RIP, la viande issue de l’élevage ?Publié le 25 septembre 2020 par Marie-Laure HUSTACHE

RIP, la viande issue de l’élevage ? C’est en tous cas pour défendre la filière mais aussi ouvrir un dialogue que les start-up « AgTech » de La Ferme Digitale se sont exprimées d’une seule voix dans une tribune intitulée « Ne nous opposons pas, agissons ensemble pour la transition agricole ! », le 17 septembre 2020.

 

 

Plus précisément, le texte réagit au fameux projet de Référendum d’initiative partagée sur la condition animale (ou RIP, notamment porté par les trois emblématiques patrons du numérique Marc Simoncini, Xavier Niel et Jacques-Antoine Granjon).

La quarantaine de start-up membres de La Ferme Digitale appelle ainsi à soutenir l’élevage, ses femmes et ses hommes engagés dans les défis actuels :

« (…) C’est par l’innovation que nous trouverons les solutions. Pour accompagner ces changements, l’AgTech française prend ses responsabilités pour offrir aux éleveurs les moyens de se transformer, de réduire leur empreinte carbone, de diversifier leur activité, en somme d’accompagner la transition sociale, économique et environnementale de la filière. (…)

A vous les trois plus belles réussites de la « tech » made in France, blogueurs ou encore journalistes indépendants, pourquoi stigmatiser l’élevage français et prédire la fin de notre relation millénaire avec les animaux ? Rejoignez-nous plutôt, agissez à nos côtés et osez investir dans l’AgTech afin d’accompagner les transitions des métiers et des filières. Vous découvrirez ainsi les réelles externalités positives produites par votre investissement en matière d’environnement, de condition animale et de bien-être des éleveurs et des agriculteurs.  L’innovation à la française doit se mobiliser pour développer et soutenir une agriculture plurielle, productive, respectueuse de l’environnement et fidèle à nos valeurs.»

La démarche et le propos se veulent diplomates, constructifs, avec une main tendue pour avancer ensemble. Les protéines végétales ou encore la (non)viande cellulaire* ne sont d’ailleurs pas citées par les auteurs, bien décidés toutefois à ne pas assister à « la fin annoncée de l’élevage dans sa globalité».

Pendant ce temps-là, depuis la parution de la tribune de LFD, d’autres acteurs concernés de près ont décidé de ne pas rester muets face au boom des différentes alternatives à nos traditionnels steaks, saucisses, aiguillettes et autres burgers.

Le ton est d’ailleurs monté d’un cran le 23 septembre du côté des organisations agricoles, FNSEA en tête, qui ont attiré l’attention sur la présence de Xavier Niel parmi les investisseurs dans la start-up « Les nouveaux fermiers », qui envahit les rayons des supermarchés avec ses substituts végétaux, destinés aux flexitariens…Le flexitarisme : un marché émergent de mangeurs occasionnels de viande, friands de protéines végétales transformées et qui sera d’ailleurs le sujet de la prochaine Note de think tank d’agridées, à paraître prochainement.

Le débat est loin d’être fini !

*L’association Euro-Toques, qui représente aujourd’hui plus de 3 500 Chefs dans 16 pays européens, ayant pour sa part officiellement décidé de  dire “un grand non à la « viande de laboratoire »” en juillet dernier à travers une pétition