Rencontres Parlementaires de l’Innovation : une révolution silencieuse du transfert en mouvementPublié le 1 octobre 2015 par Marie-Cécile DAMAVE

Rencontres parlementaires innovationLes 3emes Rencontres Parlementaires de l’Innovation se sont tenues le mardi 29 septembre à la Maison de la Chimie à Paris. L’évolution de fond des systèmes de transfert de la recherche à l’innovation mis en place en France depuis quelques années a été l’un des messages-clé de ces Rencontres.

 

Thierry Mandron, nouveau Secrétaire d’Etat à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche, a insisté sur cette « transformation silencieuse », annonçant qu’il confierait très prochainement à deux personnalités un bilan à réaliser de cette évolution sur les dix dernières années. Alain Fuchs, président du CNRS, a même parlé de « révolution silencieuse ». Ce dont il s’agit, c’est du décloisonnement entre secteurs public et privé, notamment sous forme de partenariats dans la recherche et dans l’enseignement, afin d’accélérer le transfert d’innovation. Ce mouvement de fond a démarré avec les lois Allègre de 2000 permettant aux chercheurs de créer leur propre entreprise (environ 100 startups se montent ainsi chaque année), et s’est poursuivi avec la mise en place des pôles de compétitivité, les Programmes Investissements d’Avenir, l’Agence Nationale de la Recherche, les Instituts Carnot, le Crédit Impôt Recherche.  Antoine Boulay (directeur des relations institutionnelles de BPI France) a parlé d’un « moment français » de l’innovation.  C’est tout l’objet de notre groupe de travail : les partenariats public/privé : un atout pour l’avenir de la recherche et de l’innovation ?

 

Si ces différents instruments accélèrent et favorisent les transferts d’innovation, permettant de mieux gérer le risque des investisseurs, plusieurs orateurs ont souligné certaines faiblesses du système : le temps du transfert reste encore trop long à cause des délais nécessaires aux montages financiers des projets, et s’il est plus simple aujourd’hui de créer une startup, il demeure difficile de la faire croître.  Plus largement, Nicolas Bouzou (économiste et directeur d’Asterès qui avait clôturé notre agr’iDay Les semences : une pépite française), a remarqué que si notre pays est doté d’instruments efficaces de transfert d’innovation, la croissance nationale reste nulle, en partie parce que les politiques publiques se laissent parfois guider par la passion (une référence aux NBIC –  Nanotechnologies, Biotechnologies, Technologies de l’Information et des sciences Cognitives, et plus particulièrement aux biotechnologies végétales, auxquelles Asterès a consacré un rapport récent).