Un jour, une idée : “Pour la réussite des agricultures ultramarines”Publié le 1 août 2017 par agriDées

« Dans le rapport consacré aux agricultures ultramarines que nous avons présenté, Hervé Gaymard et moi-même, à la Délégation aux Outre-mer de l’Assemblée nationale en novembre 2013, nous avons souligné les problèmes structurels que rencontrent les exploitations agricoles d’Outre-mer. Et nous avons proposé des pistes de travail, 39 préconisations au total, pour principalement éviter la disparition du foncier et améliorer les instruments d’intervention dans le domaine agricole.

 

On mentionnera : la simplification de la mise en place des Zones Agricoles Protégées ; la création d’une source de financement complémentaire pour les SAFER ; la création du Comité d’Orientation Stratégique et de Développement Agricole ; l’extension, à 35 ans, du contrat de génération afin de favoriser la transmission des exploitations et l’installation progressive des jeunes ; la modification des règles de vote en usage dans les indivisions pour donner à bail un bien agricole ; l’instauration d’un critère horaire alternatif pour l’affiliation des exploitants au régime de protection sociale des non-salariés agricoles ; la consécration de l’agro-écologie et la création des Groupements d’Intérêt Economique et Environnemental.

 

Tout n’a cependant pas encore été résolu. La structuration et la mise en adéquation des filières d’enseignement agricole aux particularités de nos agricultures locales est également une nécessité. L’approche de terrain et la sensibilisation à la diffusion de l’innovation doivent être renforcées dans les collèges et lycées agricoles. De même que la diversification des offres de formation pour la préparation du BTS agricole.

 

L’homologation de nouveaux produits phytosanitaires à l’usage de l’agriculture ultramarine doit être assouplie afin de mieux prendre en compte les contraintes spécifiques à nos territoires et climats.

 

Enfin, la question des structures foncières. En Guyane par exemple, les difficultés d’accès au foncier et l’absence d’un opérateur foncier rural pleinement fonctionnel restent encore un frein au développement agricole. Une politique foncière dynamique, qui a pour ambition de soutenir un développement agricole endogène fort, a besoin de s’appuyer sur ce type d’outil. C’est pourquoi une loi « foncière » apparait plus que jamais indispensable pour répondre aux problématiques et enjeux auxquels sont confrontées nos agricultures.   »

Chantal BERTHELOT, Députée de Guyane

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Agricultures et territoire”, page 39. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.