Groupe de travail

Flexitarisme : une opportunité pour l’agriculture et la chaîne alimentaire ?

Les évolutions des comportements alimentaires  en France, en Europe fragmentent  les anciens modèles construits selon des répartitions classiques telles l’âge, les revenus, la localisation géographique…De plus en plus elles s’appuient sur des réponses personnelles apportées à des questions sociétales. Les consommateurs d’aujourd’hui  se nourrissent de produits différents, dans des cadres et des espaces différents, avec des exigences  quant aux pratiques agricoles et à la chaîne alimentaire. Qu’en sera-t-il demain ? Des ruptures sont-elles prévisibles ?

Dans ce contexte changeant, le flexitarisme semble tenir une place à part. Recouvre-t-il la seule volonté d’exclusion d’aliments issus des productions animales par une partie minoritaire des consommateurs (végétarisme, végétalisme, veganisme) ou se caractérise-t-il plus généralement par la tendance de réduction/substitution de la consommation de ces mêmes produits ? En outre d’autres tendances, d’abstention ou de rejet de certains composants (sans gluten, sans lactose, sans résidus …), peuvent s’y agréger ou au contraire suivre leur propre voie. Un essai de définition du flexitarisme s’imposerait.

Ces changements comportementaux  apportent une réponse à des questions qui relèvent autant de la nutrition, du goût, du plaisir de manger, de la santé, de l’écologie que globalement de la quête de sens sociétal. Pour les mêmes raisons  les consommateurs plébiscitent les produits issus d’une agriculture de proximité (locavorisme), de saison ainsi que de l’agriculture biologique… tout en s’intéressant aux innovations, facilitant ainsi l’émergence d’un nouveau standard de choix alimentaire. Le tout  n’étant pas exempt de contradiction, y compris sur le plan économique.

Les choix alimentaires contemporains sont imprégnés par les astreintes du mode de vie (distance domicile/travail, temps de transport), les contraintes de budget des ménages (logement, mobilité, loisirs) et l’évolution des structures des foyers (familles monoparentales, personnes âgées).  Sont alors recherchées la réduction du temps de préparation et de prise des repas, la simplification des menus, les livraisons à domicile, la restauration hors foyer…

Ainsi, selon les circonstances, les lieux, les moments, les consommateurs peuvent vouloir se tourner exclusivement vers certains produits alimentaires (végétarien…),  rechercher des aliments « sans » ou «  avec », bio ou non, cultivés et transformés à proximité de chez lui… Ce comportement à la fois lié à l’apprentissage alimentaire mais aussi évolutif,  et parfois volatil par effet de réseaux, représente une nouvelle donne pour la demande quantitative et qualitative des produits alimentaires. Elle conduit à  de nouveaux défis pour le déploiement de l’offre agroalimentaire tout en constituant un enjeu majeur d’adaptation pour l’agriculture. L’offre agricole française est-elle apte à répondre à des modifications accélérées des comportements alimentaires ? Dans un contexte mondialisé.

Cette question « Le flexitarisme : une opportunité pour l’agriculture et la chaîne alimentaire ? » mérite d’être posée, car après avoir procédé à un état des lieux et s’être interrogée sur les conditions de réalisation, l’agriculture peut  aussi s’appuyer sur sa modernité et sa capacité d’évolution afin de dégager des solutions créatrices de valeur, avec  une chaîne alimentaire innovante.

 

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