La forêt est une agriculture de long terme ! Publié le 18 décembre 2015 par Thierry WALRAFEN

photo Pierre AchardLa forêt française est aujourd’hui confrontée à trois évidences :

 

  • Il ne peut y avoir de filière forêt-bois industrielle sans une forêt de production organisée.
  • Une telle forêt exige des investissements et donc des capitaux : la forêt est une agriculture de long terme !
  • Enfin la forêt de production oblige au respect des règles de développement durable.

 

Les enjeux sont importants car la filière forêt-bois est un atout central dans l’atténuation des effets du réchauffement climatique et de la pollution par le CO2. Le développement de la filière permet aussi de créer des emplois : un emploi en forêt en génère dix à l’aval ! Enfin il contribue par l’augmentation des volumes traités, la recherche de valeur ajoutée et l’innovation à redresser le déficit de sa balance commerciale, déficit anormal pour la France où la forêt occupe 30% du territoire.

 

La filière doit donc aller à la rencontre des investisseurs, sortir de son isolement, intégrer le circuit économique et financier !

 

L’ASFFOR, dans le domaine qui est le sien (amener les capitaux de particuliers et d’institutionnels vers la détention et l’exploitation collective de la forêt, en totale transparence avec les pouvoirs publics et les autres organisations professionnelles de la filière), cherche et propose des outils à même d’atteindre cet objectif.

 

La création en cours du groupement forestier d’investissement, instrument moderne et régulé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) participe à cette orientation, remplit des exigences comparables à celles des autres catégories d’actifs. Avec la possibilité qui lui est offerte de faire appel public à l’épargne, il offre davantage de sécurité aux investisseurs : agrément de la société de gestion, règles de contrôle et d’évaluation des actifs, respect d’un code de déontologie, indicateurs de performance.

 

D’autres pistes existent aussi en vue de financer l’intensification de la gestion forestière. Elles méritent d’être étudiées avec l’ensemble des organisations professionnelles :

 

  • Du coté des assureurs-vie, avec la durée de leurs investissements et les performances actuelles de la forêt, sous conditions à étudier, allocation d’une part des fonds généraux à de la reconstitution de forêt.
  • Label national de certification adapté aux caractéristiques et à l’économie de la forêt française afin de certifier, en France, un projet de compensation carbone.
  • Fonds associatif de la filière forêt-bois française pour financer la transformation des peuplements inadaptés au climat de demain, et doté de capitaux venant, soit des financements participatifs, soit de l’épargne solidaire.
  • Nouvelles formes de détention et d’exploitation de la forêt, soit avec des fonds à effet de levier et vente à terme des actifs, soit par mise à disposition de forêts à reboiser avec démembrement de propriété.

 

Pierre Achard est Président de l’Association des Sociétés et Groupements Fonciers et Forestiers (ASFFOR)

@SAFThinkTank