Sommes-nous tous des pays en voie de développement durable ?Publié le 30 juin 2015 par Marie-Cécile DAMAVE

Green world conceptLe 18 juin, le centre d’informations sur l’Union européenne « Toute l’Europe » a organisé un petit déjeuner en partenariat avec la Direction Légale et Administrative (DILA*) et son centre d’information Europe Direct, posant la question de la compatibilité budgétaire entre aide au développement et action d’adaptation/atténuation du changement climatique. Les trois intervenants lors de cette conférence étaient les suivants : Olivier Brochenin (ministère des affaires étrangères), Vanessa Laubin (Coordination SUD), et Alexandre Polack (Commission européenne).

 

Ce sont surtout les pays les moins avancés qui redoutent que les financements internationaux liés au climat (adaptation et atténuation du changement climatique) soient dirigés essentiellement vers les pays émergents. Pourtant, les trois intervenants à cette conférence se sont voulus rassurants sur la compatibilité des objectifs climat et développement, qu’ils ont qualifiés de « deux faces d’une même pièce ». La dimension « climat » est par exemple omniprésente dans le texte en cours de négociation de la prochaine réunion onusienne qui se tiendra à Addis-Abeba en Ethiopie du 13 au 16 juillet sur le financement du développement. Le représentant du ministère des affaires étrangères a eu le sens de la formule en affirmant que « nous, pays développés, devrons tous accepter d’être des pays en voie de développement durable », lors des trois prochains grands rendez-vous de l’année : cette réunion de juillet à Addis-Abeba, celle de New York en septembre où les pays membres des Nations Unies s’accorderont sur les Objectifs de Développement Durable (ODD), et enfin lors de la COP21 à Paris en novembre-décembre prochains.

 

Etrangement, l’agriculture, pourtant au cœur de ces enjeux, n’a guère été mise en avant lors de cette conférence du 18 juin, les intervenants ayant davantage insisté sur le secteur de l’énergie. Interrogé sur la problématique agricole, le représentant du ministère des affaires étrangères a pourtant situé l’agriculture tout en haut de l’agenda : les investissements en agriculture durable devraient être mis en avant à la réunion d’Addis-Abeba, et le deuxième ODD qui devrait être adopté à New York sera consacré à l’agriculture durable. Quant à la représentante de l’ONG Coordination Sud, elle s’est montrée très réservée sur l’Alliance Mondiale sur l’Agriculture Climato-Intelligente, en raison de l’implication de géants de l’agrobusiness dans ce projet, au lieu de partenaires du privé au niveau local.

 

Annonce et programme de cet événement : http://www.touteleurope.eu/evenements/2011-2014-les-petits-dejeuners-debats-dila.html?no_cache=1

*DILA : direction d’administration centrale des services du Premier ministre, placée sous l’autorité du Secrétariat général du Gouvernement.