Les robots agricoles en action pour une agriculture de précisionPublié le 18 décembre 2019 par Marie-Cécile DAMAVE

Le Forum International de la Robotique Agricole (FIRA) s’est tenu les 10 et 11 décembre 2019 à Toulouse, sous l’égide de l’organisation mondiale de la robotique agricole (Global Organisation for Agricultural Robotics – GOFAR). Une vingtaine de constructeurs y étaient présents.

Dans le domaine des productions végétales, les services proposés par les robots en démonstration au FIRA relevaient tous de l’agriculture de précision. Les deux principales sociétés qui présentaient leurs solutions de désherbage étaient Naïo (désherbage mécanique en maraîchage et viticulture) et Ecorobotix (désherbage de précision sur betteraves, colza et cultures légumières avec des solutions liquides – herbicides de synthèse ou biocontrôle).

Naïo est la société française la plus avancée dans ces innovations : elle commercialise déjà deux types de robots : OZ, le plus petit, coûte 20 000 à 25 000 € et est utilisé en maraîchage diversifié. DINO est beaucoup plus grand et plus onéreux (100 000 à 120 000 €). C’est un robot de désherbage électrique et autonome dédié aux productions légumières en planches. Ces robots sont notamment utilisés en production bio, permettant aux producteurs de s’affranchir d’important besoins en main d’œuvre pour le désherbage manuel. Enfin Naïo a présenté au FIRA le prototype d’un troisième robot, TED, robot enjambeur viticole actuellement en phase de test et pas encore commercialisé.

Ecorobotix est une société suisse qui existe depuis six ans et compte une trentaine de salariés, soit deux fois moins que Naïo. Elle a présenté au FIRA son nouveau robot de désherbage haute précision AVO, qui réalise une pulvérisation d’herbicide ponctuelle, ultra-localisée (en anglais « spot spraying »). Il n’est pas encore commercialisé mais promet de réduire considérablement les doses d’herbicides : jusqu’à 90% par rapport à une utilisation conventionnelle. Grâce à l’intelligence artificielle et au deep learning qui permettent de reconnaître précisément les plantes cultivées et les adventices par des technologies d’imagerie, seules les buses localisant les mauvaises herbes fonctionnent « au bon endroit et au bon moment », sur la rampe présente sous le robot. A noter que les robots d’Ecorobotix sont testés en France par Arvalis et Tereos notamment.

Au FIRA, les spécificités et principaux défis que doit relever la robotique agricole ont été illustrés lors d’un atelier scientifique de Robagri. Cette association créée en 2017 réunit 64 membres (industriels, organismes de recherche publique, startups) et mutualise des méthodes et des connaissances pour développer des solutions globales qui vont de la sécurité des robots à la normalisation, tout en envisageant les futurs moyens de tests terrain et virtuels.

Lors de l’atelier de Robagri, les intervenants ont souligné le fait que les robots agricoles doivent réaliser leurs tâches à la fois régulièrement et efficacement tout en s’adaptant à des environnements variables (sols plats, inclinés, irréguliers, secs ou humides…), dans de bonnes conditions de sécurité, et interagir avec les hommes pour que ces derniers puissent prendre les décisions les plus pertinentes.

La robotique est donc une dimension de l’AgTech qui est déjà une réalité de terrain et qui contribue indéniablement à la transition agricole actuelle vers plus de précision et de durabilité.

Pour aller plus loin :

Retrouvez le fil Twitter du FIRA 2019 avec @FIRA_team  et  #FIRA19

 

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