Il faut changer pour vivre… Publié le 2 décembre 2016 par Marie-Laure HUSTACHE

La crise qui perdure peut engendrer la sidération, la prostration et la dépression mais elle peut également stimuler l’esprit d’initiative, l’inventivité, le sens de l’innovation, du système D, de la collaboration, et finalement renforcer ce sentiment que nous avons tous intérêt à préserver nos ressources. Cette façon de renouer avec la notion de « bien commun » qui connaît de nos jours un certain regain d’intérêt au-delà des clivages de pensées et des croyances prend dans le monde agricole la forme d’une stratégie du changement simple et pragmatique  pour faire face aux tensions et aux défis (alimentaires, écologiques, sociétaux, etc.) cruciaux qui s’imposent à tous.

 

Car le secteur agricole dans son entier est plus que jamais bouleversé par la forte houle de la mondialisation, par les défis alimentaires qualitatifs, quantitatifs et éthiques qui viennent remettre en cause des habitudes et des réflexes. Exposés frontalement aux difficultés, ces entrepreneurs du vivant, ces chefs d’entreprise agricoles, ne veulent plus perdre de temps à tergiverser et à attendre des aides et autres solutions technocratiques. Avec le déploiement du numérique, de nouvelles formes de collaborations et d’organisations issues du partage de données et d’informations viennent booster ce besoin de nouvelles dynamiques, partout sur les territoires.

 

Voici par exemple quatre évènements récents qui illustrent le bouillonnement d’idées et l’esprit d’initiatives actuel. Citons ainsi le lancement du premier site dédié  à l’échange « responsable » de parcelles agricoles conçu par deux agriculteurs de la Marne, les Trophées Agrica récompensant les meilleures initiatives « antigaspi » (et associant bien souvent naturellement les agriculteurs au process), la nouvelle édition à Angers de Esa Connect sur l’agriculture connectée proposant de revenir sur « les nouveaux modèles collaboratifs du producteur au consommateur », ou encore le Festival « A table en 2030 » à la Cité des Sciences de La Villette qui met en scène une cuisine  « durable » pour les nouvelles générations… Ces rendez-vous traduisent chacun à leur façon ce nouvel élan et cette faim d’actions concrètes. Changer pour soi et pour la pérennité de son métier, certes, mais également être un acteur utile au sein d’un véritable écosystème. Une prise de conscience assumée, qui incite les agricultrices et agriculteurs français à réinventer leurs propres sources de revenus ou d’organisation (pour mutualiser leurs coûts par exemple avec ce qu’on appelle le « co-farming »), à s’allier aux start-ups qui proposent de revaloriser intelligemment leurs produits, à se rapprocher des consommateurs, à bénéficier pleinement de la révolution numérique en cours.

 

L’agriculture est peut-être en crise, mais elle n’est pas en panne d’idées.

@SAFThinkTank