Milan : le rendez-vous de la planète alimentation Publié le 30 avril 2015 par Isabelle DELOURME

Avec plus de 20 millions de visiteurs attendus à l’Exposition Universelle de Milan pendant six mois, l’agriculture et l’alimentation retrouvent une place de choix dans le paysage médiatique international. Le thème de l’Expo « Nourrir la Planète, Energie pour la  Vie » est une occasion unique pour mettre en avant l’importance stratégique de nos décisions dans l’utilisation de nos ressources. La France a choisi de porter un message fort : « produire et nourrir autrement ». Un choix pour l’avenir réitéré par Laurent Fabius, Ségolène Royal, et Stéphane Le Foll, les trois ministres venus inaugurer le Pavillon France, le 1er mai, quelques semaines avant la venue du Président de la République. Un choix qui s’inscrit aussi dans la volonté du gouvernement français de proposer des solutions dans la lutte contre les effets du réchauffement climatique, quelques mois avant la tenue à Paris de la Conférence internationale sur le Climat (COP 21).

 

De bons sentiments qui risquent pourtant de passer au-dessus de la tête du simple visiteur. Au-delà des 46 conférences et  nombreux évènements culturels qui seront organisés en off à CITEXPO au Palais des Stelline, au cœur de la ville, par le Pavillon France, et des démonstrations ludiques ou gastronomiques des partenaires, celui-ci retiendra surtout un super pavillon en épicéa et mélèze du Jura, en forme de marché couvert et son jardin agricole montrant toute la diversité de ses productions et des savoir-faire agricoles et agroalimentaires. Car comme dans la vie réelle, la concurrence internationale est vive, avec plus de 130 autres pavillons nationaux, sans compter les partenaires, ou les bâtiments des institutions internationales, ou thématiques qui s’étendent sur 110 ha. Et là aussi, architectes, paysagistes ou scénographes ont rivalisé d’imagination. L’engagement français sur la question du défi alimentaire au travers de 4 piliers (contribuer à promouvoir un modèle alimentaire durable, améliorer la sécurité alimentaire des pays en développement, produire plus et produire mieux, miser sur la qualité et le plaisir de l’alimentation) risque de paraître bien compliqué face aux messages minimalistes des autres pavillons. Mais l’avenir de l’agriculture française se joue peut-être ailleurs que dans les allées de l’Exposition universelle.

 

Isabelle DELOURME est rédactrice en chef adjointe de la Revue “Agriculteurs de France”

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