Nouvelle PAC : si loin, si près Publié le 29 novembre 2019 par Michel CRESPEL

L’année 2019 qui s’achève n’a pas été une grande année européenne. Des conflits profonds entre Etats membres, des élections au Parlement européen marquées par l’arrivée de nouveaux députés qui contestent l’U.E., une nouvelle Commission accouchée aux forceps, un Brexit dont on attend la scène finale avec lassitude. « Et pourtant elle tourne… ! » pour reprendre la formule célèbre de Galilée appliquée à l’Europe.

 

Le 1er juin 2018 la Commission avait dévoilé les grandes lignes d’un projet de réforme pour l’après 2020 de la principale des politiques européennes, la PAC, soit presque 40 % du budget actuel. Le Parlement et le Conseil s’en sont emparés, ont sérieusement avancé, mais il manque un consensus sur un sujet clé sans quoi rien n’est possible, les lignes budgétaires pour 2021/2027.

 

En synthèse, la Commission préconise un renversement radical de l’organisation politique et administrative de la PAC : il reviendrait aux Etats membres de proposer chacun dans un cadre souple un plan stratégique national agricole, qui serait ensuite validé par la Commission. Le budget affecté à la PAC serait clairement réduit, en dessous de 30% des dépenses totales. La palette des soutiens serait verdie. L’organisation des marchés en resterait globalement à l’Omnibus.

 

Cette supposée nouvelle PAC parait loin. Loin dans le calendrier, avant une approbation des 27 Etats membres et un accord institutionnel. Loin des attentes économiques des opérateurs à propos du maintien du bon fonctionnement d’un marché intérieur, des conditions égales de concurrence, des couvertures des risques pour les entreprises agricoles…

 

En réalité nous sommes relativement près. A Bruxelles les représentants des Etats ne débattent pas de la « renationalisation » de la PAC, mais ils veulent plus de flexibilité. La Commission prépare son « Green Deal » dont la PAC pourrait être un levier environnemental et climatique. Grosso modo la France soutient le projet de la Commission. Les parlementaires s’interrogent  autant sur l’impact sociétal et territorial de la PAC que sur son organisation économique.

 

Bruxelles, ce n’est pas loin, c’est tout près. Le Bureau d’Agridées vient d’y consacrer une journée de travaux et de prise de contacts. Que chaque organisation fasse de même pour s’exonérer des débats franco-français et se poser la question de légitimité et de sens. Quant à nous, il s’agit de promouvoir les trajectoires entrepreneuriales dans un cadre organisé.

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