Le risque climatique sur prairies devient assurablePublié le 18 mai 2015 par Isabelle DELOURME

Pacifica

Pacifica, la filiale assurances dommages de Crédit Agricole Assurances, a annoncé le lancement le 15 juin prochain de son contrat Assurance des Prairies. Les éleveurs soucieux de sécuriser leur approvisionnement en fourrage pourront dès lors cotiser en vue d’être indemnisé sur la base d’un capital préalablement choisi et en fonction d’un indice de production fourragère.
Ce nouveau contrat adapté aux productions autoconsommées est un complément à la politique de stockage de fourrages des éleveurs dans un contexte de développement des risques climatiques. Il pourrait concerner en France 12 millions d’hectares de prairies permanentes ou temporaires, d’estives ou d’alpages, soit 40 % de la SAU.

Les études menées par Pacifica ont conforté l’assureur dans l’intérêt de dépasser la phase de test pour le proposer à la commercialisation. « Il apparait qu’une baisse de 30 % de la production fourragère provoquerait une diminution de 18 % de la marge brute et conduirait à affecter 50 % du revenu de l’exploitant agricole » a souligné Thierry Langrenay, Directeur général de Pacifica.
Développé en partenariat avec Airbus Defence and Space sur la base des images satellitaires de spot et à partir de bases de données d’occupation du sol (Corine Land Cover et Registre Parcellaire Graphique), l’indice de Production Fourragère établi à l’échelle communale, mesurera régulièrement la baisse de production des prairies, en se basant sur un historique de production. Dès l’automne 2015, l’IPF, à l’échelle de chaque petite région fourragère, sera mis gratuitement à disposition du monde agricole par Pacifica et Airbus Defence and Space afin de permettre aux éleveurs de comparer leur ressenti quant à cet indice.
Souscrit avant le 31 janvier de l’année en cours, le contrat couvrira la production d’herbe entre le 1er février et le 31 octobre. L’assuré pourra suivre l’évolution de son indice de production sur le site internet Pleinchamp. En cas de déficit de production fourragère, le versement d’un capital permettra à l’éleveur de racheter les aliments équivalents à la perte subie. Le montant du capital assuré, ajustable par type de prairie, et le niveau de franchise (de 10 à 50 %) sont du ressort de l’éleveur. A titre d’exemple, la cotisation brute, qui sera différente selon les régions, pourrait atteindre 30 €/ha pour un capital assuré de 850 euros et une franchise de 30 %.
Cette cotisation entre actuellement dans le cadre de l’enveloppe allouée pour le dispositif assurance-récolte qui permet d’être subventionné à hauteur de 65 %. Elle a vocation à entrer dans le futur dispositif des contrats-socles, qui sera financé à partir des aides du second pilier de la Pac.

« Il y a aujourd’hui une volonté politique de développement global de l’assurance des risques climatiques pour concerner jusqu’à 60 % de la ferme France. Aujourd’hui 35 % des surfaces françaises de grandes cultures sont assurées par ce biais, 20 % des surfaces viticoles et très peu en arboriculture. Avec l’Assurance des Prairies, nous prévoyons une augmentation progressive de la souscription de ces contrats d’ici 2019, car il y a actuellement des incertitudes sur le montant de l’enveloppe dédiée à l’assurance-récolte. Dès 2016, le FNGRA (fonds national de garantie des risques agricoles) ne sera plus apte à couvrir ces risques, les fourrages entreront dans le dispositif de l’assurance-récolte alors même qu’il n’y a pas encore d’enveloppe pour 2016 et que celle de l’exercice 2014 subvient à peine aux besoins. Or, nous avons besoin d’une sécurisation du montant de l’enveloppe de ces contrats-socles pour que le développement commercial ne se retrouve pas à contre-courant » s’inquiètent les responsables de Pacifica.