Les Etats généraux de l’alimentation et l’Europe Publié le 9 mars 2018 par Patrick FERRERE

Une conférence sur le thème de « L’Europe, absente des EGA » a été organisée par l’agence Shan et le cabinet Euralia pendant la semaine du Salon international de l’Agriculture.

 

Aux côtés de représentants de l’industrie agro-alimentaire et de la distribution, le député européen Michel Dantin avait allure de grand témoin plus que d’un simple intervenant à une table-ronde.

 

Une nouvelle fois, nous avons eu l’occasion de constater que dans les domaines agricoles et agro-alimentaires, la France a une grande propension pour identifier ses positions et défis comme étant ceux de l’Union européenne.

 

Si Michel Dantin fut intervenant à un atelier des EGA à la demande de la profession agricole, d’autres parlementaires européens n’ont pas été invités à apporter leurs connaissances, à donner un avis dans ces travaux ; aucun compte-rendu ne leur a été adressé.

 

Au-delà de questions relationnelles ou même de courtoisie, ce qui continue de choquer dans cet évitement de la dimension européenne, c’est l’entêtement que nous avons à ne parler, à ne penser, à n’échafauder des montages qu’avec des réflexions et volontés hexagonales.

 

Pourtant, la politique agricole est une politique intégrée au sein de l’Union européenne ; les règles de la concurrence sont soumises aux textes, jurisprudence et contrôle de l’UE.

 

L’UE avance et les questions agricoles ont pris une dimension particulière avec la mise en place de la co-décision. Cela implique des relations fortes avec le Parlement européen et des échanges permanents avec nos partenaires pour obtenir les majorités nécessaires aux avancées que nous souhaitons.

 

De plus, nous ne sommes plus dans les années soixante avec une Europe à six dans laquelle la France définissait la politique agricole européenne. Alors, sans arrogance et avec la volonté de convaincre et d’expliquer à nos partenaires, nous devons prendre notre bâton de pèlerin pour écouter et consulter les vingt-six autres Etats-membres.

 

Sans doute eut-il été intéressant d’entrer dans cette voie pour densifier et amplifier le travail de nos Etats généraux de l’alimentation.

@SAFThinkTank