’elle connait depuis. Le premier porte un nom, celui de Sicco Mansholdt, commissaire européen à l’Agriculture de 1958 à 1962 puis président de la Commission européenne qui rédigea un rapport prônant la concentration la plus absolue des exploitations agricoles en Europe, au détriment de notre modèle familial et paysan traditionnel. Au même moment, en France, un ministre de l’Agriculture nommé Jacques Chirac favorisait la financiarisation des marchés agricoles. Enfin, par le biais des accords de Blair House, l’Administration américaine de George H. Bush puis de Bill Clinton intima aux Etats européens, d’abandonner toute politique de soutien à leurs produits. : avec, au passage, la totale complicité des dirigeants de la Commission européenne d’alors.

 

Notre agriculture a depuis été sacrifiée sur l’autel du libre-échangisme mondial absolu. La PAC dite réformée n’est depuis que l’habillage de cet impératif. Pourtant, à travers nos paysans, c’est notre pays, notre identité, notre souveraineté et nos territoires que nous tenons encore à défendre. Est-il raisonnable de laisser le pays qui a le plus haut niveau  technologique en agronomie et les rendements les plus élevés en Europe brader son agriculture sur l’autel du libre-échangisme mondial ? Est-il normal que le pays qui a le plus grand nombre de races d’élevage (46 au total) laisse mourir ses éleveurs ? Est-il admissible qu’un pays dont la gastronomie est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO recule systématiquement face à la mal-bouffe américaine ? Est-il admissible que le pays qui a ses climats de Bourgogne classés au patrimoine mondial de l’UNESCO ait ses appellations viticoles menacées par le traité transatlantique ? Il n’y a pas de fatalité à laisser une Union européenne mondialiste et ultra-libérale engloutir ce qui a fait la quintessence de notre patrimoine et de notre mode de vie. Il faut revenir aux fondements d’une agriculture française : aider nos agriculteurs à vivre de leur travail, aider à la modernisation des infrastructures, développer les circuits courts, favoriser la qualité des produits, réduire le rôle nuisible des grandes surfaces et des centrales d’achat… Comme dans tous les domaines, souveraineté et patriotisme sauveront notre agriculture et nos agriculteurs. »

 

 

Edouard FERRAND, Député au Parlement européen, Membre de la Commission Agriculture et développement rural

 

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Politiques agricoles”, page 121. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.

 

Compétitivité et protection des producteurs“, Jean ARTHUIS, Député européen, Ministre de l’Economie de 1995 à 1997

Renforcer le rôle des agriculteurs au sein des filières et des interprofessions“, Philippe BOURGEOIS, Consultant

Retrouver l’élan“, Dominique BUSSEREAU, Ancien Ministre, Député et Président du département de la Charente-Maritime, Président de l’Assemblée des Départements de France

Pour une « exception agricole »“, François COLLART-DUTILLEUL, Professeur émérite, Membre correspondant de l’Académie d’agriculture de France

Défendre le modèle des fermes plutôt que celui des firmes“, Jérémy DECERLE, Président de Jeunes Agriculteurs