Alimentation et traçabilité numérique : gagner en valeur et confiance Publié le 13 avril 2021 par Marie-Cécile Damave

La nouvelle note de think tank « Alimentation et traçabilité numérique – Gagner en valeur et en confiance » est issue des réflexions du groupe de travail d’agridées « Quels outils numériques de la chaîne de valeur agricole et agroalimentaire ? » qui s’est réuni de décembre 2018 à juin 2020. Elle analyse les enjeux, les acteurs et les initiatives en cours dans une approche prospective et formule un certain nombre de propositions.

 

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RESUME

 

La traçabilité dans les chaînes de valeur agricoles et agroalimentaires n’est pas une nouveauté, et de nombreux cahiers des charges existent déjà. Traditionnellement, ils portent surtout sur la qualité et l’origine des produits. Aujourd’hui, les initiatives de traçabilité qui se mettent en place concernent principalement trois grands types de critères, en réponse aux demandes des consommateurs-citoyens et face aux grands enjeux globaux : lutte contre le changement climatique, durabilité environnementale, santé et bien-être animal. Les technologies numériques sont adaptées pour alimenter ces critères complexes : elles permettent de capter un grand nombre de données différentes, précises et infalsifiables, de les agréger et de les traiter avec une grande puissance de calcul. Le numérique transforme non seulement les outils mais également les écosystèmes d’acteurs permettant une traçabilité à la fois plus précise et plus sûre tout au long de la chaîne de valeur. Au final, des méthodes plus modernes de traçabilité s’organisent avec le concours de grandes entreprises des technologies de l’information et des télécommunications, de sociétés spécialistes de la traçabilité, de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution, et enfin des sociétés spécialisées dans la capture et le traitement des données de production agricole. Ces systèmes émergents de traçabilité numérique ont deux principaux objectifs : garantir la sincérité des allégations fournies aux consommateurs sur la base des données enregistrées chez les agriculteurs, et rémunérer ces derniers en retour par le marché. La création de valeur se situe donc autant au niveau des consommateurs, qui gagnent en confiance en trouvant sur le marché des produits qui correspondent à leurs attentes et dont les modes de production sont plus lisibles, que des agriculteurs, dont la production gagne en valeur économique et sociétale. Les principales conditions de réussite de cette traçabilité numérique, plus sûre et plus précise, sont d’une part la qualité des données brutes captées chez les agriculteurs puis agrégées, et d’autre part l’interopérabilité des outils pour que la transmission des informations entre les maillons du réseau de traçabilité soit optimale. La clé de voûte de ces nouveaux systèmes de traçabilité numérique est donc la bonne gestion des données agricoles. Sécuriser leur partage, assurer leur confidentialité est essentiel pour créer de la valeur et établir la confiance, du consommateur au producteur. Il existe de nombreuses initiatives robustes en la matière dans notre pays, qu’elles soient publiques ou privées. Elles doivent être portées au niveau européen afin de construire une véritable Europe des données agricoles qui réponde aux attentes sociétales, aux exigences environnementales et climatiques, dans le cadre de modèles économiques rentables et respectant l’éthique de la donnée pour les agriculteurs et les éleveurs.

 

 

PROPOSITIONS

 

1- Encourager l’engagement « gagnant/gagnant » des agriculteurs et des éleveurs dans l’agriculture de précision : chacun doit fournir un consentement éclairé pour partager ses données (celles captées par les outils les plus intrusifs ne peuvent être conservées que pendant un temps limité) en contrepartie de création de valeur économique et/ou sociétale ;

2- Proposer une information simple et claire aux consommateurs en matière de santé/bien-être animal, de valeur environnementale et de valeur carbone sur la base de cahiers des charges fondés sur des données issues de l’agriculture de précision, fiables et infalsifiables ;

3- Favoriser l’engagement des pouvoirs publics et des acteurs privés afin qu’ils soient acteurs de l’Europe des données agricoles et de labels européens harmonisés sur les critères complexes précités, la standardisation des données étant indispensable pour garantir l’interopérabilité des systèmes.

 


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