Se regrouper pour proposer une offre de services mieux adaptée aux marchésPublié le 23 mars 2018 par Marie-Cécile DAMAVE

Le 21 mars 2018, notre think tank a organisé un agridébat sur le thème de la consolidation des acteurs de l’amont agricole.  Cet événement s’est tenu à l’occasion de la publication de la nouvelle étude du cabinet Asterès sur ce sujet, à laquelle nous avons contribué en tant qu’experts, et qui a bénéficié du soutien financier de Bayer

Cette étude et cette matinée d‘échanges ont souligné l’encadrement et les causes des concentrations des acteurs économiques de l’amont agricole, et en particulier la quête d’innovation pour rester compétitifs dans un monde globalisé.

La logique du droit de la concurrence a été clarifiée : il répond des critères économiques et n’est pas un contrôle des investissements étrangers. Il utilise trois outils : l’interdiction d’ententes anti-concurrentielles et des abus de position dominante, et le contrôle des concentrations.

Qu’ils soient fournisseurs de services assurantiels, de produits fertilisants, de semences ou de produits de santé des plantes, les opérateurs économiques se regroupent en vue d’une meilleure efficience économique dans un marché globalisé et en expansion, pour pouvoir mieux se conformer à une réglementation de plus en plus exigeante et coûteuse, et pour innover afin de mieux répondre aux demandes des marchés.

 

L’innovation est technologique et organisationnelle. De nos jours, la collaboration des acteurs est essentielle pour s’adapter aux demandes qui évoluent rapidement, par exemple dans des écosystèmes d’incubateurs et accélérateurs de startups comme Euratechnologie, où celles-ci sont connectées avec des grands groupes. Dans le secteur des assurances, les acteurs se regroupent pour proposer de nouveaux services, de nouvelles prestations aux clients, par exemple pour éviter que ne surviennent les sinistres.  Chez les agriculteurs aussi, le regroupement est de mise, surtout dans une perspective d’économie d’échelles.

Le regroupement des acteurs répond à une forte demande en matière d’innovation technologique. Les entreprises semencières, de produits de santé des plantes et de fertilisation s’orientent vers une offre de services, aux dépends d’une traditionnelle offre de produits. Les entreprises semencières et de santé des plantes n’investissent pas moins de 12 à 13% de leur chiffre d’affaires en recherche-développement., et se regroupent pour compléter leurs compétences et leur offre de produits et services, vers une « agriculture combinatoire » avec la génétique, les produits de santé des plantes (issus de la chimie de synthèse, naturels, de biocontrôle), et le numérique. Dans le monde des engrais, l’innovation est moins prégnante (1% du chiffre d’affaires est consacré à la R&D) mais les nouveaux produits ne sont plus de simples matières premières comme c’était le cas par le passé.

 

Indépendance et souveraineté économique ont également été des maîtres-mots lors des débats du 21 mars. Pour Bayer, il s’agit de créer un grand groupe européen en achetant Monsanto, contribuant ainsi au rayonnement économique et technologique européen face au groupe américain issu du rapprochement entre Dupont et Dow, et au groupe chinois résultant du rachat de Syngenta par Chem China. Plus généralement, il s’agit de mettre en place des systèmes favorisant le transfert d’innovation en France et en Europe, où les financements restent plus difficiles à mobiliser qu’aux Etats-Unis ou en Chine. A ce titre, les incubateurs et accélérateurs de startups tels qu’Euratechnologie et les Villages by CA mis en place par le Crédit Agricole jouent un rôle déterminant.

 

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Programme de l’agridébat

 

Rapport Asterès : L’amont agricole : une consolidation des acteurs pour répondre aux défis du XXIe siècle à télécharger en ligne

 

Points clés de l’agridébat

 

 

Crédit photos MLH