« Ensemble » face aux marchés… Publié le 29 janvier 2016 par Patrick FERRERE

Dans l’arsenal des outils qui constituent les éléments de notre politique agricole, il en est un que beaucoup nous envient, que d’autres craignent : les interprofessions.

 

Des premiers accords interprofessionnels de 1964 à la législation sur les interprofessions de 1975, en passant par leur reconnaissance pleine et entière par l’Union Européenne, ces outils ont su faire montre de leur efficacité et de leur intérêt.

 

Certes, les interprofessions les plus efficientes sont celles qui gèrent des produits de qualité et appellations sur des zones géographiques définies. Et, de celles-là, on parle peu ; elles agissent, obtiennent des résultats dont profitent leurs membres, et mettent en valeur la capacité de leurs participants à avoir des ambitions et des objectifs communs sur le plan économique.

 

Il n’en est pas de même pour les grandes interprofessions « nationales ». Depuis un an, elles donnent le spectacle de dispositifs inutiles voire obsolètes, d’auberges espagnoles où les acteurs ne s’écoutent plus, ne partagent plus d’objectif commun. Le Cniel n’a plus de président, INTERBEV est boudée par le groupe Bigard, l’interprofession du sucre par le groupe Tereos, INAPORC par la FICT (charcutiers/traiteurs)… Et, face aux difficultés rencontrées sur les marchés, aux stratégies divergentes, aux conflits entre personnes, aux pressions politiques pour en être ou pas, à la représentativité de certains membres…, les filières se tournent vers le Ministre, celui-ci devenant de façon lancinante « médiateur » et « président » de tous ces outils.

 

Pourtant, les réalités de la Politique Agricole Commune, l’évolution des marchés et l’ajustement permanent à une demande en évolution rendent indispensable l’efficacité des interprofessions. Chaque maillon de la chaîne doit prendre sa place d’acteur et être respecté comme tel, des engagements gagnant-gagnant sont à prendre. Ceux qui ne veulent pas s’investir dans des réflexions renouvelées et nourries par les nouvelles données du marché et de la concurrence, ceux qui entendent participer sans s’engager, que ceux-là puissent ne pas entraver les décisions.

 

Pour donner plus d’efficacité aux accords entre acteurs des filières, permettre à ceux qui s’engagent de traduire leur efforts dans des actes, sans doute le moment est-il venu de repenser le périmètre et la règlementation nationale et européenne de l’extension des accords entre les maillons des chaînes alimentaires. D’ailleurs, le droit de la concurrence nous y contraint.

 

 

Patrick FERRERE – Délégué général de saf agr’iDées

@SAFThinkTank