Qualité de l’air et fertilisation : l’Unifa soutient des leviers d’actions concretsPublié le 25 mars 2019 par Isabelle DELOURME

Les industriels de la fertilisation (Unifa) ont fait le point le 12 mars 2019 sur les actions engagées par la profession pour contribuer à la réduction des émissions d’ammoniac. Ces actions s’inscrivent dans le cadre de l’amélioration de la qualité de l’air.

 

Rappelons que le Plan de réduction des émissions de polluants atmosphériques (PREPA) instauré par l’article 64 de la Loi sur la transition énergétique et la croissance verte  traduit les objectifs de la directive européenne Nec de décembre 2016. Il a fixé pour la France des objectifs de réduction des émissions annuelles de quatre polluants (le dioxyde de souffre (SO2), l’oxyde d’azote (Nox), les composés organiques volatiles non méthaniques (COVNM) et  l’ammoniac (NH3)). L’agriculture est plus particulièrement concernée par ce dernier. Les engrais azotés uréiques et ammoniacaux représentent 1 /4 des émissions d’ammoniac, le solde provenant des élevages et de leurs effluents. Les objectifs de réduction des émissions annuelles de NH3 fixés par le PREPA sont de -4 % en 2020, -8 % en 2025 et -13 % en 2030.

 

L’arrêté du 10 mai 2017 fixe également un certain nombre de dispositions (autorisation de l’urée sous conditions entre février et avril, rédaction d’un guide de bonnes pratiques agricoles pour l’amélioration de la qualité de l’air, étude de la taxation ou modulation de la fiscalité sur les engrais azotés selon leur potentiel émissif en ammoniac, mise en place d’un plan d’actions pour réduire la volatilisation de l’ammoniac des effluents d’élevage et autres apports organiques ).

 

Comme le montre les résultats d’une étude UNIFA/CITEPA intitulée « Exercices de projection des émissions d’ammoniac liées à l’usage d’engrais minéraux à l’horizon 2030 et conséquences sur les objectifs de réduction des émissions de la France », seule la combinaison d’un développement maximal des techniques de réduction et de la modification de la répartition entre les formes d’engrais permet d’atteindre les résultats des objectifs PREPA à l’horizon 2030. Renaud Bernardi, président de l’UNIFA a souligné le risque de contentieux avec Bruxelles pour non-atteinte de l’objectif de 4 % de réduction. L’acceptabilité technique des mesures proposées aux agriculteurs est bien là, tout comme  l’existence de freins économiques. Il importe désormais d’analyser les coûts rapportés aux bénéfices agronomiques pour envisager des solutions qui préservent le revenu de l’agriculteur et également de quantifier les bénéfices (individuels ou collectifs) sur la santé.