Le flexitarisme, l’OVNI de la consommation alimentaire Publié le 22 octobre 2020 par Yves LE MORVAN

Le flexitarisme, mot-valise associant flexible et végétarisme, agrège en réalité plusieurs tendances de consommation connues. Il les rassemble autour d’une question qui lui est propre : « Modérer sa propre consommation de viande, pourquoi et comment ? ».

 

Les habitudes de consommation ont été modifiées par l’évolution des modes de vie et des structures familiales, la tertiarisation, le rapport au temps, le développement de l’économie « servicielle » y compris dans le champ alimentaire. De plus en plus, les grandes tendances de consommation intègrent des préoccupations de santé, de nutrition, de respect de l’environnement et désormais de craintes quant à l’évolution climatique. Elles se manifestent par un appétit des consommateurs envers des allégations négatives (« sans » pesticide, OGM, gluten, lactose, emballages plastiques…) ou des pratiques tenues a priori comme positives (local, terroir, bio…). Cette segmentation est également le fruit d’une offre plus large déployée par toute la chaîne alimentaire, qui vise aussi la création de valeur. Ce comportement de modération ou de réduction de ses choix alimentaires, et en l’occurrence de la viande, rend le consommateur flexitarien différent du végétarien qui lui s’abstient, s’interdit. Sans parler des végétaliens, voire des végans, qui eux aussi prônent l’abstinence mais étendue aux produits laitiers, aux œufs voire à tout produit d’origine animale quelle que soit sa fonction. Difficile de quantifier le nombre de personnes qui se « déclarent » flexitaristes. Dans une étude récente commanditée par FranceAgriMer auprès du Credoc, « Combien de végétariens en Europe ? », publiée en 2019, et basée non pas sur les consommations mais sur les déclarations, les flexitariens représenteraient 20 % des ménages français, les végétariens 4 %, les végans moins de 1 %. Dans d’autres études ou panels la part de flexitariens déclarés peut atteindre plus de 30 % de la population. Ces variations ou approximations ne doivent pas dérouter : le flexitarisme ne se définit pas par un chiffre fixe et universel de réduction, c’est une trajectoire en évolution.

 

Pourquoi et comment ?

Qu’est-ce qui incite à devenir flexitarien ? Les préoccupations de santé arrivent en tête. Elles sont suivies par l’intérêt porté au bien-être animal. Pour les végétariens, il s’agit d’abord d’une remise en cause éthique de l’élevage. La protection de l’environnement vient en second rang inciter des individus à s’engager dans le flexitarisme. il s’agit d’abord d’une remise en cause éthique de l’élevage. La protection de l’environnement vient en second rang inciter des individus à s’engager dans le flexitarisme.

 

 

Deuxième étape de la réflexion : le « comment ? »

Elle impose de regarder l’évolution des consommations de viandes, et l’incontestable végétalisation des assiettes. Un groupe de travail d’agridées, à représentation très composite, s’est réuni de septembre 2019 à juin 2020 sur le thème du flexitarisme alimentaire. Toute sa réflexion nous a conduit à analyser les différentes critiques vis-à-vis de l’élevage et de toute la chaîne alimentaire des produits carnés, mais aussi à mettre en valeur les réponses apportées et à venir sur différents terrains (politiques publiques, environnement, nutrition/santé, bien-être animal…). Il s’est agi également de percevoir la transition alimentaire en cours et de permettre aux filières agricoles, aux entreprises, d’y participer de façon innovante. Ainsi l’association protéines végétales/protéines animales, plutôt que leur clivage, peut donner du sens à la transition agricole et favoriser son insertion sociétale.

 

Des propositions issues de ce groupe de travail qui viennent de paraître  sous la forme d’une « Note Bleue » d’agridées.

 

Retrouver cet article dans le numéro 242 de La Revue Agridées (septembre 2020) page 5.

 

 

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Article YLM-LRA 242 P.5
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