Un jour, une idée “Vers une agriculture plus adaptée aux réalités du marché et plus forte dans la filière agro-alimentaire”Publié le 18 novembre 2017 par agriDées

« La profonde crise que connait le monde agricole appelle la mise en place de mesures structurelles. Il faut tout d’abord adapter le système social-fiscal à la volatilité du revenu, cela passe par trois niveaux. Un niveau individuel : il faut encourager et assouplir l’assurance récolte d’un côté, assouplir et adapter les mécanismes de la déduction pour aléas pour le côté fiscal. Il convient d’alléger les conditions de réintégration et de laisser à l’agriculteur la liberté d’appréciation de l’opportunité du niveau de réintégration, en cas de survenance d’un aléa (climatique, sanitaire ou économique). Le deuxième niveau est professionnel : il faut encourager la création de fonds d’assurance par filière. Le troisième niveau, c’est un fond national qui interviendrait au-delà de ces deux niveaux, alimenté par l’impôt, et qui ferait donc appel à la solidarité nationale.

 

Par ailleurs, il faut atteindre un meilleur équilibre entre les différents acteurs de la filière agro-alimentaire et entre les industries agro-alimentaires et la grande distribution. Cette dernière est aujourd’hui beaucoup trop fortement concentrée et doit être décartellisée. Quatre centrales d’achat réalisent plus de 80 % des achats. Cette situation, contraire au droit de la concurrence, est extrêmement défavorable aux exploitants agricoles. De plus, cette situation d’ultra-concentration est encore plus avancée lorsque l’on s’intéresse au taux de concentration par zone de chalandise. L’Observatoire des prix et des marges est insuffisant. L’Autorité de la concurrence pourrait fixer un seuil de parts de marché maximal, pour chaque marché pertinent, au-delà duquel la concentration est interdite. D’autre part, il y a une grande diversité dans les structurations des filières, certaines très organisées, d’autres peu ou mal. Cela pose la question de la maîtrise d’une partie de l’aval, qui passe par une réorganisation, notamment via des coopératives et leurs filiales.

 

Enfin, il faut moderniser et adapter le régime des baux ruraux, aujourd’hui obsolète, pour limiter le développement des « faux » agriculteurs. Donnons une définition à la notion d’agriculteur, de façon à éviter la dérive existante d’une part croissante de travail à façon, aboutissant parfois à des agriculteurs en titre, alors que d’autres font leur métier : nous avons besoin de vrais professionnels, lutter contre la déprofessionnalisation du métier pour le préserver. La réforme du statut du fermage est à poursuivre dans le sens d’un assouplissement pour éviter que les gens ne veuillent plus louer leurs terres mais les fassent faire à façon. »

 

Charles DE COURSON, Député de la Marne, Rapporteur sur le budget agricole

 

 

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Produire mieux, produire plus”, page 140. L’auteur est seul responsable du contenu de sa contribution.

 

Et les légumineuses ?“, Alicia AYERDI GOTOR, Olivier SCHEURER, Christine LECLERQ, Elisa MARRACCINI, Enseignants, UniLaSalle

L’autonomie alimentaire en élevage laitier : le défi à relever sur les prochaines décennies“, Guillaume BERNARD, Agriculteur boursier Nuffield France 2015, Conseiller sur la démarche « Production Laitière Durable » auprès des producteurs laitiers SAVENCIA

Agriculteurs et éleveurs à la recherche d’une nouvelle autonomie, Francis CAPELLE, Céréalier et éleveur, Administrateur de saf agr’iDées, Ingénieur agronome, Expert agricole et foncier