NATEXPO 2018 : La Bio se démultipliePublié le 26 septembre 2018 par Yves LE MORVAN

Le salon professionnel NATEXPO, salon international des produits biologiques, vient de se tenir du 23 au 24 septembre 2018 pour la première fois à Lyon. 700 exposants, dont 20% d’internationaux, y ont mis en valeur leurs produits ou services en alimentation et vins, mais aussi en diététique, ingrédients, cosmétique, hygiène, produits et services pour la maison, équipements pour les magasins. Un salon  qui correspond à la forte dynamique des filières bio, notamment dans la région Rhône Alpes Auvergne qui est la deuxième en France en terme de nombre de producteurs engagés dans les filières biologiques, et la première en nombre de transformateurs en bio.

 

Quoi de neuf dans la bio ?

 

Tout d’abord la lame de fond de la consommation continue sa progression. En 2017 la consommation alimentaire de produits bio a atteint le chiffre de 8,3 milliards d’€, soit + 17%. En attente des données pour 2018, il est cependant certain que la croissance demeurera  forte. Les consommateurs en veulent toujours plus, sur la base des vertus accordées au bio (Environnement, santé, qualités nutritionnelles).

 

En matière de distribution, la compétition est frontale entre la GMS classique qui, bien qu’étant un acteur historique et le leader, fait aujourd’hui de la bio sa nouvelle frontière (Carrefour, Leclerc…). L’année 2017 a permis à la GMS d’enregistrer une croissance supérieure à 20%. Le digital, le e-commerce, le drive propulsent les ventes. A noter que les MDD y ont une part plus importante en bio qu’en conventionnel. La distribution spécialisée cherche à répondre par les valeurs (commerce équitable, proximité), les techniques de vente (vrac), et également l’ouverture de nouveaux m2. Pour arbitrer ce duel il ne faut surtout pas oublier le développement buissonnant d’une offre locale de magasins de producteurs, drives fermiers, Amap…

Du côté de la production, une bonne nouvelle, le nombre de producteurs engagés s’accroit sensiblement. Selon des chiffres encore officieux, 4.300 nouveaux producteurs se seraient enregistrés lors du seul 1er semestre 2018. C’est plus que le record conjoint des années 2016 et 2017 où l’augmentation sur le même semestre avait été de 3.600 producteurs. Pour rappel il y avait au total 36.600 agriculteurs engagés en bio à la fin 2017. C’est notamment une bonne nouvelle pour deux raisons, d’une part les importations en bio atteignant 31% du chiffre d’affaires total il serait dommage que la croissance de la consommation ne s’appuie pas sur la production nationale, et d’autre part ces nouveaux engagés émanent pour bonne partie du secteur des grandes cultures qui jusqu’ici n’atteignait pas le niveau auquel il peut prétendre.

 

Enfin du côté des tendances, tant de l’offre que de la consommation, deux faits importants. L’un majeur, le local. Bio et local sont de plus en plus liés, voire superposés. Il s’agit d’un souhait de réassurance, de proximité sociétale, d’économie circulaire, de qualité. Le sourcing constitue donc un enjeu maximal, aux producteurs bio de s’organiser pour construire l’offre ! L’autre, à suivre de près, le vegan. Un signe qui ne trompe pas, parmi les « Trophées d’or » des innovations bio de Natexpo 2018 des produits vegan, par exemple en produit frais MAYONNALG (Algue Service), une alternative 100% végétale aux algues, à la mayonnaise. Ou encore en catégorie boissons BRAZILNUT DRINK (The Bridge), une boisson vegan de Noix du Brésil. Dans le sillage de la mise en valeur tous azimuts des protéines végétales, le vegan, qui plus est bio, ne sera pas un effet de mode.

 

La bio poursuit son fort développement. Pour ce faire elle utilise deux leviers, la segmentation interne, et l’association externe avec d’autres tendances proches. Avec toujours l’ambition mais aussi la nécessité de construire de la valeur.

 

Pour en savoir plus : “La résilience des filières bio“, note, mars 2018.