Quels impacts des biotechnologies sur les filières semences?Publié le 16 octobre 2015 par Marie-Cécile DAMAVE

Le 5ème colloque de l’Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV) s’est tenu le 6 octobre 2015, en partenariat avec notre think tank saf agr’iDées. Une partie des discussions ont repris des conclusions du colloque de 2014, qui s’était intéressé aux compatibilités entre les biotechnologies et l’agroécologie (voir notre analyse sur ce point), mais le colloque 2015 s’est plus largement focalisé sur les impacts des biotechnologies sur les  filières semences. Il s’est inscrit en complément de notre agr’iDay du 24 juin qui était intitulé “Les semences, une pépite française” comme l’a souligné Gérard Matheron, Administrateur de Saf agr’iDées, en ouvrant le colloque avec Georges Pelletier, président de l’AFBV. G. Matheron a ainsi rappelé certains messages clé de l’agr’iDay : les semences, richesse méconnue, concentré de valeurs, jouent un rôle primordial au service de la durabilité de l’agriculture. Les enjeux actuels nous imposent d’apporter réponse à des questions importantes : améliorer la productivité de l’agriculture, s’adapter aux changements climatiques, permettre des économies d’intrants répondre à la segmentation des filières de transformation sur l’ensemble de la chaîne de valeurs.

 

Parmi les nombreuses interventions composant ce colloque, retenons quelques phrases clé : “on peut faire de bonnes semences avec de mauvaises variétés et de mauvaises semences avec de bonnes variétés” selon Jean-Christophe Gouache, directeur des affaires internationales de Limagrain. Bernard Le Buanec, membre de l’Académie d’Agriculture de France, a rappelé que la création variétale est une activité onéreuse à laquelle les entreprises semencières consacrent 10 à 15% de leur chiffre d’affaires, selon les espèces. Pour sa part, André Gallais, professeur honoraire d’AgroParisTech, a avancé le concept intéressant de “diversité génétique utile” (pour les agriculteurs, les filières, l’environnement par exemple) : pour lui, « la diversité des ressources génétiques à la disposition du sélectionneur est encore assez importante au niveau mondial, ce qui permet d’assurer à la fois un maintien de la diversité des variétés et un progrès génétique sur les différents caractères d’intérêt pour l’agriculteur”.