Compétitivité et investissements ne riment pas toujours ! Publié le 16 octobre 2015 par

La production du blé 2015 atteint des records : record de surface avec 5,2 millions d’hectares, record de collecte aux environs de 40 millions de tonnes de bonne qualité, en faisant abstraction d’une nouvelle baisse du taux de protéines.

 

Les battages se sont faits dans d’exceptionnelles conditions avec un été chaud et sec à l’origine d’un troisième record : autour de 30 jours de battage pour les machines des entrepreneurs comme pour celle des exploitants.

 

Les conducteurs n’ont connu que quelques jours d’interruption des chantiers. Les batteuses ont fréquemment tourné toute la nuit. Seul bémol, aux heures les plus chaudes, de nombreux départs de feu accidentels dans les champs et des incendies de machines qui sont à déplorer avec des conséquences financières importantes.

 

Que la moisson se fasse en ETA, en individuel ou en groupe, la rapidité des récoltes est une performance technique remarquable qui témoigne de la flexibilité de toute la filière de la production, de l’agroéquipement, de la collecte et du stockage des céréales. Elle est aussi source de sécurité pour les producteurs.

 

Cette performance sans cesse repoussée interroge aussi de notre point de vue sur la  compétitivité économique et financière de la récolte avec des machines à 350 000 euros qui font 150 heures par an avec des prix de l’hectare de battage qui sont malheureusement à des prix de marché déconnectés des coûts réels.

 

La fiscalité actuelle pousse les entrepreneurs agricoles à imputer des charges sur les résultats des bonnes années pour réduire les impôts. Cela devient problématique les mauvaises années quand le produit de la récolte est à la baisse et qu’il faut assumer les charges de remboursement. Etre compétitif aujourd’hui, c’est chercher à réduire les coûts et à disposer de réserves en cas de crise. C’est donc se désendetter d’investissements saisonniers. La fiscalité doit aller dans ce sens. La création du sur-amortissement à 140 % nous en éloigne.

 

Gérard Napias, entrepreneur de travaux agricoles et forestiers, adhérent de saf agr’iDées

@SAFThinkTank