Géostratégie des enjeux agricoles et climatiques : une belle carte à jouer pour la France ! Publié le 22 mai 2015 par Marie-Cécile Damave

Les filières agricoles et agroalimentaires sont plus que jamais au cœur des préoccupations internationales comme bon nombre d’évènements récents le prouvent encore : la thématique de l’exposition universelle de Milan « Nourrir la planète – énergie pour la vie », où la récente réunion du G20 agricole à Istanbul en Turquie.
Forte de ses filières dans ces secteurs, la France aurait-elle un rôle majeur à jouer ? Est-elle en train de revenir au premier plan de l’échiquier diplomatique, avec l’affaiblissement relatif de l’influence britannique et le risque de « Brexit » (contraction de « Britain » et « Exit », soit la sortie possible du Royaume-Uni de l’Union européenne) ? Cest en tout cas l’opinion que Pascal Boniface, Directeur du think tank IRIS, a exprimé à l’occasion de la présentation du nouveau rapport du Cercle CyclOpe sur les marchés mondiaux. Ce rapport 2015 souligne plus que jamais la forte interconnexion des marchés des matières premières, agricoles et non-agricoles, à l’échelle de la planète, et l’importance des signaux politiques donnés à travers le monde pour les marchés des commodités agricoles.

 

Le rôle de la diplomatie française sera déterminant dans les négociations climatiques préparatoires à la COP21 (réunion des 195 pays plus l’Union européenne signataires de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques), qui se tiendra à Paris dans quelques mois, pour parvenir à des engagements tangibles et ambitieux. Cela permettrait à notre pays de se placer en « pole position », en tant qu’acteur exemplaire d’un grand dessein d’ambition globale, pour un projet stratégique non seulement environnemental, mais un réel projet aux dimensions sociétales, politiques, économiques et scientifiques marquées.
La COP21 pourrait être l’occasion de montrer au monde une autre image de la France que celle d’un pays paralysé par la peur et la précaution, le repli sur soi, et les enjeux de politique intérieure, sans vision géostratégique globale. C’est précisément cette vision qui manque dans sa posture vis-à-vis des négociations transatlantiques du TTIP, objet de craintes et de fantasmes dans notre pays, alors que ce projet s’inscrit dans le dessein plus large d’un renforcement de l’alliance transatlantique en termes économique et normatif face à la montée en puissance des pays émergents. A condition bien-sûr de parvenir à des solutions sur les volets spécifiques qui restent à négocier, et ils sont nombreux.
L’enjeu mondial du climat peut donc être l’occasion pour notre pays d’être moteur à l’échelle internationale. L’agriculture a une belle carte à jouer comme force de solutions en termes d’adaptation et atténuation des dérèglements climatiques. A nous de saisir cette opportunité pour mettre en avant nos atouts, nos valeurs, pour prendre le chemin d’un nouveau cercle vertueux, et reprendre confiance en l’avenir.

@SAFThinkTank