Notre planète devient un lieu de nécessaires solidarités Publié le 7 décembre 2018 par Gerard MATHERON

Sécheresse, inondations, excès de températures élevées, …La France n’est épargnée par les conséquences du réchauffement climatique. Un peu partout sur la planète, les cris d’alarme se sont amplifiés à l’approche de la COP24, organisée du 3 au 13 décembre 2018 à Katowice, en Pologne. Et lors de cette très attendue 24ème Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies, dont l’objectif principal est d’adopter les directives d’application de l’Accord de Paris sur le changement climatique, l’agriculture et la forêt devraient évidemment être au centre des discussions.

 

Depuis la deuxième moitié du XXe siècle, la « révolution verte » a en effet permis un accroissement bouleversant de la production agricole. Malgré la multiplication par 2,4 de la population mondiale elle a permis d’accroître la consommation alimentaire moyenne et de réduire la part sous-alimentée de cette population.

 

Ce grand succès en termes de fourniture de produits, a été obtenu au prix d’altérations profondes de l’environnement et d’une consommation élevée de ressources rares ou non renouvelables. L’agriculture affecte les services écosystémiques dont elle bénéficie lorsqu’elle dégrade les qualités des sols, lorsqu’elle exploite les ressources en eau au-delà de leur capacité de renouvellement, lorsqu’elle réduit la biodiversité au point de renoncer aux services qu’elle lui rend.

La valeur croissante attribuée aux services écosystémiques implique que la notion de « production de la terre » ne se limite pas à la production des récoltes et des animaux mais intègre nécessairement celle de tels services. C’est d’une part ce qu’exprime la notion d’agriculture « écologiquement intensive » attentive aux atteintes des milieux et des ressources et d’autre part impose la prise en charge économique de ces services car les bénéfices environnementaux ne sont pas rémunérés via le seul marché.

 

De telles pratiques et mesures sont des leviers pour nous permettre de maintenir l’indispensable dynamique de croissance mondiale de la productivité des terres agricoles en lien avec la maîtrise des impacts environnementaux un peu partout dans le monde.

Il s’agit bien de situer notre avenir dans une perspective de « développement durable » planétaire car le déficit vertueux à l’hectare « ici » doit être compensé par une augmentation de la production « ailleurs »  qui risque de l’être moins. Notre planète devient un lieu de nécessaires solidarités. Solidarités alimentaires en cas d’urgence, solidarités intellectuelles pour mieux comprendre, diagnostiquer, innover, mais aussi solidarités environnementales du fait de notre influence prouvée sur le climat, la biodiversité et les ressources naturelles qui, le plus souvent, ne disposent pas de substituts fabriqués par l’homme.

 

 

(Retrouvez cet édito dans le Numéro 235 de La Revue agridées, bientôt chez nos abonnés, et dont le Dossier est consacré à l’environnement)

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