Pour une Europe protectrice, concurrentielle, équitable, durable, influentePublié le 6 mai 2019 par Isabelle DELOURME

Dans la perspective de la réunion des dirigeants des 27 Etats membres de l’Union, le 9 mai 2019 à Sibiu, en Roumanie, la Commission européenne a présenté le 30 avril 2019 des recommandations stratégiques portant sur la manière dont l’Europe pourra façonner son avenir dans un monde de plus en plus multipolaire et incertain.

Ces recommandations s’inscrivent également dans un contexte pré-électoral. Les élections au Parlement européen se tiendront du 23 au 26 mai 2019 et installeront un changement politique à la tête des institutions de l’UE. L’occasion également pour la Commission européenne de faire un bilan et de souligner que dans 90 % des cas les propositions qu’elle a présentées lors de son mandat (471) ou repris celles présentées par la Commission précédente (47) ont été approuvées par le Conseil de ministres.

D’après l’avis de la Commission européenne, les actions futures de l’UE pour la période 2019-2024 devraient s’articuler autour de 5 axes, à savoir une Europe protectrice, concurrentielle, équitable, durable, influente.

En voici le détail, tel que communiqué par la Commission européenne le 30 avril 2019 :

« Une Europe protectrice : il nous faut poursuivre nos efforts en vue de construire une véritable union européenne de la sécurité qui soit effective et de progresser vers une véritable union européenne de la défende pour que la coopération en matière de défense au sein de l’UE devienne la norme, et non l’exception. Nous devons adopter une démarche plus proactive en ce qui concerne la migration. Une action globale à tous les niveaux et une véritable approche européenne fondée sur le partage des responsabilités et sur la solidarité entre les Etats membres sont nécessaires à cette fin.

Une Europe concurrentielle : nous devons améliorer, moderniser et mettre pleinement en œuvre toutes les dimensions du marché unique. La recherche et l’innovation devront se concentrer sur les transitions écologique, sociale et économique et sur les défis sociétaux qui s’y rattachent. Nous devons investir dans les principales capacités numériques européennes et collaborer afin de promouvoir l’intelligence artificielle «made in Europe» et centrée sur l’humain. Nous devons continuer à encourager la croissance et à garantir une prospérité durable en approfondissant l’Union économique et monétaire. Et nous devons continuer de soutenir la transformation du marché du travail européen tout en garantissant son caractère équitable.

Une Europe équitable : nous devons concrétiser le socle européen des droits sociaux. Il nous faut également œuvrer avec les États membres à la réalisation des objectifs d’inclusion et d’égalité sociales, notamment en corrigeant les disparités régionales, en répondant aux besoins des minorités, en examinant les questions de genre et en relevant le défi du vieillissement de la population. Nous devons défendre et promouvoir résolument les valeurs communes qui sont le fondement de l’Union européenne, telles que l’état de droit. Nous avons besoin d’une politique fiscale juste et moderne, ainsi que de soins de santé de qualité, abordables et accessibles, et d’un accès à des logements de qualité, économes en énergie et abordables pour tous en Europe.

Une Europe durable : nous devons moderniser notre économie afin d’adopter des modes de consommation et de production durables. Nous devons intensifier la lutte contre le changement climatique, et inverser la dégradation de l’environnement. Nous devons passer à une économie circulaire plus économe en ressources en promouvant la croissance verte, la bioéconomie et les innovations durables. Nous devons en outre tirer le meilleur parti du potentiel de l’union de l’énergie en relevant les défis majeurs qui subsistent, notamment en ce qui concerne la sécurité énergétique, les coûts de l’énergie pour les ménages et les entreprises et l’incidence sur le changement climatique.

Une Europe influente : l’Europe doit montrer au monde la voie à suivre en encourageant résolument et de façon cohérente un ordre mondial multilatéral fondé sur des règles, avec comme élément central les Nations unies. L’UE devrait également chercher en priorité à développer des relations solides avec ses voisins proches, fondées sur un équilibre clair des droits et des obligations. La consolidation du rôle de l’euro au niveau international renforcerait également la souveraineté économique et monétaire de l’Europe ».

 

Autant d’éléments de réflexion apportés aux dirigeants de l’UE, pour le conseil européen informel de Sibiu, le 9 mai 2019, au cours duquel ils procéderont à un échange de vue sur l’avenir stratégique de l’UE pour les cinq prochaines années.