Santé, climat, réduction de la chimie : des opportunités pour les filières semences !Publié le 9 juillet 2020 par Marie-Cécile DAMAVE

L’Union Française des Semenciers (UFS) est optimiste : si ce secteur a été, comme tous les autres, bousculé par la crise de la Covid-19, il a tenu bon avant tout parce qu’il est « structuré, contractualisé et présent dans les territoires » a indiqué Claude Tabel, président de l’UFS. Ce maillon-clé des chaînes de valeur (alimentaire, florales, gazon) est resté solide, malgré les soubresauts de la demande.

Outre leur solidité, les filières semencières mettent également en avant leur rôle essentiel pour satisfaire les besoins alimentaires des consommateurs, leur sensibilité à une alimentation plus saine et l’indépendance alimentaire européenne, à condition d’avoir accès à l’innovation.

La qualité sanitaire des semences est une garantie apportée par les entreprises semencières et contribue largement à la santé des plantes cultivées, à laquelle sont liées celle des animaux et des humains qui s’en nourrissent. C’est le concept « One Health » (Santé unique) qui prend évidemment de l’ampleur de nos jours et fait l’objet de nombreux travaux[1].

 

D’autre part, l’UFS voit dans la Stratégie de la Commission européenne « De la Ferme à la Table » une opportunité pour développer le levier de l’amélioration des plantes pour une meilleure adaptation au changement climatique et « accélérer le processus de réduction de la dépendance aux pesticides ».  Rappelons que cette stratégie européenne a pour objectif de « réduire l’utilisation et le risque globaux des pesticides chimiques de 50 % et l’utilisation des pesticides plus dangereux de 50 % d’ici à 2030 ».

La Stratégie « De la Ferme à la Table » explore une large panoplie d’outils complémentaires et/ou alternatifs à ces produits. Si l’objectif de 25 % des terres agricoles en agriculture biologique a souvent été relevé dans les commentaires qui ont suivi l’annonce de cette stratégie européenne, celle-ci favorise également le développement de « nouvelles techniques innovantes, dont la biotechnologie et le développement de produits biosourcés » pour « accroître la durabilité, à condition qu’elles soient sûres pour les consommateurs et l’environnement et procurent des avantages à la société dans son ensemble ».

Une ouverture qui serait la bienvenue pour ne pas priver les agriculteurs de l’intégralité des outils leur permettant de renforcer leur performances économique, environnementale et sociétale.

[1] Voir notamment le congrès virtuel One Health organisé par l’INRAE et Bleu Blanc Cœur en juin/juillet 2020