Un jour, une idée “Vers la gestion de maladies des plantes”Publié le 30 décembre 2017 par agriDées

« Les maladies des plantes causées par des champignons, bactéries et virus phytopathogènes représentent une menace globale pour les filières agricoles et sylvicoles, ainsi que pour les ecosystèmes naturels et peu anthropisés. Les systèmes de production dominants, issus des acquis indéniables de la révolution verte, sont fondés sur l’utilisation de variétés à hauts rendements nécessitant des apports massifs de fertilisants et produits phytosanitaires.

 

L’utilisation de produits phytosanitaires a significativement réduit les nuisances de nombreuses maladies fongiques. Cette stratégie, cependant, n’est pas durable : coût économique élevé, impacts négatifs sur la santé et l’environnement, apparition de résistances chez les organismes cibles, innovation en panne. L’utilisation de variétés résistantes est une stratégie alternative qui a fait ses preuves. Malheureusement, les parasites sont capables de s’adapter très rapidement aux résistances variétales les plus efficaces, notamment en grande culture et arboriculture dont les peuplements sont très peu diversifiés génétiquement.

 

L’éradication des maladies, hormis très localement, est illusoire ; la limitation de leurs impacts nécessite une gestion de la santé végétale faisant appel à la combinaison harmonieuse de leviers déjà disponibles ou encore à inventer. La protection intégrée préconise une approche holistique, incluant des leviers agronomiques (gestion des rotations, des variétés, des dates de semis, des résidus de culture) et biologiques (utilisation de solutions de biocontrôle, démarches agro-écologiques), l’utilisation des produits phytosanitaires constituant le dernier recours. Cette gestion de la santé végétale nécessite des efforts de recherche pluridisciplinaires, de développement, de formation et de transfert vers les filières. La prise en compte des nouvelles technologies et des aspects socio-économiques ainsi que l’identification des freins éventuels est indispensable à l’acceptabilité des nouvelles stratégies. »

 

 

 

Ivan SACHE, Alia DELLAGI et Lilian GOUT, Enseignants-chercheurs en pathologie végétale, Département « Ecologie, adaptation, interaction », Agro-ParisTech

 

 

 

Contribution extraite du livre collectif “150 idées pour la réussite de nos agricultures“, édité par saf agr’iDées en juin 2017, dans la thématique : “Recherche et innovation”, page 175. Les auteurs sont seuls responsables du contenu de leur contribution.

 

 

Penser l’innovation organisationnelle en agriculture“, Zam-Zam ABDIRAHMAN et Loïc SAUVEE, Enseignants-chercheurs, UniLaSalle

Promouvoir et aider spécifiquement la recherche associant des compétences publiques et privées”, Damien BONDUELLE, Chef d’entreprise de travaux agricoles, Président de saf agr’iDées

L’accès aux données pour la recherche et l’innovation en agriculture. Position des Instituts Techniques Agricoles“, François BRUN, Mehdi SINE, Sylvain GALLOT, Animateurs du Réseau Numérique et Agriculture de l’ACTA

Respectons et écoutons les experts“, Marie-Cécile DAMAVE, Responsable innovations et marchés, saf agr’iDées

Quelle recherche agronomique face à la demande croissante d’innovations ?“, François HOULLIER, Administrateur provisoire de Université Sorbonne-Paris-Cité, ancien Président-Directeur général de l’INRA

Investir dans la génétique de précision pour relever le choc climatique“, Gil KRESSMANN, Directeur de Syntonie Communication

Une innovation ouverte à intensifier“, Philippe LECOUVEY, Directeur Général, ACTA

Développer l’entomoculture“, Maxime MOINARD, Boursier Nuffield France 2016

Innover par la tradition“, Leslie MOREIRO, Docteure en sciences du management, Université Paris-Saclay

Améliorer la durabilité de l’agriculture bio via la sélection génétique“, Adrien PELLETIER, Ingénieur agricole, co-gérant de la Ferme d’Orvilliers, de la semence jusqu’au pain

L’Agriculture, espace de création et d’innovation“, Benoit PRESLES, Président NUFFIELD France

Plus de science et de technologie pour une phytoprotection agricole durable“, Catherine REGNAULT-ROGER, Membre de l’Académie d’agriculture de France, Membre correspondant de l’Académie nationale de Pharmacie, Professeur des universités émérite