Robots pour micro-fermes connectéesPublié le 28 octobre 2016 par Marie-Laure HUSTACHE

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Sony Computer Science Laboratory Paris a célébré son 20ème anniversaire en organisant à la Gaité Lyrique un festival baptisé “Intensive science / La science autrement“. Au programme, un étonnant talk scientifique “Agroécologie & Technologies” auquel ont participé Maxime de Rostolan (Fermes d’Avenir), Masatoshi Funabashi (Sony Computer Science Laboratory Tokyo) et Peter Hanappe (Sony Computer Science Laboratory Paris.

 

L’objectif de cette session étant de proposer des pistes visant à rendre possible la rencontre entre les fermiers agroécologiques, les scientifiques et les ingénieurs. Ou comment intégrer avec succès des robots au service des exploitants de « micro-fermes bio-intensives ». La démonstration de Masatoshi Funabashi, venu présenter les bases de la « synécoculture » (que l’on pourrait traduire par « culture de la biodiversité hautement provoquée » avec 170 espèces dans 300 m2 au sein de sa petite ferme japonaise devenue un modèle du genre) a ainsi associé naturellement sa discipline et l’usage de la réalité augmentée et des captations de données et d’informations en temps réel grâce aux technologies en « open systems ». Au Burkina Faso, une première  expérience a été menée par Masatoshi Funabashi avec des agriculteurs locaux en mars 2015 sur une ferme pilote de Tapota avec des « résultats extraordinaires » et donnant lieu au « 1er symposium Africain de synécoculture ».

Venu présenter de son côté la permaculture, qu’il expérimente notamment au sein de l’association fermes d’avenir, Maxime de Rostolan a pour sa part rappelé que l’agriculture « hors sol » ne pouvait suffire à nourrir les populations. « Déjà le hors-sol, sous LED utilise beaucoup d’eau et d’énergie et doit encore trouver sa rentabilité. Alors d’accord bien-sûr sur la dimension pédagogique de l’agriculture 100% urbaine, mais cela se passe et se passera dans la terre, dans le plus beau laboratoire au monde qu’est la nature, et dans les zones rurales et périurbaines avec l’accent mis sur le local. »

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Convaincu d’une possible alliance entre maraichers et petits robots (par exemple avec des robots de désherbage intelligents, placés soit dans la binette même, soit au-dessus du sol comme sur la photo de côté), Peter Hanappe a illustré le débat par des démonstrations de recherches actuellement menées par Sony Computer Science Laboratory Paris, dirigées selon les règles suivantes : être au service des exploitations à taille humaine (on compte 475 millions de fermes de moins de 2ha dans le monde), toujours mettre la nature avant la technologie et travailler sur un label collaboratif (« commons »).  A noter que l’élevage, pourtant potentiellement utilisateur de technologies de veille et de micro-robots y compris sur des petites exploitations,  n’a pas été évoqué dans ces présentations.