La biodiversité en action au salon PRODURABLEPublié le 17 mars 2017 par Yves LE MORVAN

Le salon PRODURABLE a fêté ses 10 ans devant un public fourni les 14 et 15 mars à Paris 2017,  sur le thème de la RSE dans les entreprises. Retour sur la séance plénière du 15 mars animée par l’association EPE (Entreprises Pour l’Environnement) sur le thème « Intégrer la biodiversité aux opérations de l’entreprise, des achats à la fin de vie des produits » avec les interventions de LVMH, SEQUANA, NESPRESSO, et RTE.

Pour les entreprises, la biodiversité s’est imposée comme un enjeu sociétal évident suscitant des plans d’action. Par exemple, en seulement 40 ans 58% des vertébrés ont disparu de la planète, du fait de l’artificialisation des sols, des pollutions, de l’arrivée d’espèces invasives, de certaines formes de surexploitation, du réchauffement climatique…Face à cette situation, Il est cependant difficile pour les entreprises de construire des actions de « biodiversité positive » puisque les impacts sont souvent indirects. Témoignages :

Pour LVMH (via Sylvie BERNARD, Directrice de l’environnement), l’impact sur le processus du vivant provient essentiellement de sa chaîne d’approvisionnement et non de ses 300 sites de fabrication (vins/spiritueux, cosmétique/parfums, mode…). D’où un plan stratégique fondé sur les connaissances scientifiques et qui appelle au travail collectif y compris avec les entreprises concurrentes. Au menu programme de formation, amélioration des pratiques et participation à la création de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité.

Pour SEQUANA, industriel et distributeur de papier, (via Olivier GUICHARDON, Directeur du développement durable), l’enjeu biodiversité concerne prioritairement la lutte contre l’apport de bois illégal et la protection de la forêt primaire. La réponse passe par la constitution d’une plateforme d’information et de suivi avec tous les fournisseurs, l’organisation de la traçabilité et la certification durable (PEFC, FSC…) même si elle est encore imparfaite. La politique de recyclage des papiers est aussi clé.

Quant à l’origine du bois, la logistique pour les sites industriels, la part de la France reste freinée par le morcellement de sa forêt et sa répartition entre 3,5 millions de propriétaires.

Pour NESPRESSO et sa fameuse capsule de café en aluminium (via Katarzyna RENIE, Directrice du développement durable), l’action en faveur de la biodiversité a pour objectif l’accompagnement des 60.000 producteurs de café dans le monde qui lui livrent leur récolte. NESPRESSO achète 1 % du café mondial, mais représente par exemple 6 % de la consommation en France.

L’accompagnement des producteurs, via 300 agronomes, a pour objectif la transition des pratiques agricoles (protection des sols, de l’eau…) et la promotion d’un modèle de production en agroforesterie. Il comprend également une meilleure rémunération des producteurs, et intègre des améliorations de politique sociale (Co-financement d’un fonds de retraite en Colombie par exemple).

L’autre versant de l’action biodiversité concerne les capsules, avec engagement pour 2020 d’une politique à 100% d’achat certifié d’aluminium, et l’organisation d’une double politique de recyclage, dédiée avec retour des clients ou générale avec la possibilité progressive  de mettre les capsules en tri sélectif (poubelles jaunes).

Enfin pour RTE, Réseau de Transport de l’Electricité, (via Nathalie DEVULDER, Directrice du développement durable), les 100.000 kms de lignes électriques, avec 80.000 ha d’emprise dont à 70 % chez les agriculteurs, ont été l’occasion de constater un retour de la biodiversité (plantes, petits animaux) au pied des pylônes. D’où un programme pilote qui présente une alternative au gyrobroyage notamment en zones sensibles (mares, tourbières, lisières…) tout en surveillant les risques d’adventices.

En conclusion de ce débat, il apparait qu’il devient important pour les entreprises de s’approprier la problématique de la biodiversité, d’y apporter leur contribution. Une phrase de Victor Hugo est revenue : «  Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue ». Néanmoins il manque un critère synthétique de calcul de la biodiversité, du type TEC/TEP pour l’énergie et le lien créé avec le climat. Un calcul qui permettrait de se doter d’une échelle collective comparative. L’évaluation en euros ne remplit pas cet objectif.

 

PS : A noter également durant le salon PRODURABLE un intéressant atelier sur la RSE des coopératives en lien avec l’agroécologie, avec pour intervenants : Benjamin PERDREAU (COOP De France), Agnès GUY (Le Gouessant -22- à propos des fermes des 4 soleils), Joy THORNES (Terrena -44- pour la Nouvelle Agriculture) et Aline BOY (Ministère de l’Agriculture).