Quelle pertinence pour un accord de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande ?Publié le 11 septembre 2015 par Marie-Cécile DAMAVE

Le Centre Euroaccord UE-Nouvelle Zélandepéen d’Economie Politique Internationale (ECIPE), qui est un think tank indépendant basé à Bruxelles spécialiste des politiques commerciales, a récemment publié un papier intitulé : Nouvelle-Zélande : partenariat européen dans la zone Asie-Pacifique et exemple d’un accord de libre-échange de nouvelle génération (document de 15 pages accessible en ligne en anglais ici).

 
Cette étude est clairement en faveur d’un tel partenariat, qui, avec d’autres accords bilatéraux (tel que celui déjà signé avec Singapour, l’accord avec le Vietnam annoncé le mois dernier, ou d’autres en cours de négociations avec la Corée, le Japon, ou la Thaïlande) permettrait à l’UE de se positionner dans la zone Asie-Pacifique face à l’accord transpacifique (TPP). Celui-ci  promet d’être signé dans les mois à venir entre les Etats-Unis et 11 autres pays du pourtour de l’Océan Pacifique (Australie, Brunei, Canada, Chile, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour, et Vietnam).

 

En d’autres termes, les partenariats bilatéraux entre l’UE et différents pays de la zone Asie-Pacifique seraient un moyen, pour notre économie stagnante, de saisir de nouvelles opportunités de croissance grâce à des exportations et à des investissements facilités avec des pays où la croissance (et plus particulièrement, la demande intérieure) est bien plus dynamique.

 

Plus spécifiquement concernant la Nouvelle-Zélande, les échanges commerciaux sont déjà très libéralisés avec l’UE, et les efforts porteraient probablement davantage sur les questions de coopération réglementaire et d’investissements. Si cette étude considère qu’un tel accord pourrait être rapidement conclu, il n’en reste pas moins qu’il n’est pas, à ce stade, dans les priorités de la Commission européenne, par rapport au TTIP en négociation avec les Etats-Unis ou aux autres accords bilatéraux en cours cités plus haut. Pour le secteur agricole et agro-alimentaire, les opportunités d’exportations et investissements français sont difficiles à évaluer à ce stade si un accord était signé. La question des Indications Géographiques risque d’être encore une fois un sujet épineux et important pour les produits français et européens. De plus, si les produits français continuent à se cantonner au haut de gamme, ils se contenteront par définition des marchés de niche, alors qu’un milieu de gamme toucherait davantage de consommateurs et serait porteur de promesses d’expansion commerciale plus large.