Miser sur les énergies renouvelables pour décarboner l’économiePublié le 1 décembre 2015 par Marie-Cécile DAMAVE

L’énergie est au cœur des enjeux climatiques. Ce secteur est en effet responsable de 35% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, 33% dans l’Union européenne (UE), et 18% pour la France (un chiffre bien plus faible que les deux précédents en raison de la part du nucléaire dans le bouquet énergétique national). De nombreux acteurs économiques et politiques sont donc mobilisés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de ce secteur en diminuant la dépendance aux énergies fossiles, en augmentant la part des énergies renouvelables, et améliorant l’efficacité énergétique. C’est dans ce contexte qu’a été officiellement lancée le 30 novembre à Paris, en marge de la COP21, l’initiative « Mission Innovation » qui vise à « accélérer la révolution vers une énergie propre », et où 20 pays sont impliqués, dont la France. Plusieurs partenaires privés dont le milliardaire Bill Gates lancent également la « Breakthrough Energy Coalition » (littéralement, « Coalition pour une énergie de rupture »), qui finance des transferts d’innovation pour la production d’énergies propres.

 

Le 23 novembre, à quelques jours de l’ouverture de la COP21, le décret définissant la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) pour le climat de la France a été publié au journal officiel. Remarquons que la SNBC est en ligne avec la politique énergétique de l’UE, débattue le 24 novembre dernier au Parlement européen après publication de l’Etat de l’Union de l’énergie : un de ses piliers est la décarbonisation de l’économie. « La SNBC définit la marche à suivre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Elle met en œuvre la transition vers une économie bas-carbone », indique le site du gouvernement. La SNBC fixe un objectif de réduction de l’empreinte carbone nationale et par secteur, et permet de mobiliser des financements publics et privés pour la transition énergétique. La SNBC a pour objectif une baisse de 12% des émissions entre 2013 et 2028 pour le secteur agricole « grâce à la mise en œuvre du projet agroécologique : méthanisation, couverture des sols, maintien des prairies, développement de l’agroforesterie et optimisation de l’usage des intrants » précise le document.

 

IMG_1851Ce sont précisément ces différents axes qui ont été développés lors de notre agr’iDay « agriculture et bioéconomie, des solutions pour le climat » du 18 novembre 2015, dans la table ronde intitulée « agriculture, des productions et des ressources » et dans la session « compatibilité entre productivité et enjeux climatiques ». Cependant, les contributions de l’agriculture à atténuer le changement climatique ne se bornent pas au champ. Le secteur des terres (agriculture et forêt) est en effet intégré dans la bioéconomie, qui permet de substituer au carbone fossile du carbone renouvelable, et ainsi « défossiliser » l’économie, grâce au carbone organique. C’était l’objet de la session « mobilisation des acteurs à travers le monde », et de la table ronde « valorisation du carbone biosourcé par la bioéconomie » de l’agr’iDay.