Le chiffre : 37 kilosPublié le 16 septembre 2016 par Marie-Laure HUSTACHE

logobbcTelle serait la quantité de viande consommée par personne et par an en 2030 dans les pays en développement (contre 10 kilos en 1964). Pour le  lait et les produits laitiers, ce chiffre pourrait grimper à 66 kg. Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), ce mécanisme de hausse de la consommation de viande est nourri par la démographie des pays en développement et par les changements d’alimentation de leur population. Parallèlement, la consommation de viandes rouges et charcuteries ne cesse de diminuer en France. Après un pic de consommation dans les années 1980, la consommation de porc (viande et charcuteries) qui représentait 37 kilos par habitant en 1990 descend à 30 kilos en 2015 (-19 %). Quant au bœuf, de 30 kilos par habitant en 1990, il ne représente plus que 22 kilos (-27 %) en 2015. (Source : Agreste, ministère de l’agriculture pour des viandes équivalent carcasses )

Ces chiffres, tout comme les conclusions alarmantes d’un rapport de  l’OMS (Organisation Mondiale de la santé) sur les liens entre « viandes et cancer (du colon) », qui avait fait grand bruit en 2015, ont été rappelés par l’association Bleu-Blanc-Cœur en ce mois de septembre 2016, lors d’une conférence de presse sur le thème « Demain : Quelle(s) consommation(s) de viande et quel(s) mode(s) de production ? ». « Il y a eu des dérives dans notre production et notre consommation de masse, mais les enjeux du 21ème siècle ne peuvent pas se contenter d’approximations. Oui, des solutions durables existent pour concilier plaisir, traditions et santé. » ont rappelé ainsi Pierre WEILL et Nathalie KERHOAS, respectivement co-Président et Directrice de l’association en présentant les conclusions et propositions du nouveau Rapport de Bleu-Blanc-Coeur, établi notamment avec la participation du Professeur Philippe LEGRAND, au nom des experts qui ont rédigé ce nouveau rapport, du Docteur Thierry GUICHETEAU, au nom du collège des médecins de l’association, et de Christian VALETTE, au nom du collège des éleveurs.

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Bleu-Blanc-Coeur a en effet depuis quelques années consolidé des preuves scientifiques soulignant le lien entre mode de production agricole, densité nutritionnelle des produits et développement des maladies de civilisation. Créée il y a 16 ans, à l’école de santé publique de Rennes (35), l’association  organise une  « Agriculture à vocation santé » avec comme objectif l’amélioration de la qualité nutritionnelle et environnementale de l’alimentation humaine. L’idée fondatrice de Bleu-Blanc-Coeur veut que : « pour bien nourrir les Hommes, il faut commencer par prendre soin de nos cultures et de la santé de nos animaux ». L’association fédère ainsi 600 acteurs de la chaîne alimentaire, près de 6 000 agriculteurs et de 1 000 médecins. Bleu-Blanc-Coeur a ainsi relancé la culture du lin riche en Oméga-3 mais aussi en Polyphénols (lignanes), la culture du lupin riche en protéines et aussi en composés phénoliques, la culture de la féverole source d’acides aminés intéressants et aussi de composés anti-oxydants de la famille des anthocyanines et en flavonoïdes, de la luzerne richeen caroténoides, de l’herbe…

L’association, dont la démarche est reconnue par l’Etat et les Nations-Unies, prône ainsi à l’échelle française mais aussi et surtout mondiale (puisque c’est là que la consommation de viande va exploser) d’initier des changements de pratiques plus vertueuses, autant sur le plan nutritionnel et santé qu’environnemental en encourageant les éleveurs à maintenir et conserver les prairies en place avec une part d’herbe dans les systèmes alimentaires des exploitations. Le « PNNS des animaux » que défend et valorise Bleu-Blanc-Coeur est donc important pour produire des viandes de qualité, aux qualités lipidiques améliorées et aussi vectrices de molécules anti-oxydantes qui vont lutter contre la peroxydation, mécanisme de promotion du cancer…

 

« Les repas de fête d’antan où la viande issue d’animaux bien élevés rejoignait à table les anti-oxydants du vin rouge et les vitamines des légumes de saison étaient un bel exemple d’équilibre et de plaisir. Le calcium du fromage y complexait sans complexe le Fer héminique de la viande du pot au feu ou de la charcuterie. Bleu-Blanc-Coeur, c’est la revanche du « Boeuf Carotte Vin Rouge » sur le « Hamburger de Soja – Frites –Soda » ! prônent haut et fort les responsables de l’association. Une prise de conscience de la valeur et de “l’histoire” des aliments dans nos assiettes, une approche qualitative, un  régime omnivore et équilibré, un retour au goût et au plaisir de cuisiner et de manger, qui n’est pas sans rappeler la conclusion de la Note de saf agr’iDées « Bien manger cela s’apprend et prend du temps »…