Sciences et Avenir : impacts du changement climatique et leviers technologiques d’adaptationPublié le 4 août 2015 par Marie-Cécile DAMAVE

Sciences et Avenir-juillet 2015Le numéro de juillet 2015 du magazine de vulgarisation scientifique Sciences et Avenir consacre un dossier de 18 pages aux impacts du changement climatique dans l’Hexagone, prévus pour 2050. Il met en avant quelques chiffres clé : hausse des températures de 0,6°C à 1,3°C en moyenne nationale, baisse du niveau de l’eau des rivières de 20 à 40%, élévation du niveau de la mer de 17 à 31 cm, éclosion des premiers bourgeons 10 jours plus tôt, et 5 jours supplémentaires de vague de chaleur par an.

Ce numéro fait la part belle aux impacts du changement climatique sur la production viticole. Selon le magazine « les notions de terroir et d’appellation d’origine, telles qu’elles existent actuellement, pourraient perdre leur pertinence », considérant qu’avec une augmentation de 1 à 2°C, les viticulteurs sauront s’adapter dans toutes les régions grâce à de nouveaux cépages et de nouvelles méthodes de vinification, mais qu’en revanche « une augmentation de 4 à 5°C fera éclater la carte française viticole ». Ainsi, la Bretagne deviendrait une zone plus favorable à la production de vin de Bordeaux et l’Alsace à la production de vin de Champagne….

Enfin, Sciences et Avenir propose un article de quatre pages en partenariat avec Arvalis-Institut du Végétal intitulé « agriculture et climat : comment prévoir l’imprévisible ? – vers une agriculture plus intelligente ». Il se concentre sur les différents leviers de hautes technologies dont nous disposons pour adapter la culture des céréales aux dérèglements climatiques à venir. En premier lieu, la génétique : en blé, le progrès génétique a permis de limiter l’impact négatif du changement climatique depuis 1990, et on s’oriente à présent vers des plantes capables de tolérer des grands écarts de température, de résister à la sécheresse, et de survivre aux attaques de divers pathogènes, en particulier des champignons. En maïs, les critères de sélection sont les suivants : précocité de semis, résistance aux basses températures, tolérance à la sécheresse (voir les documents liés à l’agr’iDay Semences : une pépite française du 24 juin 2015).

Le second levier identifié dans cet article est « l’agriculture 3.0 », agriculture de précision qui utilise le numérique, les outils d’aide à la décision, les plateformes logicielles, la télédétection, le GPS. Dernier levier : la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cela est possible en captant l’azote et en stockant le carbone : limitation des apports d’engrais azotés de synthèse, utilisation des sources d’azote organique, introduction des légumineuses dans la rotation des cultures, comme plantes compagnes stockant le carbone dans le sol, augmentation des rendements.