Phosphates : risques sur l’indépendancePublié le 9 novembre 2018 par Isabelle DELOURME

A quelques semaines  de la réunion du trilogue agricole du 22 novembre 2018, l’UNIFA[1]  s’inquiète de la décision qui pourrait être prise concernant le nouveau règlement européen d’harmonisation des matières fertilisantes. « Il va conditionner l’avenir des échanges commerciaux dans les différents Etats-membres en 2019 » a expliqué Florence Nys, déléguée générale de l’Unifa le 6 novembre 2018. En fonction du texte qui sera adopté ou repoussé pour une discussion dans le cadre de la prochaine Commission européenne. La question de l’abaissement du taux maximal de cadmium dans les engrais phosphatés, (actuellement 90 mg) à 60 -40 mg ou même 20 mg (comme le propose le Parlement européen), conditionne une réorientation du sourcing. Aujourd’hui les phosphates marocains (principal producteur de l’UE), israéliens, ou tunisiens peuvent passer la barre des 60 mg. « Mais à 20 mg, il n’y a plus aucune source de phosphate autre que l’origine russe » précise Florence Nys, soulignant la question de l’indépendance. La profession accepte le seuil de 60 mg (position adoptée par le Conseil (Commission + Etats membres) sous réserve de garder des possibilités de sourcing, et de multiplier le nombre d’études pour approcher de nouvelles technologies permettant d’abaisser la teneur en cadmium dans la roche phosphatée.

 

 

[1] L’Unifa), organisation professionnelle représentative de la fertilisation compte 50 adhérents de la PME à la multinationale, réprésentant 96 % de la production française de fertilisants et 78 % des livraisons. Elle compte désormais deux nouvelles sections : biostimulants et fertilisants organo-minéraux et organiques. Les acteurs de la fertilisation ont dégagé un chiffre d’affaires de 2,1 milliards d’euros en 2017 (ventes en France et à l’export), tout en employant 4000 personnes directement et en générant 12 000 emplois indirects.