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22 janvier 2021

Point de vue

2020, un mal pour un bien

Un mal pour un bien diront certains, tant il est vrai qu’au-delà de la crise sanitaire, sociale et économique qui nous frappe, 2020 marque un virage peut-être salvateur pour l’avenir de l’humanité : coup d’arrêt dans l’émancipation d’un capitalisme et d’une mondialisation non maîtrisés depuis bien trop d’années, volonté politique de réindustrialiser l’Europe, la France et de relocaliser certaines filières stratégiques (santé, alimentation, transport, textile, etc.), prise de conscience écologique, volonté croissante de donner sens et pouvoir à notre argent, etc.

Pour celles et ceux que j’ai eu l’honneur de rencontrer, vous connaissez mon attachement et mon engagement pour la transition agricole et l’usage de notre épargne. Les beaux discours et les promesses ne sont plus audibles. Nos boycotts, nos pétitions et autres conventions citoyennes ne suffisent plus… Eviter nos déplacements carbonés, consommer de manière responsable et locale, prendre soin de la nature et du vivant, cette transition citoyenne de bon sens n’est rien si nous ne donnons pas un autre pouvoir à notre épargne. Par notre épargne, nous avons collectivement la responsabilité de devenir des acteurs puissants et engagés pour une plus grande justice sociale, financer la transition écologique et prendre part aux défis de l’humanité.

Parmi les nombreux secteurs à soutenir, l’agriculture, en ce qu’elle réunit l’ensemble des grands enjeux de notre siècle (santé, alimentation, climat, environnement) et en ce qu’elle est historiquement chère à notre pays, fait figure de proue. Sur le seul sujet du climat, l’agriculture et les agriculteurs vont contribuer à l’atténuation des changements par la conservation, la fixation et la substitution du carbone mais également en créant des systèmes agricoles en mesure d’amortir les épisodes climatiques extrêmes. Le bon usage de notre épargne est désormais notre responsabilité face à l’histoire.

2020 aura donc rappelé à tous le rôle central de l’agriculture et permis un changement de regard sur ce secteur millénaire. C’est donc sans surprise que nous avons battu des records, avec désormais 40 millions d’euros de financement exclusivement orientés vers l’agriculture.


Florian Breton

8 janvier 2021

Analyses

Principales dispositions des lois de finances et de sécurité sociale pour 2021

Patrick Van Damme, expert-comptable, Directeur d’AS 76 et vice président d’agridées revient sur les principaux dispositifs adoptés dans le cadre des lois de finances et de financement de la sécurité sociale pour 2021 et plus particulièrement ceux ayant trait au secteur agricole…


Patrick VAN DAMME

8 janvier 2021

Point de vue

Une décennie de défis et d’opportunités s’ouvre à nous !

C’est sans état d’âme que je vous propose d’aborder cette nouvelle année 2021, même si un certain nombre de signaux sont identiques au démarrage de […]


Damien BONDUELLE

18 décembre 2020

Point de vue

2030 commence maintenant !

Alors que nous entrons de plain-pied dans une nouvelle décennie, nombreuses sont les politiques, qu’elles soient nationales, européennes, ou internationales[1] à s’être fixées l’année 2030 comme point d’étape ou d’arrivée avec des objectifs élévés.

Tel est notamment le cas de la politique climatique et de la future « Loi Climat ». A l’occasion du Conseil européen des 10 et 11 décembre derniers, les chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé de fixer l’objectif de réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport à 1990, afin d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Ils ont ainsi durci sensiblement le précédent objectif qui avait été fixé à 40 % de réduction. Concrètement, il convient dès à présent de doubler annuellement les efforts de réduction réalisés sur la période 2005-2019.

A cet objectif ambitieux qui impactera tous les secteurs économiques, le secteur agricole s’est vu  proposer en mai dernier d’autres buts à atteindre pour 2030 à travers les stratégies européennes « De la ferme à la fourchette » et « Biodiversité », deux des onze composantes du Pacte vert permettant d’assurer la durabilité de nos systèmes agricoles et alimentaires. Ainsi pour la fin de cette décennie, il faudrait avoir réduit de 50 % l’utilisation des pesticides, d’au moins 20 % l’utilisation d’engrais, de 50 % les ventes d’antimicrobiens utilisés pour les animaux d’élevage et l’aquaculture. 25 % des terres agricoles de l’UE devraient être en agriculture biologique. Si nous ne prenons que ce dernier objectif, en 2019 la surface agricole française en bio était de 8,5 %. Il faudrait donc dans la décennie qui s’ouvre tripler les surfaces jusqu’à présent converties à ce mode de production !

La question n’est pas ici de critiquer la pertinence de ces objectifs mais de s’interroger sur la capacité des acteurs à les atteindre avec les moyens dont ils disposent aujourd’hui. Face à un certain nombre d’injonctions contradictoires reçues par les agriculteurs, l’observateur peine à trouver de la cohérence entre la fin et les moyens. C’est pourtant de cette cohérence dont dépend le succès des politiques mises en place.

Les trajectoires climatiques ou environnementales sont à présent perçues comme très ambitieuses. Pour autant 2021-2030 ne peut être la décennie du renoncement ou de l’atermoiement. Elle sera donc celle de l’action collective pour que l’ensemble de nos entreprises agricoles deviennent durables.

Certes, il existe un risque que les marches soient si difficiles à gravir qu’au final le sommet ne soit jamais atteint, que la montée se fasse à marche forcée ou que l’on décide tout simplement de rebrousser chemin. Ces scénarios ne seront évités que si l’ensemble des acteurs économiques transforment les contraintes imposées en opportunités.

Réseau multi-acteurs, lieu d’échanges, d’analyses et de réflexions, agridées entend prendre toute sa part dans l’accompagnement des chefs d’entreprise agricole et des décideurs de nos secteurs pour trouver les solutions qui seront nécessairement combinatoires, leur permettant de réaliser, chaque jour, les petits pas qui les mèneront aux cimes de 2030.

[1] Citons l’Agenda 2030, dans le cadre duquel les 17 objectifs de développement durable adoptés en 2015 par les  États membres de l’Organisation des Nations Unies doivent être atteints en 2030.


Jean-Baptiste Millard

11 décembre 2020

Point de vue

Clap de fin pour la Ferme des 1000 vaches 

Je suis triste et déçu quand je lis dans la presse l’arrêt définitif de la Ferme des 1000 vaches. Cette décision, sans en connaître officiellement […]


Damien BONDUELLE

4 décembre 2020

La Revue agridées

Numéro 243 : L’Entreprise agricole face au défi climatique

Sommaire numéro 243 – Décembre 2020   EDITORIAL P 3 Un défi sous conditions – Damien Bonduelle – président d’agridées   ALIMENTATION P 5 Flexitarisme : […]


agriDées

4 décembre 2020

Point de vue

Construire ensemble un écosystème européen de l’AgTech

Depuis plusieurs années, agridées s’engage dans la construction un écosystème européen de l’AgTech en connectant les acteurs français de la production et de la recherche de solutions technologiques innovantes avec leurs homologues européens (startups, grands groupes, organisations publiques).
Déjà en 2016, nous organisions un agriday en partenariat avec l’ambassade de Grande-Bretagne sur le thème « Fermes du futur : big data et agriculture de précision ». En 2018, nous avons accueilli une rencontre B2B avec des entreprises israéliennes de l’AgTech. En 2019, nous avons orchestré une conférence internationale avec AXEMA au Salon International du Machinisme Agricole sur l’ « Agriculture augmentée, une réalité aujourd’hui et demain » et mis en place une rencontre France-Allemagne avec des acteurs de l’agriculture de précision avec le soutien du land allemand de Rhénanie-Palatinat.
Enfin, malgré les conditions si particulières de cette année 2020 qui s’achève, nous avons poursuivi nos efforts. Nous nous sommes engagés auprès de l’ambassade des Pays-Bas dans une étude sur les opportunités de collaboration entre sociétés françaises et néerlandaises et auprès d’InVivo Quest, ce challenge d’innovation en quête d’acteurs porteurs de solutions pour l’agriculture de demain.
En tant que think tank indépendant et ouvert sur le monde, notre vision est résolument européenne. Nous sommes convaincus que les chefs d’entreprise agricoles ne parviendront pas à relever les défis globaux du 21eme siècle (pressions climatiques et sanitaires, transitions agricole, alimentaire et industrielle, basculement géopolitique) sans les innovations technologiques et sans leurs partenaires européens.
C’est dans cet esprit que s’inscrira notre future Note issue des réflexions du groupe de travail « Quels outils numériques de traçabilité dans la chaîne de valeur agroalimentaire ? » à paraître en 2021.


Marie-Cécile Damave

19 novembre 2020

Point de vue

Le « produire autrement » a un prix, y compris dans les épinards !

Il est des conséquences à la réduction des pesticides qui doivent être bien comprises et acceptées par tous les acteurs de la chaîne alimentaire, à commencer par le consommateur, ce qui ne semble pas toujours être le cas.
En effet, s’il est parfaitement légitime que ce dernier ait accès à des produits sains, la volonté de réduction importante de l’utilisation des pesticides décidée par le législateur entraîne des conséquences qui ne doivent pas demeurer invisibles.
En tant que producteur d’épinards, je prendrai deux exemples récemment vécus.
Le printemps dernier, plusieurs dizaines d’hectares de mes collègues n’ont pu être récoltés pour cause de présence sur les feuilles de larves de syrphes (auxiliaires de culture qui sont particulièrement intéressants pour réguler les populations de pucerons). Toutefois, puisqu’une larve d’insecte n’est jamais très agréable à voir dans son assiette, le consommateur a-t-il conscience que l’impossibilité de supprimer chimiquement cette larve entraine un tel gaspillage au champ ?
Cet automne, c’est avec angoisse que j’ai vu se développer des repousses de petits pois dans mes champs d’épinards. Le seul moyen de lutte possible est le recours à la main d’œuvre pour éliminer manuellement ces repousses, faute de solution chimique autorisée. Les coûts de production ont donc explosé sans répercussion sur le prix de vente ne permettant pas de sauver toute la récolte. Un tiers de la parcelle a dû être abandonnée, là encore synonyme de gaspillage au champ.
Ces deux exemples, parmi tant d’autres, nous montrent toute la difficulté pour les producteurs de répondre aux attentes du consommateur final – qui s’est façonné un idéal de produits beaux, parfaits et, de surcroît, bon marché – tout en se passant de la chimie.
Pour aider le producteur à poursuivre dans la voie d’une diminution des produits phytosanitaires au champ, l’accès à la main d’œuvre devra être facilité, la machine du fabricant de matériel agricole perfectionnée, le cahier des charges de l’industriel adapté et l’information du distributeur auprès de ses clients-consommateurs éclairée. Un beau projet de filière !


Marcel Lejosne

29 octobre 2020

Notes

Flexitarisme : une opportunité pour la chaîne alimentaire ? Y. Le Morvan et B. Valluis

Le flexitarisme alimentaire est un véritable OVNI dans le ciel encombré des tendances de
consommation alimentaire.


Yves LE MORVAN

29 octobre 2020

Point de vue

Flexitarisme, vers la transition alimentaire

Composé de l’association de « flexible » et de « végétarisme », le flexitarisme ne se concrétise pas dans un régime « sans » ou dans une diète fondée sur l’exclusion, c’est une trajectoire. En outre, le flexitarisme constitue un point de convergence de très nombreuses évolutions d’ordre sociologique ou sociétal. C’est un concept agglutinant.
Néanmoins le phénomène existe si bien que, par l’assiette, on peut vouloir plus : changer le monde ! Dès lors, il s’agit moins d’ausculter une tendance déjà connue – la baisse de la consommation individuelle de viande depuis le début du siècle – que d’éclairer les interactions en jeu, de débattre des principaux arguments, d’analyser les choix stratégiques et de montrer à quel point la transition alimentaire est déjà à l’œuvre.
Cette transition peut constituer une opportunité pour les entreprises agricoles et toute la chaîne alimentaire. Les évolutions et innovations des pratiques agricoles s’imbriquent dans la transformation des filières alimentaires et l’offre aux consommateurs. L’association végétal/animal pourrait être ainsi revitalisée sur tous les plans, agricoles et alimentaires. À condition que les règles du jeu soient claires et transparentes et que la construction de valeur s’opère sur les vertus propres à chacune des offres.
Le think tank agridées publie en ce sens aujourd’hui sa nouvelle Note « Flexitarisme : une opportunité pour la chaîne alimentaire ? » et diffuse à cette occasion ses 7 propositions sur les volets « étiquetage européen », « promotion/communication » et enfin « Financement des acteurs économiques ».

Bonne lecture !


Yves LE MORVAN

22 octobre 2020

Tribunes

Le flexitarisme, l’OVNI de la consommation alimentaire

Le flexitarisme, mot-valise associant flexible et végétarisme, agrège en réalité plusieurs tendances de consommation connues. Il les rassemble autour d’une question qui lui est propre : « Modérer sa propre consommation de viande, pourquoi et comment ? ». Article d’Yves Le Morvan paru dans le numéro 242 (septembre 2020) de La Revue agridées page 5.


Yves LE MORVAN

9 octobre 2020

Points clés

Points clés de la Conférence-débat “Entreprise agricole et défi climatique

Agridées a engagé une réflexion sur les outils et leviers permettant aux chefs d’entreprise agricole de relever ce double défi du siècle, qui consiste à lutter contre le changement climatique et à s’y adapter.

Retrouvez les points clés et le replay de la conférence-débat “Entreprise agricole et défi climatique” organisée mardi 29 septembre 2020  à l’occasion de son AG, avec la participation notamment de Christian de Perthuis et Stéphane Le Foll,  sur notre chaine YouTube ! 


agriDées

9 octobre 2020

Point de vue

Quand le temps long est talonné par l’actualité

Lors de son intervention en introduction de la conférence organisée par agridées sur le thème « Entreprise agricole et défi climatique », Christian de Perthuis a bien indiqué qu’en matière climatique nous étions « sur le temps long ».
Précisément, dans le domaine agricole, nous nous situons sur des échéances à long terme, surtout lorsqu’il faut adapter de nouvelles pratiques innovantes, que ce soit dans le domaine de l’élevage, de la production végétale ou d’investissements de toute nature.
Bon nombre de témoignages recueillis lors de notre débat du 29 septembre dernier, toujours basés sur des expériences de terrain, nous l’ont prouvé. Saluons la patience et l’entêtement des acteurs impliqués dans ces processus de changement, nous prouvant au passage que cela en vaut la peine. Ces parcours de femmes et d’hommes, chefs d’entreprises agricoles, sont des exemples qui doivent être mis en avant et partagés.
En conclusion des échanges, l’ancien ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a remis l’accent sur les outils destinés à accompagner ces transitions et a encouragé les acteurs concernés à plus de convergences vers cet objectif commun de réduire coûte que coûte notre impact carbone.
Et c’est bien dans ce sens que toutes les structures de nos secteurs doivent œuvrer pour mieux faire connaître et coordonner les actions concrètes, pour un résultat qui ne sera visible que sur le très long terme.
Il est certes difficile de faire un lien direct entre les intempéries dévastatrices que nous venons de connaitre et le dérèglement climatique. Il n’en demeure pas moins que les pluies extrêmes et les vagues de chaleur ont déjà augmenté en intensité. Ces événements douloureux doivent justement nous rendre attentifs aux adaptations nécessaires et prioritaires.
Cherchons à consacrer nos actions à cette priorité. Faisons converger nos travaux vers ces objectifs communs, et poussons nos représentants politiques français et européens à œuvrer dans le même sens.
Agridées prendra sa part, en lançant prochainement deux groupes de travail sur ces sujets à la fois terriblement d’actualité et incontestablement de long terme.


Damien BONDUELLE

1 octobre 2020

Analyses

Quels leviers pour rendre “One Health” plus opérationnel ?

Le « Sommet One Health » s’est tenu le 22 septembre 2020 à Paris en format semi-digital. Cet événement était parrainé par le député LREM Jean-Baptiste Moreau, organisé avec le soutien de MSD Santé Animale et animé par agridées. Il a réuni 25 intervenants représentant les organismes publics et privés français, européens et internationaux impliqués dans ce concept de santé globale ainsi que les acteurs des mondes de la santé humaine, animale et environnementale.


Marie-Cécile Damave

29 septembre 2020

Etudes et Rapports

Rapport d’activité 2019

L’année 2019 d’Agridées, « ante Covid », a été riche, originale et proche des grands débats qui touchent l’agriculture française dans son contexte européen. Le présent rapport d’activité en témoigne….


agriDées

25 septembre 2020

Point de vue

Participer à la connaissance est plus que jamais notre fil conducteur !

Nos agricultures doivent continuer à relever les défis d’une consommation aux exigences sans cesse renouvelées, mais dorénavant largement consensuelles. Nos agricultures, toujours aussi performantes, voient […]


Gerard MATHERON

23 septembre 2020

La Revue agridées

Numéro 242 – Repenser la logistique

Retrouvez le numéro de septembre 2020 -242 avec son dossier “Repenser la logistique”


agriDées

4 septembre 2020

Point de vue

A propos de la main-d’œuvre détachée en agriculture en particulier, et de la motivation à y travailler, en général

L’épisode de confinement et de fermeture des frontières dû au Covid 19 a permis à de nombreux consommateurs de prendre conscience de l’existence et du rôle crucial des travailleurs agricoles. Cette « armée de l’ombre de l’agriculture », pour reprendre l’expression du Ministre de l’agriculture de l’époque, est devenue subitement et cruellement manquante bien qu’indispensable pour nourrir la population. On se souvient aussi de la difficulté à garder et à motiver les travailleurs agricoles parfois bénévoles et souvent improvisés, venant prêter main forte aux agriculteurs.

Le 13 août dernier, Willam Plummer signait un article dans Le Figaro à propos de la surveillance particulière des services de l’Etat sur le travail détaché* dans différents domaines professionnels et notamment en agriculture, ayant amené, écrit-il, les entreprises à respecter l’équivalence de traitement entre ces travailleurs étrangers et les citoyens français. Pour avoir pratiqué l’emploi de travailleurs étrangers sur une exploitation agricole à forte utilisation de main-d’œuvre, je ne me souviens pas avoir bénéficié de coûts horaires plus bas que pour les salariés permanents et locaux, la législation étant parfaitement claire sur cette obligation de rémunérer le personnel sur les mêmes bases. Par contre, la motivation au travail et la productivité constatée me motivait pour ce type de recrutement, sachant que la différence de coût, issue d’une utilisation d’heures majorées beaucoup plus importante, était largement compensée par la productivité et l’assiduité sur le terrain de la part de ces travailleurs en détachement, facilitant grandement l’organisation du travail.

Nouveaux arguments pour de nouveaux comportements

Et c’est surtout sur la base de la mauvaise réputation du travail manuel en agriculture qu’il fallait trouver une main-d’œuvre de remplacement, malgré une disponibilité apparente d’inscrits potentiels dans les bureaux de recrutement ou même à Pôle Emploi. Alors, comment modifier cette triste réputation alors que le domaine agricole possède de solides atouts pour satisfaire une population que l’on dit attirée par la nature, le retour aux sources, et voulant profiter d’un maximum de bienfaits que peut offrir la ruralité ? Encore faut-il en accepter quelques contraintes comme les aléas climatiques, la pluie, le froid ou au contraire les grosses chaleurs, quand ce n’est pas un problème d’horaire : en agriculture on se lève souvent très tôt, avant les poules ! Et c’est en fait tout le problème, car ces contraintes pénalisantes pour le bien-être et la vie familiale sont souvent un obstacle difficile à franchir.

A l’inverse, il serait intéressant d’écouter les personnes qui trouvent un intérêt à leur travail en entreprise agricole, là où la diversité des métiers et des compétences ne manquent pas. Les arguments sont étonnants. Ce qui revient souvent, c’est l’autonomie et la formidable liberté d’action, imposées par le caractère même des prestations agricoles, où la pratique de l’initiative individuelle vient compléter une solidarité d’équipe dans un cadre souvent clairement défini comme les volumes à traiter, la qualité des produits et l’importance de leur présentation, dernier élément qui rapproche l’acteur agricole au consommateur qu’il est lui-même. Mais au-delà de l’organisation du travail, c’est l’environnement lui-même qui attire. Comment expliquer la différence entre le travail au champ en comparaison au vacarme d’un atelier fermé ?  Comment ne pas apprécier l’ambiance des équipes de vendanges malgré le stress de la météo et la nécessaire adaptation aux contraintes de la maturité des raisins, qui bouscule les organisations ?

Oui il faut des capacités physiques pour une prestation parfois exigeante tant en rythme qu’en dextérité, et un temps d’adaptation nécessaire. Mais l’enjeu en vaut la peine si les bonnes volontés prennent l’avantage sur les résistances. Il nous faut donc créer les outils nécessaires, non pas pour générer une relocalisation – nous sommes bien ici sur le territoire français – mais pour rendre attractifs les travaux agricoles auprès de nos concitoyens en leur apportant les éléments permettant une réelle motivation à ce challenge.

Du côté des employeurs, la formation, le climat de confiance et une meilleure ambiance générale sur les lieux de travail, sources de bien-être et de motivation, permettront aux salariés de s’y investir sereinement. Ce nouveau comportement serait la base d’une meilleure réputation du travail au sein de nos entreprises agricoles, entraînant elle-même l’envie pour les sans-emploi d’y être intégrés.

* Instauré par une directive européenne en 1996, le détachement permet à toute entreprise d’un État membre de faire travailler, pour une durée limitée, des salariés d’un autre État de l’Union.


Damien BONDUELLE

31 juillet 2020

Point de vue

Photo Jean-Baptiste Millard

Agriculture, forêt et changement climatique : territorialisons nos actions !

Après une excellente année 2019, la récolte française de blé tendre est en berne en 2020, avec une production qui sera certainement inférieure à 30 millions de tonnes. Quant aux herbages, ils deviennent de véritables paillassons suite au déficit hydrique de ces derniers mois. Ainsi éleveurs et céréaliers sont une nouvelle fois confrontés à des conditions climatiques défavorables, qui favorisent au demeurant la pression des ravageurs.

Chacun peut le constater, les années se suivent et se ressemblent toujours plus : des hivers doux, des printemps à la pluviométrie irrégulière, des étés chauds et secs. Et nous allons de record en record. Ainsi le premier semestre de l’année 2020 a été le plus chaud jamais enregistré en France et le mois qui s’achève restera comme l’un des mois de juillet les plus secs.

L’objectif de l’Accord de Paris de décembre 2015 tendant à contenir d’ici la fin du 21e siècle « l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5°C » (article 2), sera très difficile à tenir. Pour s’en convaincre, il faut se pencher sur les prévisions climatologiques publiées au début de ce mois par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), qui annonce que la température moyenne mondiale de chacune des cinq prochaines années (2020–2024) devrait être supérieure d’au moins 1 °C aux niveaux préindustriels (1850–1900) avec une probabilité de 20 % qu’elle la dépasse de 1,5 °C pendant au moins une de ces années.

Les agriculteurs et les sylviculteurs subissent de plein fouet les effets du changement climatique sur leurs activités. Dans ce contexte, l’adaptation de l’agriculture et de la forêt françaises et européennes devient une urgence qui nécessite de mobiliser l’ensemble des acteurs privés et publics.

Tous les leviers doivent être actionnés. La phase adaptative nécessite de repenser les techniques culturales, les assolements, les modes de conduite des troupeaux. Elle impose notamment d’investir massivement dans la recherche variétale, les outils d’aide à la décision, l’irrigation de précision. Elle oblige à retravailler dans les terroirs l’ensemble des cahiers des charges des produits sous signes officiels de qualité. Elle exige encore d’améliorer les outils de gestion de l’entreprise agricole, qu’ils soient assurantiels, financiers ou fiscaux.

La réflexion est d’autant plus délicate qu’elle impose une approche territoriale, plus que nationale ou européenne. Les agricultures et forêts de chaque région rencontrent en effet des problématiques qui leur sont propres et qui exigent des réponses sur-mesure.

Et non seulement agriculteurs et sylviculteurs doivent s’adapter mais il est attendu d’eux, peut-être plus encore que des autres secteurs économiques, une forte contribution à l’atténuation du changement climatique, en décarbonant leurs activités et en stockant le carbone dans leurs sols. Là encore les initiatives et solutions seront locales.

Le think tank agridées, en traitant le thème « Entreprise agricole et défi climatique » à l’occasion de sa conférence d’Assemblée générale le 29 septembre prochain, et en proposant à ses adhérents à la rentrée un nouveau groupe de travail consacré aux « outils techniques d’atténuation et d’adaptation face au changement climatique », souhaite contribuer positivement pour relever le défi du siècle.


Jean-Baptiste Millard

24 juillet 2020

Analyses

Perspectives agricoles OCDE/FAO pour 2020-2029 : croissance mondiale, saturation européenne

Comme chaque été, l’OCDE et la FAO ont publié leurs perspectives[1] le 16 juillet 2020 à propos des marchés agricoles pour la décennie à venir. Cette publication de 357 pages est une mine d’informations et d’analyses sur les marchés mondiaux des produits agricoles. Ce qui revient le plus souvent concernant l’Union européenne (UE) est la saturation de ce marché, tant pour les denrées alimentaires que non alimentaires, alors que la croissance de l’offre et de la demande se poursuit au niveau mondial….


Marie-Cécile Damave

10 juillet 2020

Point de vue

Dire (et faire) mieux dans « le monde d’après »

Dans le « jour d’avec » (ce qui nous arrive), comme l‘écrit si bien Mercedes Erra dans une récente tribune, comment le couple producteur-consommateur va-t-il évoluer ? A l’image du double sens de l’idéogramme chinois , qui désigne le mot « crise », je vois la crise actuelle comme une zone de danger, mais surtout comme une source d’opportunités…
Danger si les acteurs de la chaîne alimentaire et leurs contradicteurs s’attendent à un résultat différent tout en continuant à se comporter de la même manière . Opportunité si une véritable communication s’installe entre les différents publics concernés par l’alimentation, l’agriculture, l’environnement, la souveraineté alimentaire et la solidarité autour du socle consommateurs-agriculteurs. Il semble temps de faire plus que de prendre en compte la pluralité des avis, mais de mettre en commun, c’est-à-dire, de mieux communiquer…
En effet, on se parle de plus en plus, mais on se comprend de moins en moins ! Tout d’abord, il me semble primordial de se concentrer sur la perception du consommateur, destinataire d’informations multiples qu’il a du mal à « digérer ». Deux exemples parmi d’autres. Devant une allégation indiquant « porc élevé sur paille », certains consommateurs sont interloqués : « Cela veut dire quoi exactement ? Ils vivaient où les porcs « avant » ? Et lorsque ce n’est pas marqué sur l’étiquette, cela veut dire quoi ? ». Commentant une autre étiquette informant que les tomates sont « sans résidus de pesticides », certains acheteurs expriment légitimement leur inquiétude : « Sans résidus, cela fait peur ; est-ce que continuer à acheter des tomates sans cette étiquette c’est dangereux pour ma santé ? En plus, tout le monde ne peut pas se payer ces tomates-là ! »
Il serait bien d’avoir un vocabulaire commun. Si l’on en croit Friedrich Nietzsche, chaque mot est un préjugé . Il y a donc un vrai chantier sémantique à ouvrir et le temps qui s’ouvre à nous est plus que jamais le temps de la responsabilité, du mot choisi et expliqué, du terme compris. Un parcours à faire tous ensemble pour reconnecter les mondes de la production et de la consommation.


Anne Dumonnet-Leca

7 juillet 2020

Analyses

PAC : “ImPACtons” – compte-rendu du débat public en France

La CNDP a été saisie le 9 septembre 2019 afin d’organiser la participation du public aux réflexions en cours sur l’évolution de l’agriculture. Elle vient de communiquer le 24 juin 2020 un compte-rendu d’étape de la consultation publique…


Yves LE MORVAN

2 juillet 2020

Analyses

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Innovation protéines : diversifier l’offre sans opposer animal et végétal

A l’international, le développement de produits alternatifs aux viandes, produits laitiers, œufs, voire produits de la mer, est une réalité. Il prend deux voies différentes : la diversification des produits d’origine autre qu’animale et l’émergence de l’agriculture cellulaire, qui produit des produits animaux sans élevage…


Marie-Cécile Damave

25 juin 2020

Ouvrages

Les biens communs en agriculture, tragédie ou apologie ?

Vient de paraître aux Editions Lexis Nexis, les Actes des Rencontres de Droit Rural, organisées le 11 avril 2019 par agridées et l’AFDR. Sous la direction scientifique de Jean-Baptiste Millard et Hubert Bosse-Platière


Jean-Baptiste Millard

23 juin 2020

La Revue agridées

Numéro 241 : Covid-19 – Surmonter le choc

Retrouvez le numéro de juin 2020 de La Revue agridées


agriDées

19 juin 2020

Point de vue

L’avenir de la consommation et de la distribution

Nous vivons une période de fortes turbulences, entre la crise sanitaire, la crise écologique et la crise économique qui s’annonce – sans oublier les fortes tensions sociales qui traversent notre pays. De nombreuses entreprises ont été fortement fragilisées par la pandémie du Covid-19. Autour de nous, tout nous incite à questionner le modèle dominant, à inventer de nouveaux récits basés sur l’entraide et le partage, à redéfinir la suite. Chaque entreprise est invitée à redéfinir sa raison d’être, en s’inscrivant dans le bien commun. Nous avons tout intérêt à ne pas reconduire systématiquement le modèle précédent de recherche de croissance économique, pour aller vers davantage de création de valeur, de type valeur sociétale ajoutée, et pour adopter une conduite plus respectueuse de l’environnement et de l’humain.
La consommation et la distribution sont au cœur de ces transformations. Notre rapport à la consommation a été bouleversé : drive et proximité sont les grands gagnants des derniers mois, ce qui, dans les deux cas, surpondère la M.D.D. La livraison à domicile également est en forte hausse. Les inégalités face à la consommation s’amplifient et les nouveaux premiers prix intégrant les valeurs de marque de l’enseigne sont tout aussi importants que le bio. La plupart de nos concitoyens se tournent résolument vers le local, par conviction ou par simplicité : les supermarchés peuvent développer leur ancrage local qui est déjà fort. Ils doivent aussi investir dans la maîtrise de leurs approvisionnements, en lien avec leurs communautés de clients et avec leurs territoires.
La crise sanitaire a aussi permis de développer une forme de solidarité entre les différentes parties prenantes de la filière agricole : cet élan ne doit pas voler en éclats. Cela passe d’abord par une réconciliation de l’ensemble des acteurs : on doit quitter la négociation annuelle pour évoluer vers le contractualisme, en se liant contractuellement sur du long terme avec une approche pluri-annuelle. On passe ainsi du « prix prédateur » au « prix responsable ». Les leaderships de demain se construiront dans la réconciliation et non plus dans le rapport de force, ils deviendront des médiateurs bien plus que des leaders au sens classique du terme.


Serge Papin

5 juin 2020

Point de vue

Global Health : un bien commun qui concerne l’agriculture

L’actualité récente a placé notre santé au rang de bien commun de l’humanité, elle doit être appréhendée globalement et l’agriculture en est au cœur.

Global Health (La santé globale), c’est une façon de voir les choses de manière beaucoup plus intégrée et systémique à travers une lecture pluridisciplinaire : santé des sols, des plantes, des animaux et des hommes sont intimement liés et doivent désormais être pensés à l’échelle du monde. La santé globale est sans frontières, elle est une et partagée par tous : humains, animaux et écosystèmes. C’est une approche holistique à contrario des démarches cartésiennes qui ont prévalues durant des siècles, les systèmes complexes ne sont pas la seule somme de leurs composants. Si cette approche n’a pas jusqu’alors été privilégiée, c’est avant tout que nous n’en avions pas les moyens techniques et scientifiques. Notre capacité nouvelle à traiter et analyser des données massives nous le permet de plus en plus. Le chantier de la santé peut donc désormais s’appréhender globalement.

Si l’Homme et ses milieux de vie ne peuvent pas être séparés, l’agriculture est au croisement des impératifs de santé globale et ne peut donc pas ne pas s’en désintéresser. L’agriculture soutient la santé en fournissant l’alimentation et la nutrition aux populations du monde, elle se doit de le faire dans le respect des écosystèmes. Global health, à la croisée des santés humaines, animales et environnementales, interroge le rôle de l’Homme et l’impact sur son environnement au croisement des impératifs de production, de biodiversité et de climat.

Global health ne concerne pas que la science, elle nous concerne tous, à la fois dans nos actes d’achats, nos façons de consommer et de produire mais aussi la définition de nos politiques notamment en matière d’approvisionnement alimentaire et de productions agricoles. Notre avenir en dépend vraisemblablement et il ne pourra être heureux que s’il est pensé et réalisé en commun.


Hervé PILLAUD

2 juin 2020

Point de vue

Points clés : agridébat “L’innovation biotech en mode startup pour réussir les transitions agricole, alimentaire et industrielle”

Le 25 mai 2020, agridées organisait en partenariat avec le Pôle IAR et le media « Les clés de l’agriculture », un agridébat en distanciel sur le thème “L’innovation biotech en mode startup, pour réussir les transitions agricole, alimentaire et industrielle”.


Marie-Cécile Damave

20 mai 2020

Point de vue

Choisissons la bioéconomie pour construire le monde d’après

Notre société est vulnérable. La crise du COVID-19 en révèle violemment les fragilités : nos industries délocalisées nous font cruellement défaut (manque de masques, de matières premières pharmaceutiques, d’équipement médical) ; nos dépendances multiples risquent d’occasionner de graves ruptures dans nos chaînes d’approvisionnement ; nous ne sommes tout simplement pas prêts pour affronter les crises sanitaires et environnementales futures que déclenche de plus en plus souvent l’activité humaine.

Face à ces constats, il est nécessaire de nous poser la question de « l’après » et d’anticiper les défis que nous aurons à relever.

En tant que directeur d’IAR, je suis convaincu que la bioéconomie est une partie de la réponse collective que nous pouvons apporter pour garantir notre indépendance alimentaire, énergétique et industrielle, préserver nos modes de vie sur le long terme en adoptant un modèle durable, et développer nos emplois localement.

La bioéconomie est un projet de société qui associe producteurs, industriels, groupes, PME et start-up, universitaires, politiques, citoyens, pour apporter des solutions concrètes et durables de remplacement à des matières premières souvent polluantes, de plus en plus rares et chères. Elle sera d’autant plus vertueuse, que nos pratiques agricoles le seront-elles-aussi, en réduisant leur impact sur l’eau, l’air, les sols et la biodiversité. La bioéconomie est un choix !

Les apôtres de la décroissance opposeront certainement qu’il s’agit toujours d’industries et de réponses aux besoins de consommation croissants d’une population en constante augmentation. Ce n’est pas complètement faux. Mais tant qu’à répondre aux besoins de tous, autant proposer une alimentation, une énergie, des biens de consommation, des habitats, des transports, sains et durables. Et Made in France.

Si nous n’avons pas de pétrole ; nous avons des idées… et des producteurs passionnés et performants, des industriels ouverts à de nouveaux process, des universitaires innovants internationalement reconnus, des entrepreneurs précurseurs et audacieux, des grands groupes solides et investis, des politiques engagés, des citoyens en demande d’alternative économique vertueuse, des matières premières propres et renouvelables… Pour faire de la bioéconomie, l’économie de demain.

Une économie durable, collective et responsable. C’est un des messages-clés de l’agridébat du 25 mai dont le pôle IAR est partenaire aux côté d’agridées et des « Clés de l’Agriculture ». Inscrivez-vous !


Boris Dumange

6 mai 2020

Actes

Actes des 28èmes Assises Sol et Civilisation “Numérique et ruralité : nouveaux liens et mutations dans les territoires”

Nous vous invitons à retrouver les Actes de cette journée co-organisée avec agridées consacrée au thème “Numérique et ruralité : nouveaux liens et mutations dans les territoires”.


Sol et Civilisation

30 avril 2020

Point de vue

L’agriculture et ses entreprises au rendez-vous des grands défis

Alors qu’une grave crise sanitaire sévit dans le monde entier, chacun semble convaincu que le monde de demain ne pourra être celui d’hier. Probablement. Mais il ne pourra être davantage celui d’avant-hier. Car chacun peut aussi mesurer combien des États stables et économiquement forts et aussi combien les dispositifs d’intervention publics existants, tant au niveau de l’Union européenne que de la France, au profit des entreprises et des citoyens, permettent de gérer cette crise d’une ampleur inégalée.

Certes, il y a sûrement des « ratés », des imperfections, des « trous dans la raquette » et les conséquences de cette pandémie seront « douloureuses » sur la durée. Mais il est une réalité incontestable : c’est l’économie, ses entreprises et leurs collaborateurs qui créent la richesse et permettent de construire et disposer des outils d’accompagnement. Il en est ainsi du secteur agricole européen, et notamment français, qui a démontré sa capacité à répondre présent pour l’alimentation et rappelé combien il était stratégique.

Alors, prenons garde aux opportunistes, écologistes radicaux, nostalgiques du Club de Rome et autres décroissants qui voudraient faire fi de cette réalité et exploiter cette crise pour remettre en cause un modèle agricole sûrement imparfait mais aux points de force incontestables.

Les scénarii de demain ne sont pas écrits mais les « y’a qu’à, faut qu’on » fusent et les propositions seront légion :
 ainsi, pourrait-il être attendu de relocaliser davantage certaines productions et acquérir une plus grande souveraineté alimentaire, voire de vanter des circuits toujours plus courts. Mais cela ne doit pas signifier protectionnisme à outrance ou repli sur soi car, faut-il le rappeler, nous sommes dans une Union européenne et une économie internationale ;
 ainsi, pourraient être dénoncés les excès d’une mondialisation accélérée. Probablement mais les termes d’exportation, d’importation, de balance commerciale agricole, ne sont pas des “gros mots”. L’Union européenne et particulièrement la France, par leurs potentiels pédo-climatiques et la technicité de leurs acteurs, ont capacité à produire davantage et à contribuer à répondre aux besoins d’Etats dans l’incapacité de le faire et, qui plus est, confrontés demain, tels ceux de l’Afrique subsaharienne, à un gigantesque défi démographique ;
 ainsi, pourrait être évoquée la montée en gamme de notre agriculture ou le “consommer moins mais mieux”. Certes, mais ne faut-il pas aussi sécuriser l’approvisionnement alimentaire pour tous dans le respect du pouvoir d’achat des ménages ?
 ainsi, pourrait être revendiquée une transition écologique toujours plus vertueuse et plus rapide sur l’électrique, l’éolien,… mais n’oublions pas de citer les biocarburants et leur impact pour moins de carbone pétrosourcé et leurs coproduits (drèches, tourteaux) pour moins de dépendance protéique en alimentation animale;
 ainsi, peut-il être rendu “hommage à toute la chaîne de la ferme France, symbole de la deuxième ligne de la guerre contre le coronavirus et réconcilier les citoyens avec ce beau métier qui est celui de « nourrir la nation » comme l’indiquait récemment le Président de la République. Mais aussi, faudra-t-il donner davantage de « respiration » à l’exercice de cette profession.

Il est par contre une certitude pour répondre aux grands défis de l’alimentation, de la transition écologique, de la balance commerciale positive et de l’adaptation au changement climatique : c’est de disposer d’entreprises agricoles qui, capables de s’adapter aux attentes des marchés, puissent être toujours plus performantes, productives, compétitives et donc sans surcharges financières ni surcontraintes environnementales, sans freins à l’innovation ni à l’usage des technologies nouvelles. Ces entreprises agricoles ont su répondre « présentes ». Permettons-leur de poursuivre leurs missions pour répondre aux défis de demain.


Luc ESPRIT

10 avril 2020

Analyses

Covid-19 et droit rural : prescription sur ordonnances

Oh Droit étire ton vol ! « Il n’y a pas d’histoire sans dates. Si les dates ne sont pas toute l’histoire, ni le plus intéressant dans l’histoire, elles sont ce à défaut de quoi l’histoire elle-même s’évanouirait, puisque toute son originalité et sa spécificité sont dans l’appréhension du rapport de l’avant et de l’après, qui serait voué à se dissoudre si, au moins virtuellement, ses termes ne pouvaient être datés. » (C. Lévi-Strauss, La Pensée sauvage, p. 342). Même pour les économistes, les repères historiques (1929, 1940, 1968, 2008 ?) manquent pour caractériser la crise que nous vivons…

10 avril 2020

Analyses

Entreprises agricoles en difficulté et urgence sanitaire

La loi du 23 mars 2020[1] d’urgence pour faire face à l’épidémie de covid-19 a habilité le Gouvernement à prendre toute mesure relevant du domaine de la loi pouvant entrer en vigueur à compter rétroactivement du 12 mars 2020, afin de faire face aux conséquences, notamment de nature administrative ou juridictionnelle, de la propagation du covid-19. C’est dans ces conditions qu’une ordonnance du 27 mars 2020[2] a été publiée, dont l’application est immédiate aux règlements amiables, aux procédures de sauvegarde, aux redressements et aux liquidations judiciaires. Ces mesures profitent notamment aux entreprises agricoles……


Christine Lebel

9 avril 2020

Point de vue

Pour le jour d’après !

Face au confinement, deux domaines sont érigés au rang de valeurs sociétales, la santé et l’agriculture…


Gerard MATHERON

8 avril 2020

Analyses

La bioéconomie vue des Etats-Unis

Les Académies américaines des sciences, de médecine et des technologies ont récemment publié un rapport de près de 400 pages intitulé « Safeguarding the bioeconomy » (« Sauvegarder la bioéconomie »). C’est un document qui actualise le plan d’action de la Maison Blanche publié en 2012 « National Bioeconomy Blueprint » sous l’Administration Obama, paru sensiblement au même moment que la première stratégie européenne pour la bioéconomie. Alors que cette dernière avait été actualisée en 2018 et déclinée en différentes stratégies nationales dans les Etats membres , la vision américaine de la bioéconomie n’avait pas été mise à jour. Les visions européenne et américaine de la bioéconomie, assez proches à l’origine, prennent aujourd’hui des chemins différents. Si elles ont en commun la dimension industrielle de valorisation de la biomasse, elles divergent dans les autres domaines. Dans l’UE, la bioéconomie intègre la production agricole et forestière, la transformation agroalimentaire, et l’économie circulaire. Aux Etats-Unis, la bioéconomie demeure avant tout industrielle et non alimentaire, n’inclut la production agricole que dans ses dimensions biotech et comprend la biomédecine. Elle se préoccupe de plus en plus de sécurité, de cybersécurité, et de protection de la propriété intellectuelle des innovations. Différences encore plus criantes, la dimension territoriale de la bioéconomie et son objectif de développement durable sont absents de la vision l’américaine…


Marie-Cécile Damave

7 avril 2020

Tribunes

D’un virus à l’autre

L’épidémie Covid-19 liée au nouveau coronavirus SARS-CoV-2, Covid-19 a mis en évidence la fragilité de l’économie mondiale globalisée, et ses conséquences pour le commerce agroalimentaire….


Bernard VALLUIS

27 mars 2020

Point de vue

Résilience des agricultures et de la chaîne alimentaire

En cette période de gestion de crise sanitaire, alors que nous sommes principalement attentifs aux actions de solidarité et aux prises de décisions courageuses et de bon sens, nous commençons à entendre des commentaires acerbes de la part de politiques de tous bords et de scientifiques nous faisant part d’états d’âmes en public. Or l’heure n’est pas à la polémique, et encore moins aux rancœurs intestines.
En tant qu’acteurs dans le domaine de l’agriculture, notre devoir nous place devant une responsabilité historique, celle de nourrir une population inquiète et confinée, en mettant à disposition notre compétence et l’ensemble des moyens mobilisables en la circonstance. Dans l’ensemble, nous n’y faisons pas défaut, malgré les difficultés diverses comme la fermeture de certains marchés, des difficultés d’organisation pour faire face au manque de main d’œuvre ou des tensions logistiques.
Toutes nos entreprises sont concernées dans la grande diversité de leurs activités, végétale ou animale, en début ou fin de cycle, en circuit court ou plus complexe. Chacune à son niveau trouve un défi à relever. Il s’agit ainsi de faire face prioritairement à l’approvisionnement des lieux de ventes à très court terme en récoltant et en livrant, ou pour l’après crise – dont personne ne connaît encore l’issue – en préparant les sols pour semer et planter ou en assurant le maintien voire le développement de son cheptel.
Il est ainsi important, pour tous les acteurs du monde agricole, de faire le constat des risques actuels pour pouvoir apporter les solutions permettant d’assurer au citoyen une pleine sérénité qui s’est perdue ces derniers temps, se traduisant même parfois par de la panique en début de confinement.
Nos secteurs ont fait face à une demande inhabituelle, surtout en produits transformés, alors que des productions agricoles à flux continu, végétales ou animales, ont subi des dérèglements outranciers pour cause de fermeture de marchés à flux tendus, tels que la restauration en général ou les marchés extérieurs. Il s’en est suivi un gâchis énorme qui ne se terminera qu’en fin de crise, avec un retour à une consommation normale. Mais depuis toujours nos agricultures ont su être résilientes et s’adapter. Au-delà de la brutalité de l’événement, certaines productions sont en effet rodées à ce type de phénomène de fluctuation pour en avoir fait l’amère expérience dans un passé récent et dans l’indifférence quasi générale. Je pense en particulier aux récentes crises laitières ou porcines, à la fermeture de certains marchés à l’export due à des décisions politiques ou, à l’inverse, à des difficultés de production sur certaines zones, créant ainsi un appel d’air.
Il ne semble pas prématuré de penser dès aujourd’hui à l’évolution de notre système alimentaire, et c’est en étant attentif à ce qui ce qu’il se passe en pleine crise, en relevant toutes les sources de dysfonctionnement, que l’on peut créer la base d’une réflexion sur le long terme qui viendra en son temps, l’esprit libéré des contraintes liées à la gestion des priorités du moment.
A l’image du système de santé, l’agriculture profite également d’un réseau très important de scientifiques dont les travaux contribuent à assurer l’avenir de notre alimentation. La société devra également faire sa part du chemin en acceptant de libérer les forces productives de certains contraintes non prioritaires.
Agridées, think tank de l’entreprise agricole, reste attentif à ces transitions multiples et doit de se préparer à apporter des pistes d’amélioration pour aider les citoyens à garder cette nouvelle confiance en notre secteur, engrangée au cours de ces dramatiques évènements.


Damien BONDUELLE

25 mars 2020

Analyses

Agriculture et bioéconomie sur tous les fronts face aux urgences sanitaire, économique et climatique

En ces temps de pandémie due au coronavirus Covid-19, l’urgence est sanitaire, alimentaire et économique. La chaîne alimentaire continue à fonctionner et à proposer une offre en accord avec les pics de la demande…


Marie-Cécile Damave

20 mars 2020

Notes

L’innovation biotech en mode startup pour réussir les transitions agricole, alimentaire et industrielle

agridées publie sa nouvelle note de think tank « L’innovation biotech en mode startup pour réussir les transitions agricole, alimentaire et industrielle » …


Marie-Cécile Damave

18 mars 2020

La Revue agridées

Numéro 240 : L’Agtech monte en puissance

Retrouvez le premier numéro de l’année 2020 de La Revue agridées avec un dossier sur l’AgTech qui monte en puissance.


agriDées

17 mars 2020

Point de vue

Photo Jean-Baptiste Millard

Crise majeure : priorité au sanitaire et à l’alimentaire

Après avoir un temps tenté de repousser l’échéance pour protéger le plus possible la vie économique du pays, le président de la République et son gouvernement ont dû se résoudre à annoncer des mesures fortes face à l’intensification de l’épidémie de COVID-19 allant jusqu’au confinement de la population. Certains secteurs de notre économie sont déjà très fortement impactés par les évènements et, très vite, c’est bien l’ensemble des acteurs qui sera concerné…


Jean-Baptiste Millard

13 mars 2020

Point de vue

Photo Jean-Baptiste Millard

Retour en force – majeure – des priorités sanitaires et alimentaires

Après avoir un temps tenté de repousser l’échéance pour protéger le plus possible la vie économique du pays, le Président de la République a dû se résoudre hier à annoncer des mesures fortes face à l’intensification de l’épidémie due au COVID 19. Et ce n’est certainement qu’un début.
Les bourses avaient anticipé cette évolution en dévissant cette semaine dans des proportions rarement atteintes. Certains secteurs de notre économie sont déjà très fortement impactés par les évènements et, très vite, c’est bien l’ensemble des acteurs qui sera impacté.
Il est encore difficile de mesurer l’ampleur de cette crise sur nos filières agricoles et agroalimentaires. Elle ne touchera certainement pas de la même façon les produits de première nécessité et ceux à plus haute valeur ajoutée, ceux distribués localement ou nationalement et ceux écoulés principalement à l’export, les produits consommés à domicile et ceux destinés à la restauration hors foyer.
Personne ne sera épargné à commencer par les entreprises agricoles fournissant des marchés ayant perdu tout débouché. La solidarité devra jouer pleinement entre les différents maillons de nos filières, dont la force des liens sera mise à rude épreuve.
Mais ce que nous enseigne d’ores et déjà cette pandémie, c’est bien l’importance d’assurer les besoins élémentaires d’une population : garantir sa santé et son alimentation.
Le Chef de l’Etat ne s’y est pas trompé en rappelant hier l’importance de garantir notamment sa souveraineté alimentaire tant au niveau national qu’européen .
Cette souveraineté est largement acquise en France et à l’échelle communautaire. Les évènements actuels incitent à en rappeler la priorité stratégique.


Jean-Baptiste Millard

27 février 2020

Point de vue

Dynamisons l’innovation biotech par les startups !

L’agriculture se transforme, pour mieux répondre aux demandes des citoyens-consommateurs et aux impératifs environnementaux, en particulier climatiques. Les changements sont déjà visibles dans trois directions différentes : les méthodes de production agricole, l’offre de produits alimentaires et les circuits de transformation de la biomasse.

L’innovation technologique est indispensable pour que ces transformations réussissent. Les biotechnologies, technologies du vivant, sont des leviers indispensables à la performance d’une production agricole à la fois plus inspirée de la nature et plus proche des consommateurs des villes, à une alimentation plus équilibrée et plus variée, et à une économie davantage biosourcée et circulaire.

Les jeunes entreprises innovantes, ces startups tant à la mode aujourd’hui dans notre pays, sont nombreuses à s’engager dans ces voies de progrès. Mais leur parcours reste semé d’embûches. Difficile de parvenir à un business model qui « tienne la route »…

Le 20 mars 2020, nous vous invitons à un agridébat sur ces sujets, lors duquel sera publiée notre nouvelle note de think tank issue des réflexions du groupe de travail « L’innovation biotech en mode startup ». 

Ecosystème-clé de l’innovation dans la bioéconomie, le pôle Industrie et Agro-Ressources sera notre partenaire pour cet événement. Nous donnerons la parole à de jeunes entrepreneurs (et entrepreneuses !) engagés dans les voies les plus prometteuses et génératrices de valeur : biocontrôle, cosmétique, chimie du végétal, aliments innovants…  Quels sont leurs parcours ? Leurs projets ? Comment mieux les accompagner ? Mise en réseaux, financement, réglementation… Quels sont les principaux freins et leviers à la dynamique de l’innovation ?

Rendez-vous le 20 mars pour en discuter, partager vos expériences et vos analyses !  

Inscrivez-vous : https://www.agridees.com/evenement/linnovation-biotech-en-mode-start-up-pour-reussir-les-transitions-agricole-alimentaires-et-industrielle/

Voir aussi : https://www.agridees.com/villagesemence-semence-mag-lagriculture-en-mode-start-up/


Marie-Cécile Damave

14 février 2020

Point de vue

La 3e voie de l’agriculture, clé de voûte de la transition alimentaire

La capacité donnée au consommateur-citoyen de personnaliser ses choix grâce aux applications mobiles et d’interpeller à tout moment les grandes enseignes via les réseaux sociaux fait désormais de lui le principal prescripteur des filières agroalimentaires.
Les critères d’achats alimentaires du consommateur-citoyen – orientés vers plus de local, de qualitatif, de sain, de végétal, de bio, d’équitable, de durable… – reposent essentiellement et en premier lieu sur la qualité (matérielle et immatérielle) des matières premières, une qualité qui relève avant tout de la responsabilité des agriculteurs. De l’assiette au champ, le consommateur-prescripteur, en modifiant sa façon de consommer, transforme de manière inhérente les modes de production.
Cette quête de différenciation en fonction d’attentes et de valeurs personnelles – à ne pas confondre avec une recherche de « montée en gamme » – participe du processus dit de transition alimentaire qui représente 77 % de la croissance du chiffre d’affaires des produits de grande consommation alimentaire (source : IRI, CAM à P10 2019, tous circuits GMS). Autrement dit, ce marché qui constitue aujourd’hui la première source de création de valeur pour les filières agroalimentaires, et en particulier pour les agriculteurs, devient incontournable.
L’évolution des modes de production agricole, plutôt que d’être entraînée par les innovations techniques et technologiques, doit désormais s’appuyer sur celles-ci pour donner du sens à la production alimentaire et correspondre aux bénéfices recherchés par le consommateur-citoyen en mesure de les exprimer aisément sur les différents canaux de communication et d’exiger un haut niveau de transparence, en contrepartie.
Le groupe InVivo, union française de coopératives agricoles, est dès lors convaincu de la nécessité de faire émerger une 3e voie de l’agriculture pour pouvoir répondre à ce double défi contemporain en s’appuyant sur l’ensemble de ses métiers qui évoluent vers la fourniture de l’ensemble des biens et services nécessaires à cette transformation agricole.
3 comme la 3e génération d’agriculture(s), qui ne soit plus centrée sur elle-même mais qui tienne compte voire anticipe les attentes des consommateurs dans toutes leurs diversités pour concevoir et renouveler son système de production. 3 comme la 3e étape qui fait suite à celle de la conformité réglementaire et celle de la recherche de valorisation d’objectifs de moyens, une 3e étape d’engagement sur des objectifs de résultats valorisés, au service du consommateur-citoyen, et ainsi au service du revenu des agriculteurs : zéro résidu de pesticide dans les produits alimentaires, qualités nutritionnelles, des prix justes pour l’agriculteur, neutralité carbone… 3 comme 3e révolution agricole qui permette de créer une relation vertueuse, de confiance et créatrice de valeur partagée entre l’agriculteur et le consommateur-citoyen.


Antoine Poupart

24 janvier 2020

Point de vue

Photo ML Hustache

Repenser l’image du monde agricole de A à Z ?

Les jeunes Z’agris de la génération Z seront-ils plus zen que leurs parents dans leur façon d’appréhender leur métier dans les années à venir ? Les jeunes Z’urbains ont-ils conscience des enjeux concernant ce secteur dont ils sont parfois très éloignés ?
Sur la base d’un mini-sondage diligenté auprès de jeunes de la génération Z (nés après 1995) par les étudiants de 3ème année de l’IHEDREA, première école européenne d’agro-management, un débat intergénérationnel sur le thème « Perspectives et perceptions du monde agricole par la génération Z » a été organisé le 22 janvier 2020 à l’occasion des 70 ans* de l’école. Une rencontre dans les locaux de l’IHEDREA à Paris-La Défense, que notre think tank agridées a eu le plaisir d’animer, en présence de la Présidente de la FNSEA Christiane Lambert.
Soulignons tout d’abord que cette génération que l’on dit ultra-connectée, ultra-communicante et plutôt individualiste représentera en 2025 plus de 50 % de la population active. Partageant avec les générations X et Y la remise en cause du mode de vie des « boomers », l’angoisse de la mondialisation et du changement climatique, elle se socialise dans des vies virtuelles en partageant ses activités sur les réseaux sociaux, tout en changeant très souvent ses habitudes de consommation et ses attachements aux marques, à l’entreprise ou à des personnalités. La questionner sur ses perceptions du monde agricole est donc un exercice riche d’enseignements, surtout quand la représentante de l’agriculture française peut réagir en direct, trouvant l’occasion d’adresser des messages d’encouragements à un jeune public parfois un peu prisonnier de ses certitudes…
Recueillis au sein d’un panel de 254 étudiants de l’IHEDREA et d’autres écoles du campus le sondage a ainsi eu le mérite de faire ressortir quelques éléments de réflexion à la fois sur l’image que les Ruraux’Z (les jeunes de la génération Z issus du monde rural) ont d’eux-mêmes ou croient renvoyer à la société, et sur les préoccupations qu’ils partagent avec les Z’urbains, jeunes citadins dont 43 % n’ont aucun lien amical, familial ou professionnel avec l’agriculture. Ainsi, pour les deux catégories de jeunes de la génération Z, le dérèglement climatique, les pesticides et la santé et le bien-être animal sont des sujets d’actualités (proposés par les sondeurs) qui les touchent en priorité. Autre point commun, le choix de la phrase « l’agriculture est méprisée, en crise et incomprise » qui a fait l’unanimité, toute catégorie confondue. Comme si l’image pessimiste renvoyée par les médias, les films, les agriculteurs eux-mêmes sans doute aussi avaient marqué fortement les esprits des nouvelles générations. Questionnés sur leur ressenti global sur le monde agricole, 35% des Z’urbains le juge « très réglementé », 27 % « polluant » et 23 % « respectueux de l’environnement ».
Du côté des Ruraux’Z, où l’on connaît le mot « agribashing » à 60%, où l’on connait aussi le quotidien des agriculteurs (via les parents, amis voire en aidant déjà aussi sur l’exploitation), c’est à la fois un sentiment de non-reconnaissance qui transparait avec le reproche des faibles revenus, une forte préoccupation sur l’utilisation des pesticides, mais aussi la satisfaction de vivre dans un monde où le travail est utile, diversifié, riche de valeurs. C’est bien sur ces points positifs que Christiane Lambert a souhaité insister face aux étudiants de l’IHEDREA : « Vous êtes les agricultrices et les agriculteurs, mais aussi les cadres du monde agricole et agro-alimentaire de demain, vos métiers ont du sens, sachez mieux les valoriser et cultiver votre curiosité et votre ouverture d’esprit ! »
Moins zen peut-être, la génération Z issue du monde rural mais sans doute plus Z’informée et consciente désormais des défis à relever…
* agridées, partenaire de la semaine d’évènements lancée du 20 au 24 janvier 2020 pour les 70 ans de l’IHEDREA , est intervenu à la table-ronde du 22 janvier « Une force collective au service des territoires » avec le témoignage de Jean-Baptiste Millard, Délégué général d’agridées, et à celle du 24 janvier « 2090 : l’Odyssée de l’Agriculture » avec l’expertise de Marie-Cécile Damave, Responsable Innovations et marchés.


Marie-Laure HUSTACHE

23 janvier 2020

Dynamiser les territoires ruraux

En fournissant une alimentation saine et durable aux grands bassins de vie, en produisant des biocarburants et des biomatériaux, mais aussi en pratiquant l’agrotourisme, le secteur agricole est un trait d’union entre les métropoles et les territoires ruraux. Les hommes et les femmes qui travaillent avec, dans, ou pour le monde agricole et l’agro-industrie représentent autant d’activités et d’emplois non délocalisables qui ont vocation à structurer et faire vivre les territoires, aujourd’hui comme demain. Pour autant, l’accès aux services publics n’est pas encore égalitaire et les campagnes s’inquiètent de cette désaffection. Le numérique constitue une voie d’espoir et même dans certains cas un accélérateur pour des territoires plus ou moins reculés, qui peuvent ainsi saisir des opportunités. Les 28es Assises de Sol et Civilisation (cf. page 17) organisées en partenariat avec agridées ont particulièrement montré les enjeux du numérique pour les territoires ruraux. Au-delà des modes de vie, le vivre ensemble devient une nécessité pour qui souhaite s’installer et se développer sereinement au sein des territoires.


agriDées

10 janvier 2020

Point de vue

Le temps de la réflexion durable

Une nouvelle année commence et en dehors des assolements préparés et des prochaines cultures déjà semées, la période est favorable aux réflexions pour réussir cette nouvelle campagne de production.
Et le terreau de l’an neuf ne manque pas de matière ! A ce que l’on vit sur le plan économique, politique et social, de nouvelles donnes s’ajoutent encore, comme l’affolement climatique, mais aussi les nouvelles obligations en matière de pratiques agricoles et nos relations avec les citoyens-consommateurs. Voici l’occasion de préparer une autre façon de pratiquer nos métiers, pour qu’ils soient plus performants, plus durables, plus adaptés, mieux perçus, et surtout compatibles avec les attentes sociétales qui évoluent sans cesse.
Dans ce contexte de colère et de désarroi, il est temps de définir une nouvelle stratégie pour nos agricultures qui satisfasse nos performances et nos marchés. Un comportement d’anticipation et de souplesse d’esprit nous apportera plus de sérénité face au changement permanent que nous vivons. Une véritable inflation de préoccupations sociétales nous impose cette aptitude.
C’est le rôle d’agridées, le think tank de l’entreprise agricole, de nous y aider grâce à ses travaux toujours plus pertinents et apportant des pistes d’actions concrètes pour améliorer nos performances, et faire les bons choix pour appréhender de nouveaux marchés dans de meilleures conditions. Plus les débats seront animés à l’occasion des groupes de travail, plus la matière sera riche et apportera de véritables réponses pour faire progresser nos entreprises. Il est hors de question de céder au pessimisme, voire même de se laisser attaquer sur de mauvaises appréciations de nos concitoyens.
A nous d’y travailler, d’encourager les questionnements qui font avancer, de proposer une lecture plus réelle de nos actions et de nos pratiques. Et de convaincre en rassurant.
Nous pouvons alors nous souhaiter une bonne année 2020, avec l’espoir de relations meilleures et de véritable reconnaissance, sources d’une plus grande motivation.


Damien BONDUELLE

9 janvier 2020

Tribunes

Et si le « vivre ensemble » passait par un contrat ?

Mickaël Poillion, agriculteur et maire, n’est pas surpris de l’émergence du débat des distances d’épandage des pesticides. Pour lui, la solution pourrait être de passer par un Contrat de société pour sanctuariser les sols et la ceinture verte des villes et villages.
Article publié dans le numéro 239 de décembre 2019 de La Revue agridées.


agriDées

9 janvier 2020

Analyses

Commentaires succincts des principales dispositions adoptées en décembre 2019 dans le cadre des lois de finances et de sécurité sociale

La loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020 a été publiée au Journal officiel de la République française (JORF) le 29 décembre dernier. Elle a passé, sans grands encombres, le filtre du Conseil constitutionnel (Décision n° 2019-796, DC du 27 décembre 2019).

Il en va de même la loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la sécurité sociale pour 2020 paru au JORF du 27 décembre 2019, que le Conseil constitutionnel a, pour l’essentiel, épargnée (Décision n° 2019-795, DC du 20 décembre 2019).

Voici une présentation des principales dispositions de ces deux textes, dont celles ayant trait au secteur agricole.


Patrick VAN DAMME

20 décembre 2019

Point de vue

Photo Jean-Baptiste Millard

2020 : l’agriculture toujours au cœur des débats

Après le temps fort des Etats généraux de l’alimentation et le long parcours législatif jusqu’à la loi du 31 octobre 2018, on pouvait penser que l’agriculture serait reléguée au second plan des priorités des Français et de leurs responsables politiques en 2019. Il n’en fut rien ! Les questions agricoles et alimentaires ont occupé, tout au long de l’année, une place centrale dans l’actualité, et ce sur tous les plans.

Economique d’abord, avec les premiers griefs formulés à l’encontre de la loi EGALIM, dans laquelle les agriculteurs avaient sans doute nourri trop d’espoirs. Le partage de la valeur ne se décrète pas, mais les outils sont désormais sur la table.

International ensuite, à travers l’épisode houleux de la ratification d’un CETA déjà en vigueur pour l’essentiel depuis 2017, de la signature de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, auquel le Président de la République a retiré son soutien au moment du G7 de Biarritz.

Sanitaire et environnemental encore, avec l’épisode de la Zone de non traitement (ZNT), que le ministre de l’Agriculture vient de trancher en la fixant à 5 ou 10 mètres en fonction des cultures et des produits, ou la poursuite du feuilleton de la sortie du glyphosate, dont on voit bien que les alternatives crédibles peinent à se dégager et entraîneront en toute hypothèse un surcoût.

Sociétal enfin avec, d’une part, une montée en puissance des actions violentes des mouvements antispécistes, qui touchent au cœur des éleveurs pourtant soucieux du bien-être de leurs animaux et, d’autre part, la prise de conscience par le grand public d’un nombre anormalement élevé de suicides dans la population agricole, tendance difficile à enrayer au regard des causes multifactorielles de ce phénomène auquel on ne peut se résoudre.

Les plus pessimistes considéreront que la dialectique entre la société et ses agriculteurs génère le « malaise paysan », ce dernier étant confronté aux injonctions sociétales fluctuantes d’une alimentation toujours plus saine et plus respectueuse de l’environnement et du bien-être animal, sans que le consommateur accepte toujours d’en payer le prix.

Mais de ces injonctions, de nombreux chefs d’entreprises agricoles ont décidé, individuellement ou collectivement, d’en faire une force pour repartir à la conquête du consommateur. Ils ont choisi de se démarquer à travers des labels, des signes de qualités, des certifications ou de se saisir des réseaux sociaux pour communiquer directement et positivement avec les citoyens.

Les grands enjeux de 2020 se profilent déjà : la réforme de la Politique agricole commune et la définition du Plan Stratégique National (PSN) ; l’urgence climatique qui exige aussi des acteurs de l’économie agricole et alimentaire des réponses plus rapides qu’on ne pouvait l’imaginer ; la réforme des outils de régulation du foncier à propos desquels le ministre de l’Agriculture oscille encore entre un dirigisme accru et un contrôle réduit mais plus efficace.

Sur tous ces sujets, agridées offrira en 2020 un lieu de débat, fournira des clés de compréhension et avancera des propositions. Rejoignez-nous et participons ensemble !


Jean-Baptiste Millard

11 décembre 2019

La Revue agridées

Numéro 239 : dynamiser les territoires ruraux

En fournissant une alimentation saine et durable aux grands bassins de vie, en produisant des biocarburants et des biomatériaux, mais aussi en pratiquant l’agrotourisme, le secteur agricole est un trait d’union entre les métropoles et les territoires ruraux. Les hommes et les femmes qui travaillent avec, dans, ou pour le monde agricole et l’agro-industrie représentent autant d’activités et d’emplois non délocalisables qui ont vocation à structurer et faire vivre les territoires, aujourd’hui comme demain. Pour autant, l’accès aux services publics n’est pas encore égalitaire et les campagnes s’inquiètent de cette désaffection. Le numérique constitue une voie d’espoir et même dans certains cas un accélérateur pour des territoires plus ou moins reculés, qui peuvent ainsi saisir des opportunités. Les 28es Assises de Sol et Civilisation (cf. page 17) organisées en partenariat avec agridées ont particulièrement montré les enjeux du numérique pour les territoires ruraux. Au-delà des modes de vie, le vivre ensemble devient une nécessité pour qui souhaite s’installer et se développer sereinement au sein des territoires.


agriDées

29 novembre 2019

Point de vue

Nouvelle PAC : si loin, si près

L’année 2019 qui s’achève n’a pas été une grande année européenne. Des conflits profonds entre Etats membres, des élections au Parlement européen marquées par l’arrivée de nouveaux députés qui contestent l’U.E., une nouvelle Commission accouchée aux forceps, un Brexit dont on attend la scène finale avec lassitude. « Et pourtant elle tourne… ! » pour reprendre la formule célèbre de Galilée appliquée à l’Europe.
Le 1er juin 2018 la Commission avait dévoilé les grandes lignes d’un projet de réforme pour l’après 2020 de la principale des politiques européennes, la PAC, soit presque 40 % du budget actuel. Le Parlement et le Conseil s’en sont emparés, ont sérieusement avancé, mais il manque un consensus sur un sujet clé sans quoi rien n’est possible, les lignes budgétaires pour 2021/2027.
En synthèse, la Commission préconise un renversement radical de l’organisation politique et administrative de la PAC : il reviendrait aux Etats membres de proposer chacun dans un cadre souple un plan stratégique national agricole, qui serait ensuite validé par la Commission. Le budget affecté à la PAC serait clairement réduit, en dessous de 30% des dépenses totales. La palette des soutiens serait verdie. L’organisation des marchés en resterait globalement à l’Omnibus.
Cette supposée nouvelle PAC parait loin. Loin dans le calendrier, avant une approbation des 27 Etats membres et un accord institutionnel. Loin des attentes économiques des opérateurs à propos du maintien du bon fonctionnement d’un marché intérieur, des conditions égales de concurrence, des couvertures des risques pour les entreprises agricoles…
En réalité nous sommes relativement près. A Bruxelles les représentants des Etats ne débattent pas de la « renationalisation » de la PAC, mais ils veulent plus de flexibilité. La Commission prépare son « Green Deal » dont la PAC pourrait être un levier environnemental et climatique. Grosso modo la France soutient le projet de la Commission. Les parlementaires s’interrogent autant sur l’impact sociétal et territorial de la PAC que sur son organisation économique.
Bruxelles, ce n’est pas loin, c’est tout près. Le Bureau d’Agridées vient d’y consacrer une journée de travaux et de prise de contacts. Que chaque organisation fasse de même pour s’exonérer des débats franco-français et se poser la question de légitimité et de sens. Quant à nous, il s’agit de promouvoir les trajectoires entrepreneuriales dans un cadre organisé.


Michel Crespel

15 novembre 2019

Point de vue

Photo Jean-Baptiste Millard

Glyphosate : une certification de l’agriculture de conservation pour sortir de l’impasse

Jeudi 14 novembre 2019, agridées a accueilli Les Rencontres de l’Essonne sur le thème « Cycle croissance verte : Quels leviers pour rendre l’agriculture plus durable ?»[1].

L’agriculture durable est la déclinaison en agriculture du développement durable : un développement qui répond aux besoins présents, sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. Intégrée dans l’un des 17 objectifs de développement durable (ODD) de l’Agenda 2030 de l’ONU, l’agriculture durable consiste donc à pratiquer une agriculture économiquement efficace, écologiquement responsable, socialement équitable.

L’agriculture de conservation des sols a été clairement identifiée par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) comme participant à une agriculture durable. Il s’agit de méthodes culturales qui maintiennent une couverture permanente du sol, avec des couverts d’interculture, une perturbation mécanique minimale des sols et une diversification des espèces végétales. Cette combinaison de pratiques a pour vertus de réduire la dégradation des sols en limitant notamment leur érosion et d’améliorer leur fertilité en utilisant intensivement les processus biologiques et écologiques de l’écosystème du sol. L’agriculture de conservation favorise ainsi la biodiversité au-dessus et en dessous du sol et, au regard du défi climatique, augmente la captation du carbone dans les sols tout en en limitant les émissions par une réduction du travail du sol.

Problème : l’agriculture de conservation a recours à des herbicides. Le glyphosate est privilégié car très économique et efficace. Il participe ainsi à un système agro-écologique vertueux et performant.

La mission parlementaire d’information sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate ne s’y est pas trompée. Dans son rapport d’étape paru le 13 novembre 2019[2], la mission d’information concède que « le cas le plus sensible, par ses enjeux agronomiques et environnementaux, est celui des exploitations pratiquant l’agriculture de conservation sans labour » et admet « qu’un usage raisonné de la substance permet de diminuer au global l’utilisation des herbicides ».

Déjà en 2017, l’INRA avait constaté[3] qu’en l’état actuel des connaissances, il n’y avait pas d’alternative efficace au glyphosate pour entretenir une parcelle dans la durée sans travailler le sol.

En définitive, la mission d’information admet que le travail du sol demeure la seule méthode convaincante pour remplacer le glyphosate, annihilant de ce fait tous les atouts de l’agriculture de conservation.

Aussi une interdiction de la molécule en 2021 mettrait paradoxalement les exploitants pratiquant ce système vertueux en grandes difficultés, quand il convient au contraire de soutenir cette trajectoire.

Alors face à une volonté politique de sortie de glyphosate qui ne fléchit pas mais qui admet la possibilité de dérogations justifiées, que faire ?

Selon nous, la certification de l’agriculture de conservation, qui fait un usage modéré du glyphosate, apparaît de plus en plus comme une voie de sortie pour lui permettre, en étant mieux reconnue, de se développer et de démontrer ses aménités.

L’agriculture biologique et l’agriculture de conservation des sols concourent chacune à la promotion d’une agriculture durable. La première a son label, la seconde mérite sa certification.

[1] En présence de François Durovray, Président du Conseil départemental de l’Essonne, Samuel Vandaele, Président de Jeunes Agriculteurs et Antoine Guibourgé, Directeur de Studio Mugo.

[2] Rapport d’information par la mission d’information de l’Assemblée Nationale sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate.

[3] Rapport sur les usages et les alternatives au glyphosate dans l’agriculture française, INRA, novembre 2017  


Jean-Baptiste Millard

14 novembre 2019

Tribunes

Photo M.Dubois

L’exigence d’une alimentation saine : quelles conséquences pour l’agriculture ?

Le souhait d’une alimentation plus saine est pour chacun une évidence. Qui ne désire pas manger le mieux possible qualitativement et quantitativement ? Mais rien n’est simple en ce sujet…


Michel DUBOIS

25 octobre 2019

Analyses

Biocarburants : toujours présents !

Alors que le changement climatique est de plus en plus impactant et que selon le Haut Conseil pour le Climat, la France ne fait pas assez d’effort pour lutter contre le changement climatique , il nous a semblé important de faire le point sur la situation actuelle des biocarburants, en France, en Europe et au-delà. Après s’être fortement développés depuis une trentaine d’années, leur production et leur incorporation ont récemment tendance à stagner pour différentes raisons : suspicion de concurrence avec les usages alimentaires pour les biocarburants de première génération, promesses non tenues des biocarburants de seconde génération… La Directive européenne sur les Energies Renouvelable (RED II) a été adoptée en décembre 2018 et a tranché : l’objectif d’incorporation des biocarburants de première génération est maintenu à 7%, et celui des biocarburants avancés s’élève à 3,5% en 2030. En 2019, différentes organisations (OCDE et FAO, Agence Internationale de l’Energie, IFP Energies Nouvelles) ont publié des études sur l’existant et sur les perspectives pour la prochaine décennie, y compris les voies de recherche et d’innovation. Cette analyse propose une synthèse de ces éléments, dans le droit fil de la note d’agridées « Bioéconomie : entreprises agricoles et société, une urgence partagée » d’octobre 2018. L’énergie demeure une voie de valorisation importante pour la production agricole, source de solutions concrètes face au changement climatique…


Marie-Cécile Damave

25 octobre 2019

Tribunes

Illustration article de Total Photo de Photo Bernard PINATEL copyright ; Bruno Mazodier

Total et le monde agricole, un partenariat de plus de trente ans

À l’occasion de l’entrée en production de la bioraffinerie de La Mède Bernard Pinatel, directeur général Raffinage-Chimie de Total, souligne la nécessité de maintenir un dialogue permanent et de qualité entre l’industrie et la filière agricole française…


Bernard Pinatel

25 octobre 2019

Point de vue

Numérique et ruralité : construire une stratégie « gagnant–gagnant »

L’ensemble des acteurs de la société, de toutes générations et de tous horizons, perçoivent et mesurent combien le numérique s’étend dans le quotidien de chacun. Ainsi, c’est sur le thème « Numérique et Ruralité – Nouveaux liens et mutations dans les territoires » que Sol & Civilisation tiendra le 7 novembre prochain ses 28èmes Assises en partenariat avec agridées.

Il s’agit d’un thème éminemment stratégique pour les territoires ruraux redoutant d’être, à l’heure des nouvelles technologies, de l’immatériel, du virtuel, les « oubliés » d’une économie en mutation.

A contrario, le numérique ne serait-il pas, à l’heure des réseaux, une chance voire une formidable opportunité pour la ruralité et ses acteurs leur conférant ainsi un avenir insoupçonné ?

En effet, le développement du numérique n’est-il pas, des expériences et des réalités tangibles le démontrent, une réponse au désenclavement des territoires, à l’accès aux services, au transfert des savoirs et compétences, au développement des entreprises et marchés, à la promotion du tourisme et plus globalement à l’économie collaborative ? 

Mais cela implique différents prérequis pour que certains fossés existants dans notre société ne se creusent davantage par une fracture numérique qui accentuerait les inégalités dans l’accès aux outils entre les territoires et, en définitive, entre les urbains et les ruraux. Les réponses à apporter aux questions des équipements, des tiers-lieux, du grand débit, de la formation des jeunes, des aînés, des élus, …, sont donc majeures et nécessitent de gérer la transition numérique sur la durée. En d’autres termes, le numérique ne peut pas être qu’un outil mais doit constituer un service supplémentaire pour apporter du « plus » et non pour compenser du « moins ». Car l’abondance d’outils pour tisser des relations, pour faire du lien, ne garantit en rien que l’on fasse société. En cela le numérique, notamment dans les territoires ruraux, est vraiment l’affaire de tous.

Quoiqu’il en soit, le mouvement de numérisation et de dématérialisation des activités, des services, des procédures… est un mouvement de fond et incontournable. Le numérique offre d’importants et indéniables atouts, si son développement est placé au cœur d’une vraie stratégie de territoire, à la fois économique, sociale et environnementale et qu’il demeure au service de tous.

Par cette journée de réflexion co-organisée par Sol & Civilisation et agridées, les deux think-tanks entendent contribuer à construire une stratégie « gagnant-gagnant » pour les territoires, leurs acteurs et pour une ruralité choisie. C’est à cet important rendez-vous, avec exposés d’experts et tables rondes, que vous êtes conviés à participer et débattre dans l’amphithéâtre d’agridées. 

11 octobre 2019

Point de vue

Agriculture connectée et de précision : espoirs et réalité

Un groupe de chefs d’entreprise allemands de la région de Rhénanie-Palatinat est venu visiter agridées afin d’échanger sur l’état des connaissances au sujet de l’agriculture de précision connectée.
Après avoir écouté la délégation et organisé un échange avec des experts français, agridées les a emmené voir la « ferme agro-écologie 3.0 » de Péronne puis la station Arvalis de Villers St Christophe dans les Hauts-de-France
Il ressort de ces échanges que la technique permet dorénavant d’associer capteurs, caméras d’analyse multi spectrale, drones et stations météo connectées dans le but de prévoir et préciser les interventions culturales.
D’ici quelques temps, un véritable tableau de bord numérique permettra une gestion avancée de l’exploitation agricole. L’addition des cartes de résistivité électrique associée aux cartes de rendement des sols permettra de géolocaliser de façon pertinente et donc d’optimiser les apports d’intrants.
Nous entrons donc dans une agriculture de précision connectée dite « 4.0 ».
Tous ces outils à présent disponibles restent cependant comme des briques au pied du mur tant que la construction et l’architecture du modèle ne sont pas finalisées. Mais l’affaire avance.
Un participant a comparé cette irruption digitale dans l’agriculture à la révolution de la mécanisation puis de la motorisation au siècle dernier.
Naturellement, les questions portent sur le rapport coût/efficacité et le temps de retour de ces nouveaux investissements. Les chefs d’entreprise ne les adopteront que s’ils perçoivent la capacité à enrichir la chaîne de valeur.
Si ces technologies sont passionnantes et prometteuses, les résultats tangibles sont encore à préciser. Avec cinq ans de recul, la Ferme 3.0 constate en effet à ce stade des gains marginaux de rendements en blé. Souvent, en effet, le sol, la météo, les marchés ont le dernier mot, effaçant toutes les finesses mises en œuvre par l’agriculture de précision connectée. Et les aides directes de la PAC constituent encore une part importante du résultat de l’entreprise agricole.
Certes l’agriculture de précision connectée ouvre des percées intéressantes qui vont permettre l’optimisation de l’utilisation des intrants et donc leur innocuité.
Mais sachons raison garder et rester les pieds sur terre. Le contexte pédoclimatique d’un côté et le contexte économique et les aides de la PAC de l’autre sont les deux mamelles du revenu agricole.


Francis CAPELLE

8 octobre 2019

Points clés

Points clés “France-Allemagne : rencontre des acteurs de l’agriculture de précision”

Plus d’informations sur le programme, les participants et les interventions sur ce lien : https://www.agridees.com/evenement/france-allemagne-rencontre-des-acteurs-de-lagriculture-de-precision/


Marie-Cécile Damave

27 septembre 2019

Point de vue

Agriculture de précision : faciliter le dialogue et la coopération franco-allemande

Dans son rôle de think tank pro-européen, agridées organise et accueille les 1er et 2 octobre 2019 une rencontre des acteurs de l’agriculture de précision allemands et français. Le Land allemand de Rhénanie-Palatinat, qui nous est frontalier, est une région agricole et viti-vinicole remarquable, dans toutes ses dimensions : production, recherche, formation et industrie innovante.
Le ministère de l’agriculture et de la viticulture de Rhénanie-Palatinat nous a choisis pour organiser deux journées de rendez-vous entre responsables politiques, académiques et économiques de ce Land et leurs homologues français. Séminaire, rendez-vous d’affaires et visites de terrain permettront aux participants de croiser leurs expériences et leurs visions sur les enjeux et les solutions innovantes, et illustreront les réalités opérationnelles de l’agriculture de précision dans nos deux pays.
Les enjeux, les risques et les opportunités sont partagés : l’agriculture de précision propose un jeu d’outils pour une agriculture et une viticulture plus durables, dans ses trois dimensions (économique, environnementale et sociétale), mais la transparence sur les utilisations et valorisations des données pour ceux qui les génèrent, et en particulier les agriculteurs, est une préoccupation centrale. Comment se positionnent les actions des services publics et des acteurs privés face à cette question ? Pour s’approprier ces outils, les agriculteurs ont besoin d’y avoir accès. D’où les nécessaires formations et démonstrations, et la garantie d’un solide retour sur investissement, pour un juste retour de la valeur aux chefs d’entreprise agricole. Rendez-vous le 1er octobre pour avancer ensemble sur ces questions et éclairer les acteurs.


Marie-Cécile Damave

17 septembre 2019

Tribunes

L’homme, l’animal et le droit

Pour son 35ème congrès l’Association française de droit rural (AFDR) a choisi d’aborder la question des statuts pour les animaux, mais aussi celle de la place de l’animal dans l’économie ou encore de la place de l’homme face à l’animal.

13 septembre 2019

Point de vue

Besoin d’Europe

Il peut paraître paradoxal d’évoquer l’Europe à un moment où le débat sur le Brexit atteint son apogée et où l’éventuel accord avec le Mercosur est voué aux gémonies. Qu’est-ce que c’est que cette Europe ?
En 2019 l’Union Européenne a renouvelé les composants de ses institutions,
-Un nouveau Parlement réélu au printemps. Les nouvelles commissions parlementaires se remettent au travail, dont celle dédiée à l’agriculture et au développement rural qui reprend et poursuit les travaux entamés sur la réforme de la PAC. L’évolution des agricultures en dépend.
-Une nouvelle équipe de commissaires, dont chacun va être auditionné par les parlementaires, au sein d’une Commission présidée par Ursula Von der Leyen. Son programme se dévoile, l’élément majeur étant un « Pacte Vert », pour le climat.
Nous vivons dans un monde pensé « glocal ». Global au sens où les enjeux se perçoivent comme étant planétaires, le climat, les technologies portant l’information… Local au sens où la production devrait gagner en proximité, le circuit court et la zone tampon. Face à de telles questions considérées comme essentielles et dominantes, les réponses portent un risque de repli sur soi, économique, commercial, technologique. Et pourquoi pas, identitaire.
Pourtant dans le domaine de la politique agricole et de la chaîne alimentaire, nous bénéficions d’une colonne vertébrale identitaire, c’est l’Europe. Entre global et local il y a un projet commun, l’Europe, dont la moindre vertu n’est pas d’être négocié à 28 ou 27, ce qui limite les vocations de vouloir s’ériger en phare pour éclairer un monde obscur. Que Madame Von der Leyen parle de climat mais n’hésite pas à convoquer la PAC. Que nos décideurs en France évoquant si souvent dans de nombreux domaines la souveraineté précisent si elle est alors française ou européenne. La PAC a été une conquête. Elle doit certes se réformer. Il s’agit désormais d’un projet de reconquête pour toujours bénéficier d’un marché commun, de règles communes.
Nous avons besoin d’une Europe solidaire, innovante et concrète, dont de toute façon l’agriculture, dans ses multiples attributs et responsabilités, constitue un socle d’avenir. A nous de savoir mieux l’expliquer et le communiquer.


Yves LE MORVAN

12 septembre 2019

La Revue agridées

Numéro 238 : RSE : des engagements à valoriser

Sommaire Bulletin d’abonnement – P. 2   EDITORIAL Notre ADN : cultiver le débat, produire des idées, Jean-Baptiste Millard, Délégué général, agridées – P. 3   PROTEINES Economie, […]


agriDées

8 août 2019

Analyses

CETA : opportunités réelles, menaces virtuelles

L’Assemblée Nationale a voté en faveur de la ratification du CETA. En France, ce vote a provoqué des actions contestataires très musclées, révélatrices de craintes d’ordre économique, sociétal et environnemental. La vague de violence à l’encontre des députés qui ont voté en faveur de la ratification succède à des années de craintes du monde agricole envers le libre-échange…


Marie-Cécile Damave

5 juillet 2019

Analyses

UE – Mercosur : enjeux, risques et opportunités

Depuis l’annonce par la Commission européenne de la conclusion des négociations commerciales avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) le 28 juin 2019, de nombreux représentants du monde agricole français ont exprimé leurs craintes, voire leur colère, face aux impacts de cet accord pour leurs secteurs d’activité . Face à ces réactions, la Commission européenne temporise, prend de la hauteur et répond point par point. Cette analyse développe les arguments de la Commission qui relèvent des enjeux géopolitiques et économiques de cet accord, ainsi que les opportunités qu’il offre pour les secteurs agricoles et agroalimentaires. Ce sont des éléments à prendre en compte pour les acteurs économiques.


Marie-Cécile Damave

5 juillet 2019

Point de vue

Photo Jean-Baptiste Millard

L’ADN d’agridées : cultiver le débat, produire des idées

La vocation première d’un think tank tel que le nôtre est de susciter les questions, participer aux débats, s’engager en produisant des idées et avis, nourrir et influencer la prise de décision. Agridées a choisi d’emprunter cette voie dans une démarche non partisane et indépendante.
Il faut pour cela créer les conditions d’une réflexion de qualité. Agridées a réussi, depuis de nombreuses années, à rassembler l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur, lors de ses conférences ou dans le cadre de groupes de travail animés par ses administrateurs et collaborateurs. Notre think tank a aussi su imposer un style, qui lui est propre, fondé sur la compétence des participants et des intervenants, la qualité de l’écoute et l’enrichissement mutuel.
Souvent galvaudé, le terme d’ « intelligence collective » n’a jamais été aussi bien choisi pour qualifier ces temps d’échanges, à savoir la capacité de la communauté agridées à faire converger intelligence et connaissances pour avancer vers un but commun : la production d’idées. Mais pour qui et pourquoi ?
Ces idées doivent permettre aux entreprises agricoles et agroalimentaires de s’épanouir dans un environnement qui a profondément évolué ces dernières décennies. Or les outils dont elles disposent sont encore trop souvent ceux du passé. Comme nous l’avons rappelé lors de notre dernière conférence consacrée à l’entreprise agricole, il faut imaginer le cadre juridique et économique pour les prochaines années, dans lequel les agricultures doivent pouvoir répondre aux défis toujours plus grands en matière d’exigences qualitatives, environnementales et sociétales.
La rénovation du cadre ne passe pas uniquement par la norme. Agridées entend accompagner les acteurs des filières dans l’émergence de dispositifs contractuels ou de gouvernance leur permettant, en responsabilité, d’être dans des relations gagnant-gagnant. La performance économique ne peut plus être atteinte aujourd’hui sans éthique et quête de sens. L’équation est toujours plus complexe, agridées est aux côtés des acteurs pour la résoudre.


Jean-Baptiste Millard

21 juin 2019

La Revue agridées

Numéro 237 : viticulture les nouveaux défis

Sommaire   EDITORIAL Rétablissons la vérité sur nos métiers, Pierre Colin, administrateur d’agridées – P.3   ASSEMBLEE GENERALE Faire de l’exploitation agricole une entreprise de […]


agriDées

6 juin 2019

Etudes et Rapports

Rapport Activité 2018

Tout au long de l’année, les travaux, interventions et propositions de notre think tank agridées souhaitent accompagner les évolutions indispensables des filières agricoles en ce […]


agriDées

21 mai 2019

Point de vue

Portrait de Pierre LE ROY

Optimiste pour le monde, inquiet pour l’UE, pessimiste pour la France

Le mouvement des gilets jaunes, le Brexit et les élections européennes conduisent chacun à s’interroger sur l’avenir de l’Union Européenne et de notre pays, et le diagnostic est loin d’être rassurant. Mieux vaut alors se tourner aussi vers la situation mondiale, telle qu’elle apparaît à partir de l’évolution de mon Indice du bonheur mondial. La conclusion est alors claire : on peut être optimiste pour le monde, mais inquiet pour l’Union Européenne et pessimiste pour la France.

Optimiste pour le monde
Cela surprendra tous ceux qui se fient aux informations diffusées quotidiennement par les médias et, plus encore par les réseaux sociaux. Ce qui les intéresse, c’est une catastrophe et un scandale tous les quarts d’heure, et n’importe qui désormais peut y raconter n’importe quoi. Nous préférons nous fier aux réalités qui apparaissent à travers l’évolution d’année en année, et non pas de jour en jour, ni d’heure en heure. C’est ce que fait l’indice du bonheur mondial, dont les conclusions, depuis maintenant près de 20 ans, ne se sont jamais démenties : le monde va mieux, puisque l’indice s’est amélioré de 25 % depuis l’an 2000 et que les 6 mauvaises nouvelles sont loin de compenser les 20 bonnes nouvelles que révèlent les chiffres. La liste de ces 6 mauvaises nouvelles (climat, migrations, liberté de la presse, etc…) et de ces 20 bonnes nouvelles (diminution très importante du taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans, moins de suicides et de morts violentes, etc…) figure à la page 60 de « bonheur mondial, édition 2019 », disponible sur le site Internet Globeco (www.globeco.fr).

Inquiet pour l’Union européenne
Les prochaines élections européennes, auxquelles les Britanniques auront peut-être l’impudence de participer, se traduiront vraisemblablement par une nouvelle poussée des anti-Européens. Il faut louer le courage de notre Président, qui est presque le seul à continuer à y croire, puisque Madame Merkel est désormais en bout de course. La raison de cette évolution défavorable est facile à trouver : la moitié des Européens, de plus en plus nombreux,  trouve qu’il y a trop d’Europe, et l’autre moitié, de moins en moins fournie,  trouve qu’il n’y en a pas assez. L’absence de diagnostic commun empêche toute thérapie sérieuse, obligeant les gouvernants à naviguer au jour le jour, sans projet à moyen-long terme capable de fédérer  et de revigorer une majorité d’Européens. Résultat : le scepticisme et l’inquiétude ne cessent de gagner du terrain.

Pessimiste pour la France
Notre pays est coutumier des révoltes et des manifestations plus ou moins rationnelles. Parti d’un constat tout à fait exact (le prix élevé des carburants, du fait de l’augmentation beaucoup trop rapide de la taxe carbone, …), et donc d’un mécontentement tout à fait compréhensible, le mouvement des gilets jaunes a ensuite dégénéré, et la parole de leurs « responsables » s’est alors complaisamment répandue. Le moins qu’on puisse en dire est qu’ils n’ont ébloui personne par leur sens des responsabilités, ce qui ne les empêche pas de penser qu’ils sont capables de gouverner notre pays. Sans doute ne suis-je pas le seul à avoir été surpris par la profondeur de la colère de ces compatriotes qu’aucune mesure ne pourra jamais satisfaire puisqu’ils semblent penser qu’il suffirait de « virer » l’actuel président pour que tout s’arrange … Notre pays sera-t-il capable de donner une réponse satisfaisante à la fois à ceux qui veulent aller de l’avant et à ceux qui souhaitent avant tout bénéficier de ce que les Chinois appelaient « la grande marmite », avant que Deng Xiao Ping ne leur explique qu’il fallait d’abord la remplir pour qu’on puisse s’y approvisionner ? Rappelons que notre pays est celui où la dépense publique et sociale est la plus élevée du monde (57 % du PIB) ; les Français qui  travaillent pour remplir « la grande marmite » ne risquent-ils pas de se décourager ?


Pierre LE ROY

17 mai 2019

Analyses

Couverture du livre "Tous acteurs des données" publié par le think tank Renaissance Numérique

Nouveau livre : “Tous acteurs des données – Appréhender les données pour mieux les valoriser”

Le think tank Renaissance Numérique vient de publier un nouvel ouvrage avec Syntec Numérique (organisation professionnelle des entreprises de services du numérique) : « Tous acteurs des données – appréhender les données pour mieux les valoriser »…


Marie-Cécile Damave

2 mai 2019

Tribunes

À la rencontre des agriculteurs, à vélo !

Du 16 septembre 2018 au 15 janvier 2019, Alexis Peulson, étudiant-ingénieur en agriculture et en environnement et également fils d’agriculteurs, a réalisé un tour de […]


agriDées

26 avril 2019

Analyses

Autorités publiques et entreprises européennes contraintes de revoir leur communication sur l’évaluation des risques

Chaque année à Bruxelles, la Chambre de commerce américaine auprès de l’Union européenne (AmCham EU) organise une séance de réflexion sur l’agriculture et l’agroalimentaire en partenariat avec le ministère de l’agriculture américain (USDA). Celle de 2019 s’est tenue le lundi 8 avril, et notre think tank y a été invité en tant que modérateur. Cet événement était consacré à la communication des risques, tant par les industriels auprès des politiques et du grand public, que par les autorités publiques auprès des citoyens/consommateurs. Ce fut une demi-journée de réflexion et d’échanges entre agro-industriels, représentants des autorités publiques européennes (DG SANTE) et américaines (Service d’inspection de la santé animale et végétale – APHIS de l’USDA), experts universitaires européens en sciences sociales (psychologie, philosophie) et en communication et think tanks européens. Les questions qui étaient au cœur des débats étaient les suivantes : comment construire la confiance à l’aide d’une meilleure communication ? La transparence nourrit-elle la confiance ?


Marie-Cécile Damave

25 avril 2019

Point de vue

Science : la grande défiance

Le 17 avril dernier, le Syrpa consacrait la conférence de son Assemblée Générale au thème « Infox et méfiance généralisée : Comment réintroduire de la science dans […]


Eddy Fougier

24 avril 2019

L’innovation numérique vue de l’OCDE

L’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) vient de publier un rapport intitulé « l’innovation numérique – saisir les opportunités politiques » (uniquement disponible en anglais « Digital innovation – Seizing Policy Opportunities »). Dans cette publication, l’OCDE rappelle que les données sont devenues un facteur-clé de l’innovation, le numérique permet de combiner de plus en plus produits et services innovants, accélère les cycles de l’innovation, et tend vers une innovation de plus en plus collaborative. Cette publication propose une analyse transversale de l’innovation digitale dans les secteurs de l’agriculture et de l’agro-alimentaire, de l’automatisation et du commerce. Elle identifie précisément les axes de travail de notre think tank pour l’agriculture et l’agroalimentaire : agriculture de précision et traçabilité dans la supply chain. Cependant, l’OCDE limite le périmètre de l’agriculture de précision à la production de grandes cultures, surtout dans les grandes exploitations. Or, il convient de ne pas oublier les productions animales, quelle que soit la taille des exploitations. Sur la traçabilité, sujet du groupe de travail actuellement en cours de réflexion chez agridées, l’OCDE pointe du doigt la nécessaire implication de chaque acteur de la supply chain, souvent complexe. Elle insiste sur le travail préalable de définition claire de la nature et de la quantité d’informations à partager…


Marie-Cécile Damave

15 avril 2019

Point de vue

Bâtir un contrat social sur la forêt

Le mot forêt est porteur de permanence et d’éternité. Or, la forêt n’est pas une donnée stable. La surface de la forêt française métropolitaine s’élève à 16,9 millions d’hectares (soit un taux de boisement de 31%). Elle a été multipliée par deux en 200 ans. Et, elle continue de progresser. En localisation, en surface, en composition, en structure, la forêt varie au gré de l’histoire des hommes, en lien avec les demandes de la société : oui, la forêt révèle la société.

L’autre image qu’impose le mot forêt est celle de nature, une forme de perfection de nature. C’est vrai, mais en même temps la forêt est le fruit de l’activité et du travail des hommes : au long des âges, elle a pris des visages qui correspondaient aux activités et aux besoins des hommes.

La question se pose aujourd’hui avec acuité : quelle forêt voulons-nous ?

Un poète l’a dit joliment : la forêt est une « coupe de beauté qui toujours déborde ». La forêt est objet d’affection, elle est espace d’immersion, d’émotion : chaque personne voit « sa » forêt à sa manière. Nos concitoyens aiment l’arbre, ils aiment la forêt, mais ils détestent la gestion forestière, les travaux en forêt, les coupes d’arbres, tout ce qui fait du bruit et de l’agitation dans cet espace qui doit être calme, tout ce qui bouleverse ce paysage qui doit être stable, immuable.

Aujourd’hui, notre société privilégie la forêt paysage, la forêt loisirs, la forêt biodiversité ; elle tend à rejeter la forêt productive, celle pourtant qui nous apporte, d’une façon durable et parfaitement renouvelable -grâce au mécanisme de la photosynthèse-, un bois (bois construction, biomasse énergie …) bien en phase avec nos besoins.

De tous temps, les hommes ont profité du bois, des produits, des bienfaits de la forêt : cette éternelle relation entre les hommes et la forêt peut se poursuivre, elle doit se poursuivre.

La gestion forestière et sa déclinaison technique, la sylviculture, doivent évidemment inventer des formes appropriées et durables, acceptées sinon désirées, pour traduire cette relation à double bénéficiaire. Une relation « amicale » à travers laquelle la forêt apporte aux hommes des biens et des services précieux qui concourent à la lutte contre le changement climatique, à la mise en place d’une économie moins carbonée, à la protection de la biodiversité, à la beauté des paysages, à l’épanouissement des hommes. Une relation à travers laquelle les hommes protègent la forêt, en garantissent sa pérennité et sa qualité dans le temps long qui est le sien.

Pour cela, il est essentiel d’installer un dialogue serein, respectueux et constructif entre les forestiers et la société. Il y a un véritable contrat social à bâtir sur le triptyque forêt/forestiers/société.

Charles Dereix

Ingénieur général des Ponts, des Eaux et des Forêts honoraire

Président d’honneur du Groupe d’Histoire des Forêts Françaises

Président de l’association Forêt Méditerranéenne

Membre du groupe Forêt de La Fabrique Écologique

5 avril 2019

Point de vue

Un débat pour mieux appréhender les biens communs en agriculture

Pas une journée ne passe sans lire un article évoquant les communs ; pas une semaine ne s’écoule sans l’intervention d’une personnalité politique ou associative qui inscrit son discours dans la défense des biens communs. Les communs sont partout !

Rappelons qu’il s’agit de ressources partagées, gérées par une communauté d’usagers dans le but de les pérenniser. Qu’ils soient naturels, sociaux ou culturels, ils interrogent donc sous un angle neuf le rapport de l’homme à son environnement et à toute la société.

L’activité agricole participe à ce questionnement. Se situant au carrefour  de nombreux communs, qu’ils soient matériels et naturels (comme l’accès à l’eau, la diversité biologique) ou immatériels (le partage des données agricoles, les indications géographiques, les connaissances génétiques…), l’agriculture doit relever aujourd’hui plusieurs défis fondamentaux : nourrir une population toujours plus importante, garantir la protection et le renouvellement des ressources naturelles dont elle a besoin pour produire, contribuer à la lutte contre le changement climatique.

Mais l’agriculture est aujourd’hui un secteur ancré dans l’économie de marché, où la propriété privée joue un rôle moteur et où l’initiative individuelle et entrepreneuriale est féconde. Aussi, mieux prendre en compte les communs dans ce secteur oblige à repenser leur articulation avec le marché et l’Etat.

Il importe donc de mesurer les conséquences d’une présence accrue des communs en agriculture. Quelle réalité recouvrent-ils, quelle traduction juridique leur donner, quelle gouvernance leur associer ?

C’est à ces questions que les participants aux 18e Rencontres de droit rural (RDR) tenteront de répondre le 11 avril prochain à agridées. Nous vous y attendons nombreux !


Jean-Baptiste Millard

3 avril 2019

Analyses

Génomique et numérique contre les risques d’intoxications alimentaires

Du 26 au 28 mars, une conférence scientifique internationale s’est tenue à Paris sur le thème « Protection de la santé publique : impact du séquençage complet des génomes des pathogènes d’origine alimentaire ».


Marie-Cécile Damave

25 mars 2019

Analyses

Agtech et FoodTech : quelles perspectives internationales ?

RESUME :

Au niveau mondial, les investissements dans l’AgTech et la FoodTech n’ont jamais été aussi importants : 16,9 milliards de dollars en 2018, contre 11,6 milliards de dollars en 2017. Ce sont les applications Food Tech qui sont les plus dynamiques. Difficile de se repérer parmi toutes les startups et petites entreprises qui fleurissent en la matière, tant elles sont nombreuses et variées. Des cartographies, souvent établies par des sociétés de capital-risque, permettent d’y voir plus clair, non seulement sur les acteurs, mais surtout sur les catégories d’acteurs émergents : côté amont, elles passent des biotechnologies à la robotique en passant par les places de marché, les logiciels de gestion de l’exploitation ou les fermes verticales. Côté aval, les acteurs de la FoodTech proposent des solutions de mise en marché en ligne, en magasin ou dans la restauration, d’épicerie en ligne, ou des technologies de préparation culinaires à domicile par exemple. Enfin, des organisations internationales telles que l’OCDE étudient les enjeux de l’AgTech et de la FoodTech, non seulement sur la production agricole et agroalimentaire, mais également sur les échanges commerciaux de ces produits. Les applications de l’intelligence artificielle se développent, en particulier en termes de reconnaissance et analyse d’images pour le suivi des cultures et développer des modèles prédictifs.


Marie-Cécile Damave

22 mars 2019

Point de vue

Vous avez dit agribashing ?

Agribashing, un nouveau mot à la mode. Une situation que tous les responsables professionnels et de nombreux responsables politiques regrettent et condamnent. Mais, au-delà, de […]


Patrick FERRERE

12 mars 2019

La Revue agridées

Numéro 236 : Europe et agriculture

Au sommaire :   EDITORIAL Pour un projet fédérateur en agriculture, Damien Bonduelle, Président, agridées – p.3   REFLEXIONS Construire une stratégie export pour le blé […]


agriDées

8 mars 2019

Point de vue

Photo ML Hustache

Les agricultures en force au SIA et SIMA 2019 !

De la bioéconomie à l’agriculture urbaine en passant par la recherche et l’agriculture de précision, agridées soulignait déjà dans son ouvrage collectif anniversaire intitulé « 150 […]


Marie-Laure HUSTACHE

27 février 2019

Points clés

POINTS CLES :”L’agriculture augmentée : une réalité d’aujourd’hui et demain”

Retour sur la conférence proposée par le think tank agridées et AXEMA  organisée dans le cadre du SIMA le lundi 25 février 2019.


Marie-Cécile Damave

13 février 2019

Point de vue

L’agriculture augmentée : quelles réalités aujourd’hui et demain à l’international ?

Le Mondial des fournisseurs de l’agriculture et de l’élevage (SIMA) va bientôt ouvrir ses portes. Si de nombreuses innovations technologiques y seront mises en avant, […]


Marie-Cécile Damave

25 janvier 2019

Point de vue

Les exportations céréalières françaises ont un avenir

La France exporte actuellement 34 millions de tonnes de blé tendre, maïs, orges, blé dur vers l’Union européenne ou les pays tiers. Et demain ?

 Un humoriste a dit « Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir ». Muni de cette humilité, il convient de dissocier le marché intracommunautaire (60% des flux de céréales françaises) des marchés des pays tiers (40% des flux) dont la diversité appelle de nouvelles propositions.

 Dans l’organisation du marché intracommunautaire, les relations commerciales, techniques et financières entre opérateurs sont marquées par des anticipations et un dialogue continu. Tout comme sur le marché national, les conditions de création de valeur sont maitrisées. Lors de l’agridébat organisé par agridées le 22 janvier 2019 : « Filière céréalière française, construire une stratégie d’exportation » Arnaud Petit le Directeur Exécutif du Conseil International des Céréales a dans son intervention souligné le poids du marché européen, ses perspectives de développement et la diversité des utilisations. L’intérêt et les mérites du grand marché européen sont trop souvent négligés pour toutes nos céréales, alors même qu’il constitue le principal débouché international pour le maïs et le blé dur.

Parallèlement, les échanges mondiaux de céréales poursuivent leur croissance permanente. Les mutations de ce marché sont radicales. Pour le blé, les pays du bord de la mer Noire sont devenus leaders à l’exportation (la Russie en premier rang) et prospèrent sur nos marchés historiques tels que Méditerranée-sud et Afrique notamment.

La filière céréalière française doit donc s’adapter, plus encore qu’elle n’a commencé à le faire. La Note de think tank que vient de publier agridées pointe trois leviers : améliorer la compétitivité des entreprises, organiser une véritable chaîne dédiée à l’exportation, élargir la palette qualitative de notre offre.

Ce thème de l’organisation de la chaîne exportatrice vers les pays tiers s’avère décisif, or il ne dépend pas des pouvoirs publics, mais d’une prise de conscience collective de tous les acteurs économiques suivie de leur évolution entrepreneuriale. Les participants des deux tables rondes de l’agridébat du 22 janvier 2019 l’ont affirmé, les exportations de céréales françaises pourraient connaitre un bel avenir : Si les entreprises savent fédérer leur énergie dans la continuité et avec une relation collaborative (« Les opérateurs français ont alors à jouer un rôle structurant » Pierre Duclos, Agri Trade Consulting, 1ère table ronde) ;  et même au-delà dans le champ coopératif qui regroupe 75% de la collecte, si les coopératives repensent leur supply chain (« Il faut créer un nouveau modèle compétitif collectif, regrouper les bureaux de trading » Thierry Blandinières, InVivo, lors de la seconde table ronde).

Les idées ont été lancées, qu’elles soient débattues et qu’elles prospèrent !


Yves LE MORVAN

25 janvier 2019

Points clés

POINTS CLES de l’agridébat « Filière céréalière française : Construire une stratégie d’exportation » du 22 janvier 2019.

En introduction de l’agridébat, Arnaud PETIT, Directeur Exécutif du Conseil International des Céréales (CIC), a présenté les activités du CIC puis évoqué les mutations des marchés céréaliers.


Yves LE MORVAN

24 janvier 2019

Analyses

Forum international de l’agriculture et de l’alimentation Berlin : focus sur le numérique

Chaque année pendant la Semaine Verte à Berlin, le « Global Forum on Food and Agriculture » (GFFA) réunit de nombreux acteurs du monde agricole et agroalimentaire autour d’une thématique. En 2019, le GFFA s’est concentré sur les outils numériques qui transforment les chaînes de valeur à travers le monde. La tonalité des discours était plutôt pragmatique. Ont autant été présentés les espoirs du smart farming, de l’agriculture de précision et de la blockchain pour répondre aux Objectifs de Développement Durable, que les limites du déploiement de ces technologies dans le monde rural (impasses techniques, modèles économique encore en construction, nécessité de formation), des aspects auxquels agridées est sensible depuis longtemps dans ses travaux sur la transition numérique agricole (note, groupes de travail).


Marie-Cécile Damave

23 janvier 2019

La Revue agridées

Durabilité des matières premières : réconcilier consommateurs et producteurs

« Les consommateurs s’invitent de plus en plus dans le sourcing des matières premières protéiques nécessaires à l’alimentation animale ou humaine. »


agriDées

22 janvier 2019

Notes

Filière céréalière française : construire une stratégie d’exportation

Colosse aux pieds d’argile, la filière céréalière française fait partie du club distinctif des grands
exportateurs mondiaux, mais doit faire face à de nombreux vents contraires. Une tonne sur deux des céréales produites est exportée. Le blé, en tant que tel ou transformé en baguette, fait partie de l’image de la France à l’étranger. Notre commerce extérieur serait encore plus anémique s’il ne bénéficiait pas du solde exportateur céréalier, qui ne se compte pas en euros, ou en tonnes, mais en Airbus. En réalité, cette réussite se montre fragile….


Yves LE MORVAN

11 janvier 2019

Point de vue

Des vœux pour des agricultures européennes reconnues et confortées

En ce début d’année 2019, je veux souhaiter mes meilleurs vœux à tous les acteurs qui œuvrent pour donner à nos agricultures et leurs filières une stratégie innovante nous permettant de retrouver la cohérence et notre bon sens paysan dont on a tant besoin.
Je m’adresse tout d’abord aux eurodéputés, aux membres du Conseil et tous les experts européens consultés. Qu’ils entraînent l’ensemble des Etats membres autour d’un véritable projet politique fédérateur qui saura reconstruire une vision commune tant attendue et redonner à l’Europe agricole le rang mondial qu’elle mérite, une reconnaissance forte auprès de sa population, et aux entreprises une situation économique viable et pérenne.
Je m’adresse ensuite aux élus, aux décideurs nationaux, aux organisations représentatives de la société et à tous les acteurs cherchant à agir d’influence au nom d’un « meilleur être sociétal ». Qu’ils tiennent compte de cette vision commune, des règlements collectifs qu’on ne peut négliger, et qu’ils aient le souci de placer les acteurs agricoles en situation de réussir la mutation tant attendue de nos entreprises et de leurs pratiques, dans un climat de confiance retrouvée et avec toute la sérénité nécessaire à une bonne compréhension.
Je m’adresse enfin à l’ensemble des représentants des acteurs agricoles et alimentaires. Que l’audace et le goût du risque puissent les amener à dépasser leurs lignes classiques menant souvent à l’immobilisme, sans excès de naïveté, bien-sûr, mais permettant des réponses positives à une attente qui correspond souvent à une réelle incompréhension et une crainte certaine de consommateurs parfois désorientés.
Souhaitons la mise en œuvre d’une politique agricole vraiment commune, acceptée de tous, et forte d’un projet ambitieux tenant compte de nos spécificités européennes et dans laquelle nos entreprises pourront collectivement et collaborativement répondre dans le plus grand intérêt de nos populations et apportant respect et dignité sur toute la chaîne du champ à l’assiette.
Je fais le vœu d’œuvrer au sein du think tank agridées dans ce sens, en continuant de proposer des axes précis et des actions concrètes que nos entreprises adhérentes, comme tous ceux qui nous suivent, souhaitent voir mettre en place dans le souci de répondre à l’attente sociétale, et dans un contexte toujours plus européen.


Damien BONDUELLE

8 janvier 2019

Notes d'analyse

La problématique des protéines pour répondre aux enjeux sociétaux, nutritionnels et économiques en Europe

La Commission européenne a publié le 22 novembre 2018 un « Rapport sur le développement des protéines végétales dans l’Union européenne », faisant suite à la résolution […]


Marie-Cécile Damave

8 janvier 2019

Notes d'analyse

Proteins: a multidimensional issue addressing societal, nutritional and economic challenges in Europe

The European Commission published a “Report on the development of plant proteins in the European Union” on November 22, 2018, following the European Parliament resolution of 17 April 17 2018 on a “European strategy for the promotion of protein crops – encouraging the production of protein and leguminous plants in the European agriculture sector.” This matter will be part of the discussions preparing the Common Agricultural Policy of 2021-2027 including a new “Protein Plan.”


Marie-Cécile Damave

7 janvier 2019

Analyses

Commentaires succincts des principales dispositions adoptées en décembre 2018 dans le cadre de la Loi de finances et de mesures économiques

La loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 de finances pour 2019 a été publiée au Journal officiel de la République française (JORF) le 30 décembre dernier après avoir passé, pour l’essentiel, le filtre du Conseil constitutionnel Décision n° 2018-777 DC du 28 décembre 2018). Egalement soumise à la censure des sages du Conseil Constitutionnel (Décision n° 2018-776 DC du 21 décembre 2018), la loi n° 2018-1203 du 22 décembre 2018 de financement de la sécurité sociale pour 2019 est parue au JORF du 23 décembre. Voici une présentation des principales dispositions de ces deux textes, dont celles touchant au secteur agricole.


Patrick VAN DAMME

7 décembre 2018

Point de vue

Notre planète devient un lieu de nécessaires solidarités

Sécheresse, inondations, excès de températures élevées, …La France n’est épargnée par les conséquences du réchauffement climatique. Un peu partout sur la planète, les cris d’alarme […]


Gerard MATHERON

6 décembre 2018

La Revue agridées

Numéro 235 : Environnement place à l’action

Télécharger le numéro   Au sommaire :   EDITORIAL Notre planète devient un lieu de nécessaires solidarités, Gérard Matheron, secrétaire général d’agridées – P.3   REFLEXION […]


agriDées

23 novembre 2018

Analyses

Quels leviers pour développer le marché du sorgho en Europe ?

Sorghum ID est la jeune interprofession européenne du sorgho. Elle a été créée à l’issue du premier congrès européen de 2016. Les 7 et 8 novembre 2018, le deuxième congrès s’est tenu à Milan, réunissant environ 200 participants internationaux. Le sorgho n’est que la cinquième céréale cultivée dans le monde, loin derrière le maïs, le blé, le riz et l’orge. Son déficit de compétitivité avec le maïs, du point de vue de l’agriculteur, et la méconnaissance des acteurs économiques pour cette plante, qui pâtit encore d’une mauvaise image nutritionnelle dépassée, expliquent que le sorgho ne soit pas davantage répandu. Pourtant, le sorgho est au cœur de la bioéconomie, cette plante étant valorisée en alimentation humaine, animale, et dans les usages non-alimentaires tels que l’énergie. De plus, elle est résiliente face au climat, supportant de hautes températures et une faible disponibilité en eau. Elle présente également de solides atouts nutritionnels (source d’énergie et d’acides aminés, sans gluten). Pour déployer sa production et ses valorisations, il existe différents leviers : l’amélioration génétique pour la rendre plus compétitive et mieux adaptée aux marchés, les outils de politique agricole pour faire changer d’échelle la production européenne et atteindre le seuil critique qui lui fait défaut aujourd’hui, la communication pour informer les acteurs de ses atouts, la transformation des opportunités de marchés en réalités économiques, et l’organisation des filières…


Marie-Cécile Damave

23 novembre 2018

Point de vue

Le développement des biostimulants en Europe nécessite une réglementation harmonisée

Les biostimulants sont des matières fertilisantes qui, en dehors des éléments minéraux qu’ils peuvent contenir, permettent d’améliorer : la résistance des plantes aux stress abiotiques, la nutrition des plantes, la qualité des productions. Ils constituent un outil nécessaire pour relever les nombreux défis auxquels doit faire face l’agriculture : adaptation au changement climatique, réduction de l’empreinte environnementale, réduction de l’usage des ressources fossiles, production pour de nouveaux usages (bioéconomie)…

16 novembre 2018

Points clés

Points clés de l’agridébat “Economie, environnement et santé : les enjeux des protéines” du 13 novembre 2018

Cet agridébat a souligné que dans l’alimentation, les protéines doivent à la fois répondre aux besoins nutritionnels des humains et des animaux, aux demandes sociétales […]


Marie-Cécile Damave

9 novembre 2018

Tribunes

Pour un nouveau Plan Marshall pour l’agriculture et la forêt

Tribune de Gérard NAPIAS, Président de la FNEDT, paru dans le numéro 234 de La Revue agridées page 30.

Le gouvernement a annoncé qu’il autorisera les tests de véhicules autonomes sans conducteur sur l’ensemble du territoire dès 2019. Le régime pénal et civil de ces expérimentations figure dans le projet de loi pour un Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (PACTE) déposé le 6 juin 2018 à l’Assemblée nationale…


agriDées

26 octobre 2018

Point de vue

Saisir d’urgence les opportunités de la bioéconomie pour créer de la valeur

L’économie biosourcée, ou bioéconomie, est en pleine actualité : au moment où agridées publie une note de think tank sur ce sujet, la Commission européenne communique son nouveau plan d’action. Et pour cause : la bioéconomie se situe au cœur des grands enjeux de sécurité alimentaire et énergétique, de lutte contre le changement climatique, de gestion des déchets et de réduction des pertes et gaspillages alimentaires…


Marie-Cécile Damave