Une moisson atypique, et pourtant… Publié le 4 août 2016 par Damien BONDUELLE

Les céréaliers français subissent une moisson catastrophique en rendements, alors que dans d’autres pays européens et chez de grands pays producteurs mondiaux la situation est meilleure : aucune amélioration sur les prix ne paraît donc prévisible comme élément compensateur. L’équilibre financier de ces cultures n’en sera que plus dégradé encore, après une année de rendements records accompagnés de prix régulièrement orientés à la baisse. Il est vraisemblable que des défauts de trésorerie impacteront les entreprises agricoles, et des mesures d’accompagnement sont déjà en cours de réflexion.

 

Rejoignant ainsi d’autres agriculteurs ou éleveurs qui supportent déjà des fluctuations de rentabilité dues à une forte volatilité de cours, ces producteurs rencontrent par surprise et brutalement une situation indépendante de la maîtrise de leur savoir-faire et compétence, la météo du printemps et le cours mondial leur échappant complètement. Cette fois-ci, ni le soutien des cours, ni une contractualisation avec le client, ne semblent pouvoir soulager les comptes d’exploitation et permettre de passer l’année avec sérénité. Il est certain que beaucoup de céréaliers, comme d’autres producteurs touchés par les effets du climat humide et sombre de ces derniers mois, vont vivre des situations très délicates, voire catastrophiques.

 

Et pourtant, ce type de situation nous rappelle combien il aurait été utile ou même indispensable de profiter d’outils de prévention, de régulation ou de compensation qui auraient été alimentés par les profits d’années précédentes ou des systèmes assurantiels dans le cadre de financements européens ou autres. Des réflexions, des propositions et incitations n’ont pas fait défaut ces derniers temps, malheureusement proposés en période de “vaches grasses” et n’ayant pas été retenues pour laisser la place à l’encaissement pur et simple des primes en cours et à une capitalisation individuelle des recettes. Le temps est sans doute venu de relancer enfin le débat ! D’autant plus que les outils technologiques (agriculture de précision, génétique etc.) doivent jouer un rôle plus important dans l’anticipation et la prévention des dommages causés par les dérèglements climatiques.

 

Dans certaines régions, des différences importantes sont perceptibles entre les qualités des terres ou la situation des sols selon les techniques culturales et les assolements utilisés traditionnellement par les exploitants. De telles années rendront ainsi des situations très variées selon les historiques de culture  de chaque exploitation et donnent un guide d’amélioration tant attendue des techniques. De même, l’adaptation des dosages de produits fongicides ou insecticides pour faire face au climat humide échappe complètement aux orientations légales, tant la priorité de sauver les cultures prend le pas sur les contraintes écologiques. Là encore, la pondération des objectifs sera nécessaire et mérite que le débat redevienne serein.

 

Place donc  à la reprise des réflexions en prenant en compte ces nouvelles situations que nombre de chefs d’entreprise avaient oubliées et nettement minimisées. Saf agr’idées a d’ores et déjà fait des propositions en ce sens, pour construire des situations plus sereines et sécurisées en prenant en compte de nouveaux repères.

 

 

Damien Bonduelle, Président de saf agr’iDées

@SAFThinkTank