Un jour, une idée “Réinvention d’une culture technique agricole”Publié le 26 juillet 2017 par agriDées

« La crise paradigmatique qui affecte nos agricultures est une crise profonde qui remet en cause les modèles classiques. Elle touche à l’épuisement des ressources naturelles, aux limites du mouvement de simplification des techniques via la chimie, la sélection végétale, la mécanisation etc.

 

A cela s’ajoute le changement climatique, et, sur un autre plan, la défiance des citoyens et des consommateurs vis-à-vis des agricultures actuelles.

 

Mais comment réinventer un modèle ? Il faut une « révolution cognitive de l’agriculture ». La technique agricole actuelle (et ses nombreuses représentations) n’est pas seulement affaire d’idéologies, ou de rapports de pouvoirs socio-économiques. Elle est la résultante d’une approche tronquée, oubliant ou sous-estimant les fondements anthropologiquement constitutifs de l’agriculture.

L’avenir de l’agriculture se joue dans la réinvention d’une nouvelle « culture technique agricole ».

Dans ce but, il convient :

  • de replacer l’agriculteur, ses pratiques, ses connaissances « empiriques », à sa juste place de « technicien du vivant » au centre des processus d’innovation, et non comme simple exécutant d’une politique uniformisante ;
  • d’appréhender la richesse des possibilités d’invention en termes d’interactions systémiques homme/vivant/technique/société/nature ;
  • de mettre la recherche au service des agricultures et non comme prescriptrice de l’activité agricole.

C’est donc par un effort de pensée réflexive et critique, et par ses prolongements dans la sphère éducative, au sens large, que l’on permettra la réinvention d’une véritable et nouvelle culture technique agricole, en alliance avec le vivant producteur, condition nécessaire de la mutation agricole à engager dans nos sociétés contemporaines. »

Loïc SAUVEE, Enseignant-chercheur, UniLaSalle

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Agriculture et société”, page 32. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.