Quelle place pour le numérique face au changement climatique et à la crise sanitaire ?Publié le 2 septembre 2020 par Marie-Cécile DAMAVE

L’Université d’été de GS1 France s’est tenue le 28 août 2020 sur le thème « Dématérialiser la croissance – Pour une nouvelle efficience, de nouvelles mesures s’imposent ». Le riche programme de cet événement a fourni beaucoup de matière à réflexion. Il a été question de résilience face au changement climatique et à la crise sanitaire actuelle et du rôle du numérique face à ces enjeux.

 

Selon Christian de Perthuis, économiste et fondateur de la chaire Economie du climat de l’Université Paris Dauphine, le « capitalisme viral » (c’est-à-dire le capitalisme numérique) a déjà gagné sur le capitalisme thermo-industriel. Un événement récent symbolise parfaitement ce bouleversement : il y a quelques jours, la compagnie pétrolière ExxonMobil a été contrainte de quitter l’indice boursier Dow Jones au profit de l’éditeur de logiciel Salesforce…

 

Concernant le rôle du « capitalisme viral » dans les stratégies énergétiques, Christian De Perthuis a considéré qu’il était un accélérateur de la transition énergétique en favorisant la substitution des sources d’énergies au profit des renouvelables, en réduisant leur coût et en améliorant leur efficacité. Cependant, il a souligné le fait que les gains en efficacité devaient être complétés par davantage de sobriété de consommation. Or les prix bas génèrent logiquement l’inverse…

 

Ilias Iakovidis, conseiller à la Commission européenne pour les défis sociétaux à la Direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies, a abondé dans ce sens : pour lui, le problème du numérique réside dans son manque d’efficacité matérielle plus que dans sa surconsommation d’électricité. C’est pourquoi la Stratégie européenne pour le numérique incite à allonger la durée d’utilisation des produits numériques et à réduire leurs déchets en développant leur réparation et leur recyclage.

 

Par ailleurs, le représentant de la Commission européenne a insisté sur le fait que le numérique permet à l’économie de devenir circulaire, par exemple en commercialisant des services plutôt que des biens (de la lumière plutôt que des ampoules, de la mobilité plutôt que des voitures… et pourquoi pas l’assurance d’une bonne récolte malgré la faible utilisation d’intrants pour les agriculteurs, grâce à l’utilisation des outils de l’agriculture de précision). Il a également rappelé que le numérique a permis à de nombreuses personnes de conserver une activité professionnelle malgré la pandémie de Covid-19 et le confinement en 2020 dans le monde entier.

 

Enfin Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères et auteur de l’ouvrage « Et après ? » qui vient de paraître aux éditions Fayard, a conclu l’Université d’été de GS1 France en proposant de calculer un « PIB écologique » dans sa vision de « l’écologisation » du monde comme seule issue du contexte actuel de crise sanitaire et de changement climatique. Pour lui, la question n’est plus de savoir si le monde doit ou non devenir plus vert, mais à quel rythme.

 

Pour prolonger ces réflexions, nous vous invitons à rejoindre la conférence de notre assemblée générale qui se tiendra le 29 septembre 2020 sur le thème : « Entreprise agricole et défi climatique ». Les inscriptions sont ouvertes !

 

Retour en vidéos sur l’Université d’été de GS1 France : https://youtu.be/khJYNY-AnFM