Un jour, une idée “Une solution vers une agriculture économe”Publié le 5 décembre 2017 par agriDées

« Est-il permis à un ancien, ayant connu depuis 1956 pas mal de moissons humides, de livrer le fruit de ses réflexions devant l’énorme gâchis qui s’étale dans la campagne ces années-là ?

 

Des machines coûteuses, accompagnées d’équipes nombreuses, attendent des heures au coin d’une parcelle que la récolte veuille bien livrer du grain « aux normes » alors que souvent, il ne pleut pas (ou il ne pleut plus), et qu’on pourrait « travailler ». On court d’une pièce à l’autre, on tombe en panne au moment où il fait beau et on finit immanquablement au séchoir où l’on dépense un carburant précieux et rare. Pendant plusieurs semaines parfois une année sur trois au moins, le grain est mûr, il se bat, mais reste désespérément humide s’il tombe une averse, en particulier parce qu’il reste sur sa paille et qu’il pompe l’humidité du sol. Et il reste encore le problème paille à régler : la récolter ou la broyer, sans compter la menue paille qui reste sur le sol… J’ai connu les moissons à la lieuse : on coupait la récolte avant dessiccation complète, on laissait la ventilation naturelle la finir en gerbes dressées en « dizeaux ». On rentrait alors le tout sous le hangar (ou en meule) et l’on battait tranquillement toute l’année, se procurant à la petite semaine la paille dont on avait besoin et le grain pour la trésorerie. Pourquoi vouloir tout de suite battre le grain ? Ne pourrait-on pas récolter l’épi, mûr bien sûr, avec ce qu’il faut de paille, transporter cette marchandise sur des aires ventilées ? Je suis persuadé qu’elle perdrait naturellement les quelques points d’humidité en trop, même sans réchauffer l’air.

 

Je pense que la circulation de l’air y serait bonne, en tous cas meilleure que dans une masse de grains battus. Il faudrait pour cela retrouver les conditions de ventilation existant à  l’intérieur des « dizeaux » et il faudrait étudier de près les échanges de sève, et d’eau libre, qui existent entre la paille et l’épi au moment de la maturité et comment le grain perd ses derniers points d’humidité à ce moment… Mais je pense que le fait de sectionner la circulation de sève entre l’épi et la paille doit accélérer la maturité.

 

On m’objectera beaucoup de choses à juste titre ! Je souhaite seulement lancer un débat et inciter à des essais. Ils pourraient être confiés à des centres de recherches dont cela me paraît être la compétence. On pourrait aussi proposer la technique en priorité aux éleveurs équipés du séchage en grange et aux régions à étés humides. Vraisemblablement c’est dans ces conditions qu’il y aurait le plus à gagner. Il y a des économies à attendre en matière de dépense de fuel pour la récolte, de travail simplifié du sol après celle-ci, de récupération de biomasse de valeur, de qualité de récolte, de gestion du temps de travail… Faisant que l’on s’inscrit tout à fait dans une démarche de développement durable.»

 

 

 

Jean LAMIOT, Ingénieur ENA GRiGNON, Agriculteur retraité

 

 

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Produire mieux, produire plus”, page 150. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.

 

Et les légumineuses ?“, Alicia AYERDI GOTOR, Olivier SCHEURER, Christine LECLERQ, Elisa MARRACCINI, Enseignants, UniLaSalle

L’autonomie alimentaire en élevage laitier : le défi à relever sur les prochaines décennies“, Guillaume BERNARD, Agriculteur boursier Nuffield France 2015, Conseiller sur la démarche « Production Laitière Durable » auprès des producteurs laitiers SAVENCIA

Agriculteurs et éleveurs à la recherche d’une nouvelle autonomie, Francis CAPELLE, Céréalier et éleveur, Administrateur de saf agr’iDées, Ingénieur agronome, Expert agricole et foncier

Vers une agriculture plus adaptée aux réalités du marché et plus forte dans la filière agro-alimentaire“, Charles DE COURSON, Député de la Marne, Rapporteur sur le budget agricole

Mettre en oeuvre une action de valorisation de l’agriculture intermédiaire“, Claude DOMENGET, Expert foncier et agricole, Gérant SCP OPTIMES

Place à l’agriculture de conservation“, Yann FICHET, Ancien Directeur des affaires institutionnelles et industrielles, Monsanto

Des agriculteurs mieux formés pour répondre aux enjeux de demain“, Laure FIGEUREU-BIDAUD, Agricultrice, Nuffield 2016

L’agro-écologie et les filières agricoles : construire en commun le regard systémique”, Christine LECLERCQ, Enseignant-chercheur, UniLaSalle, et Bernard DE FRANSSU, Directeur du Développement Durable, UniLaSalle

Renforcer le COV pour dynamiser la création variétale“, Delphine GUEY, ancienne Responsable des affaires publiques et presse, GNIS

Pour cultiver mieux, faut-il vouloir cultiver… ailleurs ?“, David HOUBEN, Enseignant-chercheur, UniLaSalle

Développer l’initiative agricole de produits techniques par les agriculteurs”, Mehdi JABER, Agrilab manager et Digital innovation manager, UniLaSalle

Renforcer le dialogue international pour la circulation des semences”Hélène GUILLOT, en charge des dossiers agricoles internationaux à la fédération internationale des semences (ISF)