Meunerie : Nouvelles AmbitionsPublié le 17 juin 2016 par Isabelle DELOURME

meunerie anmfLe rôle des industriels de la meunerie dans l’activité nationale et régionale n’est pas assez connu. C’est fort de ce constat que Lionel Deloingce, Président de l’Association Nationale de la Meunerie Française (ANMF) a présenté à la presse le 16 juin 2016 le programme « Meunerie : Nouvelles Ambitions ».

 

 

Cette organisation professionnelle qui regroupe 94 % des meuniers français a donc identifié trois axes de travail pour redonner à la meunerie « une identité plus forte et une légitimité unique, au sein de la filière céréalière et du secteur agroalimentaire français ». Ce programme entend encourager les entreprises à investir pour optimiser la production et la logistique, à développer la R&D et l’innovation et également à se valoriser en communiquant davantage notamment auprès du grand public.

 

Deuxième producteur européen de farine, derrière l’Allemagne (voir la note publiée par saf agr’iDées en 2014 https://www.safagridees.com/publication/france-allemagne-forces-et-faiblesses-de-lagriculture-et-agro-industrie/)  et dixième mondial, la meunerie française fait face depuis cinq ans à une érosion de ses parts de marché. En cause : une baisse de la consommation intérieure, une augmentation des importations de farine (essentiellement en provenance d’Allemagne- 175 000 t en 2011/286 000 t en 2015) et une nette baisse de l’export (forte concurrence de la Turquie).

 

Sur le marché national, la « taxe farine » est mise en cause et l’ANMF demande sa suppression. Destinée à abonder le budget de la MSA, cette taxe qui s’élève à 15,24 €/tonne de farine commercialisée sur le marché intérieur, représente l’équivalent de l’EBE de la meunerie (environ 62 millions d’euros/an). « Elle pose des problèmes de distorsion de concurrence » a souligné Bernard Valluis, Président délégué de l’ANMF. Il a expliqué que les produits manufacturés introduits en France n’y sont pas soumis et que le mode déclaratif laisse planer des doutes, compte tenu du doublement des introductions de farine dans les cinq dernières années.

 

A l’export, la Turquie a pris des parts de marché à l’UE et aux USA, en raison d’un prix de la farine extrêmement compétitif. Le système de subventions turc associé à des importations sans droit de douane aurait fait l’objet d’une plainte à Genève des producteurs de blé américains. En dépit des demandes de la meunerie française, l’Union européenne n’a pas souhaité pour l’instant aller dans le même sens, au grand regret des meuniers français.