Rencontres parlementaires pour les énergies renouvelablesPublié le 25 mai 2016 par Marie-Cécile DAMAVE

RP-EnRLes 7e rencontres parlementaires des énergies renouvelables se sont tenues le 24 mai à Paris, associant députés et sénateurs, parties prenantes, représentants de l’administration et le think tank La Fabrique Écologique. Cet événement se situait dans le contexte post-COP21 et a finalement tiré un bilan assez mitigé du développement des énergies renouvelables dans notre pays. Si les multiples actions nationales (loi pour la transition énergétique, Programme Investissement d’Avenir, …) et locales (territoires à énergie positive…) sont nombreuses et diverses, il reste comme un goût d’inachevé : les énergies renouvelables ne représentent aujourd’hui que 14% de la consommation énergétique en France, et l’engagement national de 23% d’ici 2020 risque de ne pas être atteint, comme l’a souligné la sénatrice du Bas-Rhin Fabienne Keller.

 

Explications de Guéraud Guibert, président du think tank La Fabrique Ecologique, qui vient de publier une note « La loi de 2015 sur la transition énergétique : des objectifs ambitieux, une mise en œuvre pour le moment décevante » : il s’agit de renforcer les efforts en matière de recherche et innovation, et de mieux mesurer le coût de l’application de la réglementation. D’autre part, le système de gouvernance en France demeure très centralisé alors que les enjeux se situent au niveau des territoires.

 

Le contexte de surabondance d’énergie fossile à bas prix, de surcapacité de production d’électricité en France, n’est évidemment pas favorable au développement des énergies renouvelables, tout comme un prix du carbone trop faible. Divers intervenants ont illustré le fait que les évolutions technologiques en cours permettaient à certaines énergies renouvelables de devenir de plus en plus compétitives. Pour Arnaud Chaperon, de la direction Energies nouvelles de Total, le solaire sera dans quelques années la source d’énergie la plus compétitive, puisque l’extension du parc installé s’accompagne de la baisse des coûts.

 

Sujet devenu quasiment tabou, les filières des biocarburants n’ont pas été évoquées. Elles se sont pourtant développées depuis une vingtaine d’années sur nos territoires, permettant à la France d’être un des principaux producteurs de biodiesel et de bioéthanol en Europe, avec l’Allemagne et les Pays-Bas. Regrettons qu’aucun représentant du monde agricole ne soit intervenu, et que nos secteurs n’aient été évoqués qu’à travers la méthanisation ou la biomasse source de chaleur et électricité. Pourtant, les exploitations agricoles sont au cœur de solutions diverses pour répondre aux enjeux énergétiques et climatiques, comme l’a montré notre agr’iDay du 18 novembre 2015 : « Agriculture et bioéconomie, des solutions pour le climat ».