Un jour, une idée “Quelle recherche agronomique face à la demande croissante d’innovations ?”Publié le 21 décembre 2017 par agriDées

« Considérés dans leur globalité, les systèmes alimentaires font aujourd’hui face à la  simultanéité et la convergence de plusieurs défis considérables – croissance démographique, transition nutritionnelle, dérèglement climatique, transitions énergétique et écologique -, ce qui a conduit John Beddington, alors conseiller scientifique du Premier ministre britannique, à utiliser l’expression perfect storm. La sécurité alimentaire doit donc être considérée d’une manière plus systémique qu’il y a 70 ans.

 

Ces défis induisent une demande croissante d’innovations – techniques, sociales ou organisationnelles – et de réorientation des politiques publiques, alimentaires et environnementales aussi bien qu’agricoles. La recherche agronomique est ainsi fortement sollicitée pour fournir et diffuser les connaissances scientifiques sur les processus biophysiques, écologiques, économiques ou sociaux sous-jacents, comme pour éclairer les politiques publiques et pour collaborer avec l’ensemble des acteurs économiques et des porteurs d’enjeux (agriculteurs, citoyens, collectivités, consommateurs, entreprises).

 

L’analyse socioéconomique des impacts – au sens des bénéfices – de la recherche publique agronomique et la comparaison entre les systèmes nationaux d’enseignement supérieur et de recherche fournissent des enseignements pour positionner la recherche agronomique française dans ce contexte :

 

  • La trajectoire vers l’impact – qu’il soit économique, environnemental, sanitaire, territorial ou politique – met en jeu un tissu partenarial dense avec de nombreux acteurs publics ou privés. Cette trajectoire, qui se déroule typiquement sur une vingtaine d’années, est accélérée lorsque ces partenariats sont bien et précocement structurés ;

 

  •  L’impact des recherches est d’autant plus grand que celles-ci ont été fondamentales. Contre-intuitif pour beaucoup de ceux qui plaident pour une contribution accrue à l’innovation, ce résultat milite pour un investissement équilibré entre recherches suscitées par la curiosité et recherches directement orientées vers des finalités ;

 

  •  La formation est l’un des leviers les plus efficaces de diffusion des connaissances et les étudiants sont des agents privilégiés des interactions des chercheurs avec les acteurs socioéconomiques dans toute leur diversité. Il est donc essentiel que les organismes français de recherche favorisent l’émergence de quelques grandes universités engagées sur les thématiques alimentaires et agronomiques, à l’image de ce qui existe à l’étranger, tout en maintenant leurs relations privilégiées avec les écoles agronomiques et vétérinaires. »

 

 

 

François HOULLIER, Administrateur provisoire de Université Sorbonne-Paris-Cité, ancien Président-Directeur général de l’INRA

 

 

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Recherche et innovation”, page 167. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.

 

 

Penser l’innovation organisationnelle en agriculture“, Zam-Zam ABDIRAHMAN et Loïc SAUVEE, Enseignants-chercheurs, UniLaSalle

Promouvoir et aider spécifiquement la recherche associant des compétences publiques et privées”, Damien BONDUELLE, Chef d’entreprise de travaux agricoles, Président de saf agr’iDées

L’accès aux données pour la recherche et l’innovation en agriculture. Position des Instituts Techniques Agricoles“, François BRUN, Mehdi SINE, Sylvain GALLOT, Animateurs du Réseau Numérique et Agriculture de l’ACTA

Respectons et écoutons les experts“, Marie-Cécile DAMAVE, Responsable innovations et marchés, saf agr’iDées