Quel avenir pour l’alimentation ? Regards croisés France / Royaume-UniPublié le 8 mars 2019 par Marie-Cécile DAMAVE

En marge du Salon International de l’Agriculture (SIA) et du Salon International du Machinisme Agricole (SIMA), le Département du commerce international du gouvernement britannique a organisé le jeudi 28 février 2019 une rencontre franco-britannique intitulée « Future Food ». Elle a rassemblé une cinquantaine de participants à l’ambassade de Grande-Bretagne à Paris, et notre think tank y a participé dans la table ronde dédiée à la science et à l’innovation à l’horizon 2050.

 

Cette matinée de réflexion a été l’occasion de faire le point sur les tendances de consommation alimentaires, les efforts en matière de sureté alimentaire, de qualité, d’étiquetage et de traçabilité des produits, et les innovations technologiques mises en œuvre dans toute la chaîne de production agricole et alimentaire pour répondre aux demandes des marchés, aux exigences réglementaires et aux principaux enjeux économiques et environnementaux. Les principaux messages à retenir de cette rencontre sont les suivants :

 

Du côté des consommateurs

Le goût (qui permet de manger avec plaisir), la confiance (grâce notamment à la traçabilité et la transparence dans la chaîne de valeur), et le sens (une alimentation durable, dans le respect du bien-être animal et de l’environnement en particulier) sont les trois principales demandes des consommateurs, tant britanniques que français, vis-à-vis de leur alimentation. Tout cela entraîne des modifications des achats, avec une montée en puissance des flexitariens[1], tandis que les végans restent marginaux avec 1% dans chacun des deux pays.

 

Quelles réponses de l’industrie agroalimentaire aux inquiétudes des consommateurs ?

La multiplication des aliments « sans » (en anglais, « free from ») est une réalité en France comme en Grande-Bretagne. Au départ conçue pour rassurer les consommateurs, n’est-elle pas devenue aujourd’hui anxiogène à force d’allonger les listes de ce qu’il n’y a pas dans les aliments ?

 

Le rapprochement des acteurs de la production et de la consommation est un des moyens de redonner du sens et de la confiance. Par exemple, certains supermarchés travaillent directement avec des éleveurs, pour garantir une meilleure authenticité des produits. L’information, l’éducation des consommateurs sur les modes de production agricoles et agroalimentaires sont essentielles, en particulier dans les écoles. Les systèmes d’alertes doivent mieux anticiper les problèmes sanitaires pour éviter les crises de confiance. Concernant le bien-être animal, un étiquetage spécifique a été mis en place en Grande-Bretagne : « Red Tractor ». Ce n’est pas encore le cas en France mais certaines enseignes y travaillent.

 

Quelles innovations technologiques pour répondre à la demande ?

De nouveaux modes de production agricole (agriculture urbaine type Agricool, agriculture de précision, numérique, respectueuse de l’environnement, durable…), de nouveaux modes de commercialisation (e-commerce, circuits courts, avec une traçabilité plus fine grâce aux outils numériques), de nouveaux marchés (l’alimentaire n’est plus le seul débouché de l’agriculture, qui produit également des services environnementaux, de l’énergie, des matériaux biosourcés dans le cadre de la bioéconomie) se développent. Le digital permet également à de nouveaux modes de consommation plus personnalisés d’émerger, selon l’état de santé et l’âge des individus notamment. Ce phénomène devrait se développer avec le vieillissement de la population, où le lien entre nutrition et santé sera nécessairement plus fort.

 

 

Programme : https://www.agridees.com/evenement/future-food-conference-organisee-par-lambassade-de-grande-bretagne-a-paris/

 

Retrouvez le fil Twitter de cet événement avec les hashtags #UKFRFutureFood et #FoodisGREAT

 

[1] « Qui limite sa consommation de viande, sans être exclusivement végétarien », selon le Robert 2018