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Un plan de développement pour l’agroforesterie

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Dans le cadre du projet agro-écologique pour la France, Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la forêt a dévoilé Jeudi 17 décembre 2015, l’occasion de la 2ème journée nationale de l’agroforesterie, le plan national de développement de l’agroforesterie.

D’une durée de cinq ans (2015-2020), ce plan est voulu par le ministre comme un des leviers majeurs de la transition agro-écologique des territoires. Aucune mesure financière spécifique n’a été annoncée, même si il a été évoqué de futurs leviers financiers (mesures PAC 2015-2020, compensation environnementale,…). Le développement de l’agroforesterie devrait donc reposer sur la mise en place d’un observatoire de l’agroforesterie, le renforcement de la recherche, le pilotage d’un réseau de fermes agroforestières-pilotes, des modules de formation spécifiques, la structuration de la filière (association nationale unique, réseau de conseillers agroforestiers,…), ou encore des outils de distinction commerciale des produits agroforestiers (mention « bois agroforestier géré durablement », label « végétal local », synergies avec les produits sous signe de qualité).

« Les projets innovants de l’agroforesterie, et plus généralement de l’agro-écologie, sont des leviers essentiels pour la dynamisation des territoires ruraux. Ils contribuent, aux côtés des énergies renouvelables, à l’émergence de nouvelles ruralités associant les acteurs des filières et les collectivités locales » a estimé Stéphane Le Foll. Une conférence sera dédiée à cet enjeu majeur pour le monde rural avant le Salon de l’agriculture, a-t-il indiqué en clôturant cette journée.

Investir en Forêt : une priorité !

Jeudi 5 novembre s’est tenu au Palais d’Iéna un colloque intitulé : « Filière bois et changement climatique : investir pour l’avenir ».

L’hémicycle du Conseil économique, social et environnemental (CESE) était plein pour cette manifestation d’envergure organisée par l’Association des sociétés et groupements fonciers et forestiers (ASSFOR) en partenariat avec le CODIFAB et les deux interprofessions France Bois Forêt (FBF) pour l’amont et France Bois Industries Entreprises (FBIE) pour l’aval.

Se tenant à quelques jours de l’ouverture de la 21ème Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, cet évènement, labellisé COP 21, tombait à point nommé.

Il a permis de rappeler que dans la lutte contre le dérèglement climatique et l’engagement de nos sociétés vers une économie bas carbone, la filière forêt-bois française, qui compense 20 % des émissions nationales de CO2, a un rôle de tout premier plan à jouer. C’est ce qu’a souligné en introduction Jean-Paul Delevoye, Président du CESE, tout en mettant les acteurs privés et publics face à leur responsabilité dans la recherche d’une meilleure mise en valeur d’une forêt française sous-exploitée.

Mais pour jouer pleinement son rôle, la filière forêt-bois française doit se développer et a un besoin crucial d’investissements tant dans la ressource en bois que dans son exploitation.

Sylvie Alexandre, délégué interministérielle à la forêt et au bois auprès des Ministres de l’Ecologie et du logement a insisté pour « renouer avec l’investissement en remettant en gestion des forêts qui ne le sont pas ».

Les prises de participation en capital, tel que les fonds d’investissement de la Banque publique d’investissement, les financements participatifs qu’illustre parfaitement Forinvest Business Angels, et demain de nouveaux fonds adossés au carbone ou à l’économie solidaire, sont autant de démarches à valoriser et à promouvoir.

Un nouvel outil, le Groupement forestier d’investissement (GFI), créé par la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt du 13 octobre 2014, pouvant faire appel public à l’épargne, est en outre de nature à accroitre l’arrivée de capitaux dans le secteur forestier.

Les travaux de ce colloque ont montré que l’investissement pour l’avenir de la filière n’est pas que pécuniaire. Il faut également investir le champ des rapports qu’entretient la société avec sa forêt. L’acceptabilité sociale de la coupe de bois ne doit plus être demain un obstacle. Pour ce faire il faudra que la filière communique davantage sur ses pratiques vertueuses dans le cadre d’un dialogue nourri et apaisé avec le public.

 

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A l’heure où la forêt est « sous les projecteurs », saf agr’iDées et l’Association française de droit rural (AFDR) ont également souhaité en faire le sujet des Rencontres de droit rural, « Forêt française : le réveil de la belle endormie ? », qui se tiendra à Paris le 26 novembre prochain.

Il y sera notamment question des outils juridiques et fiscaux de nature à regrouper tant le parcellaire (droit de préférence, droit de préemption, procédure de biens sans maître) que des acteurs de la forêt (GIEEF, GFI…, bourse foncière forestière) pour une meilleure exploitation de la ressource.

 

Cet évènement est gratuit. Professionnels de la forêt et du bois, curieux de ce secteur encore trop méconnu : nous vous attendons nombreux !