Prix des terres et prés en 2018 : un marché dynamique, des prix stablesPublié le 24 mai 2019 par Jean-Baptiste MILLARD

Fruit d’un travail commun entre les SAFER, Terre d’Europe-Scafr et les services régionaux et centraux du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, l’Analyse des marchés fonciers ruraux 2018 vient de paraître. Elle met en évidence une forte activité sur ces marchés qui ne connaissent toutefois pas de flambée des prix.      

L’année 2018 aura été marquée par une activité très dynamique sur l’ensemble des marchés fonciers ruraux et un record pour les transactions sur le marché des terres et prés, tant en nombre (90 810 transactions, + 5,3 % par rapport à 2017) qu’en valeur (4,9 Milliards d’euros, + 5,4 %). C’est donc 404 400 ha (+ 6,1 %) qui auront changé de mains en 2018. Le marché des terres louées est également au plus haut (205 100 ha), tiré notamment par l’achat des fermiers désireux de sécuriser le foncier qu’ils mettent en valeur, en particulier dans le quart nord-est de la France, et alimenté par la forte vague de départ à la retraite.

 

Ce dynamisme n’a toutefois pas entraîné de flambée des prix puisque le marché des terres et prés libres est resté stable à 5 990 euros/ha (+ 0,1 %), en dépit de la remontée des revenus agricoles sur l’année 2018 et la persistance de taux d’intérêts faibles. Les prix n’ayant pas augmenté sur l’année 2017, on se situe donc actuellement sur un plateau, qui cache toutefois des disparités selon les secteurs d’activité. Là où les terres de grandes cultures connaissent une augmentation de 1,8 % et s’établissent à une moyenne de 7540 €/ha, les terres d’élevage voient leur prix diminuer de 2 % à 4580 €/ha. Quant au marché des terres et prés loués, il enregistre sa plus faible progression en prix depuis 1997, avec une augmentation de 1,1 % et un prix moyen de l’hectare qui s’établit à 4 740 euros.

 

Sur le marché des terres et prés ici présenté, le dynamisme des transactions de parts sociales de sociétés détenant du foncier agricole ne se dément pas. Celui-ci est en constante progression depuis 2016, année depuis laquelle il existe une obligation d’information de ces transactions auprès des SAFER. L’appréhension de ce marché est plus complexe car le transfert total ou partiel de parts sociales de sociétés ne correspond pas qu’au foncier porté à leur bilan, mais également aux autres éléments corporels et incorporels qui peuvent y figurer.

Un point semble toutefois clairement ressortir : le poids limité pour ne pas dire anecdotique des étrangers sur le marché des parts sociales. Présents dans 86 acquisitions et représentant 1,2 % du total, ces étrangers acquéreurs sont avant tout des européens (76 %, pour 97 % de la valeur totale).

 

Croisées avec l’enquête structure 2016 du Ministère de l’agriculture paru en juin 2018, les évolutions observées sur le marché du foncier agricole confirment les positions prises par le think tank depuis début 2016, réfutant l’idée d’un « accaparement des terres agricoles » par des acteurs étrangers en France.

Nous assistons à un phénomène de concentration des exploitations françaises, qui pose d’autres questions et dont il convient de réguler les seuls excès par des mesures simples et efficaces dans le cadre de la loi  foncière promise par le Ministre de l’agriculture.

 

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Les principaux chiffres de l’Analyse des marchés fonciers ruraux 2018 :

  • Terres et prés libres : + 0,1 % à 5 990 euros/ha
  • Terres et prés loués : + 1,1 % à 4 740 euros/ha
  • Forêts : + 3,5 % à 4 250 euros/ha
  • Vignes AOP : + 2,4 % à 147 300 euros/ha
  • Vignes à eaux-de-vie AOP : + 3,8 % à 48 700 euros/ha
  • Vignes hors AOP : + 2,3 % à 14 200 euros/ha
  • Terrains constructibles de moins de 1 ha acquis par des particuliers : + 1,5 % à 71 200 euros le lot
  • Maisons à la campagne : + 2,1 % à 168 200 euros le lot

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