L’innovation et l’exportation, clés de la croissance des IAA en 2015Publié le 29 mars 2016 par Isabelle DELOURME

Jean-Philippe Girard, Président de l’Ania. ©I. Delourme/saf agr’iDées

J.-P. Girard, Président de l’Ania. ©I. D./saf agr’iDées

« L’innovation et l’exportation sont deux moteurs de croissance pour l’industrie alimentaire française » a souligné Jean-Philippe Girard, Président de l’Ania (Association nationale des Industries Alimentaires, le 29 mars 2016, lors de la présentation à la presse du bilan économique 2015 du secteur.

 

Le secteur agroalimentaire reste un acteur majeur en France, en Europe et dans le Monde. Fort de ses 16 218 entreprises, constituées à 98 % de TPE-PME, il a dégagé l’année dernière un chiffre d’affaires de 170 milliards d’euros, réalisé pour 21 % à l’export. Des chiffres qui placent l’industrie agroalimentaire française derrière les trois premiers exportateurs mondiaux (USA, Allemagne, Pays-Bas), mais qui cachent un essoufflement du secteur.

 

Le Président de l’Ania s’est d’ailleurs montré inquiet face à la baisse continue des marges des entreprises agroalimentaires depuis 2000, et au plus bas depuis 1974 malgré des facteurs externes favorables, alors que les autres secteurs industriels voient leur rentabilité progresser depuis trois ans. La guerre des prix que se livrent les enseignes de la grande distribution engendre une destruction de valeur qui ne stimule pas la consommation. Elle paralyse aussi les entreprises agroalimentaires qui, par manque de visibilité, décalent leurs investissements et leurs recrutements.

 

« Il faut recréer un autre état d’esprit entre l’agriculture, l’industrie et la distribution. Notre avenir est lié »  a-t-il déclaré. Cette évolution des comportements doit se combiner avec le respect de la loi et son évolution, afin de construire un prix « juste ». Dans l’attente des résultats de l’audit sur l’impact de la loi LME, commandé par le ministre de l’Economie E. Macron, Jean-Philippe Girard a estimé que la grande distribution devait prendre ses responsabilités afin de permettre aux entreprises de redresser leurs marges et de retrouver de l’oxygène, d’ici octobre.  « 2016 va être une année clé pour construire une autre relation » a-t-il précisé.

 

Pour faire gagner la première industrie de France et ne pas laisser au point mort, l’Ania suggère : une ambition européenne et internationale conquérante reposant sur l’union des acteurs ; une vision économique, sociale et sociétale cohérente sur le long terme avec un Etat facilitateur, partenaire de sa première industrie ; une logique de filière réaffirmée et pérenne dans un contexte de compétition mondialisée.