Rapport de l’Académie des Technologies – la perception des risquesPublié le 28 septembre 2016 par Marie-Cécile DAMAVE

adn_istock_000066612299_smallL’Académie des Technologies a récemment publié un rapport intitulé « La perception des risques – un enjeu pour les sciences et technologies ».

 

Ce document part de deux constats. En premier lieu, la science et ses avancées se vivent avant tout au quotidien, « au sein de la société et non au-dessus d’elle », alors qu’elle a longtemps été considérée comme supérieure. En second lieu, les avancées de la science rassurent et inquiètent tout à la fois, de nos jours. C’est pourquoi le mot « progrès », qui porte une connotation positive, est de moins en moins utilisé au profit du mot « innovation », source de bénéfices comme de risques. Ainsi « l’agir technologique » se heurte à une résistance qui se manifeste par « la crainte que nous allions trop vite vers l’inconnu ou cédions à la démesure ».

 

Conséquence préoccupante : la notion de vérité est relativisée, contextualisée. Les scientifiques sont discrédités, l’indépendance des experts est questionnée, et la suspicion s’étend « à toutes les formes de pouvoir, notamment institutionnelles ». En contrepartie, émerge ce que ce rapport de l’Académie des Technologies nomme « l’expertise ignorante » des militants associatifs qui ne sont pas en contact avec la recherche, et sont à l’origine de la majeure partie de l’information disponible, en particulier sur internet. Celui-ci permet entre autres « la propagation d’une forme de démagogisme cognitif  qui « voit peu à peu s’imposer les points de vue intuitifs et parfois erronés sur toutes sortes de sujets ».

 

Au final, « sur certains sujets, plus nos concitoyens se considèrent comme informés et plus ils doutent de la parole des scientifiques ». En forme de regret, le document conclut : « en pareils sujets, l’illusion de connaître peut se révéler plus néfaste que l’aveu d’ignorance ».

 

Enfin, ce rapport a le grand mérite de rappeler que le danger n’est pas synonyme de risque. Celui-ci est égal au produit du danger par l’exposition.  Sans exposition au danger, le risque est donc nul. La confusion est pourtant courante dans notre société, et contribue grandement à alimenter les inquiétudes de nos concitoyens et des responsables politiques.